dimanche 6 avril 2014
La désindustrialisation en marche...
Lundi 7 et mardi 8 avril auront lieu les journées sidérurgiques internationales (JSI) à Paris, la 31ème édition d'un évènement annuel lancé dans les années 1980 au moment où la sidérurgie sortait de ses années noires, après la chute fracassante qui a suivi les trente glorieuses.
Evénement majeur dans ce métier, qui va attirer plusieurs centaines de participants du monde entier, peut-être un millier, comme cela avait toujours été le cas, avant que la crise n'interrompe la séquence en 2008.
Ce qui est très particulier, cependant, c'est que ces journées seront les dernières.
Quelque chose reprendra la place de ces journées, dès 2015, mais sous une autre forme, un autre nom, et surtout en un autre lieu. La nouvelle identité a déjà son nom, ESAD, acronyme en anglais qui désigne de fait une manifestation organisée l'an prochain en Allemagne et qui devrait tourner à travers l'Europe.
Fin de séquence.
Après l'effondrement d'un partie de la sidérurgie française, qui n'en finit pas de se poursuivre, comme un film au ralenti : Florange, ASCOMETAL, après tant d'autres sites et, peut-être, avant d'autres, dont on n'ose pas encore parler.
Les JSI étaient une partie de l'écologie de la sidérurgie, une façon douce d'en projeter une image positive au niveau européen et international et de donner aux participants les moyens de travailler collectivement et sérieusement, pour que la sidérurgie continue à jouer son rôle essentiel dans l'économie moderne, son rôle de technologie-clé (KET), comme on dit à la Commission européenne.
L'Europe, mais encore plus la France, ont laissé glisser la part de l'industrie dans le PIB ou dans la value ajoutée globale (moins de 10% dès 2011 !) jusqu'à des niveaux qui ne permettent guère d'assurer l'avenir avec confiance. Cet arrêt définitif des journées sidérurgiques internationales constitue une étape de plus dans ce processus de renoncement, de suicide national collectif, d'euthanasie lente.
On ne peut pas oublier, non plus, que la décision d'arrêter les journées JSI a été prise par la FFA sous la pression d'ArcelorMittal. L'arrêt définitif de cette année n'est pas non plus étranger au numéro un de l'acier en Europe et dans le Monde. AM, en principe très présent en France où il est n°1, mais aussi en Allemagne où il est numéro 2, choisit donc ainsi "objectivement" de continuer à abandonner la France et de laisser faire l'Allemagne.
Pourrait-on imaginer que le gouvernement français accepte de rentrer dans les détails où se cache le diable, et s'oppose à cet abandon supplémentaire ?
Il y a là un mécanisme de plus dans le processus de désindustrialisation du pays. Comme il va falloir assez vite changer de cap, pourquoi ne pas le faire tout de suite ?
http://www.insee.fr/fr/indicateurs/analys_conj/archives/122012_d1.pdf
dimanche 17 novembre 2013
On en a ras le bol de ces émissions, talk shows, articles, premières pages, couvertures, qui se répètent ad nauseam et qui discutent pour savoir si Hollande est nul, complètement nul or archi nul ! Et des sondages où "les français " répondent à des questions dont on ne nous dit pas grand chose mais qui brassent, semble-t-il, la même problématique. 15% d'opinions favorables au président !??? Pourquoi ne pas demander si Obama est nul, ou le président des Philippines, ou le ministre de l'environnement de la Pologne, qui reçoit en ce moment le COP 17 ? Évidemment on ne le fera pas, car tout cela nous éloignerait trop de notre nombril et des odeurs enivrantes qui s'en dégagent, beurk ! Vision tunnel, dégénérescence maculaire, narcissisme, nombrilisme, ethno-centrisme franchouillard, tout ce qui n'est pas moi ni français m'est étranger ! D'ailleurs, si on écoute ce que disent les français, on croirait entendre Bartleby : "I'd prefer not to!" Ne pas payer de taxe carbone, ne pas me lever le mercredi matin pour aller à l'école, ne pas partager Ma classe pour y laisser se dérouler des activités d'éveil, car ma classe est à moi l'instit, pas aux enfants ou à la commune, ne pas accepter la hausse de TVA (de 7,5 à 10%), mais porter des bonnets rouges, incendier des radars, mettre des notes à mon président, empêcher mes voisins homo de se marier, etc. Un ensemble à somme nulle - vraiment archi-nulle ! Ne rien décider et ne pas comprendre grand chose, mais vouloir son jouet tout de suite, ce n'est pas un soucis national majeur, non, non ! Les bons médecins sont là et accumulent des explications de cette explosion d'opinions contradictoires et incohérentes. Explications sociologiques, psychologiques, psychanalytiques : "on ne nous pas assez bien expliqué", "le récit du président n'est pas assez clair".
Il n'est en effet dit nulle part que l'on doive être intelligent ou capable de penser par soi-même. Le changement climatique s'accélère, même si le réchauffement a légèrement marqué le pas, mais on me voit pas trop, là non plus. La presse a tellement pris soin de donner la parole à ceux qui sont pour et à ceux qui sont contre, fifty-fifty, c'est ça l'équilibre des sources (je donne la parole à Galilée et au tribunal de l'Eglise; Ponce Pilate redéfini comme modèle du fonctionnement de la presse !!!).
Nous n'entendons hélas pas encore le bruit de nos petits enfants qui nous maudissent depuis le fin fond de l'avenir. Et puis, tout cela est anxiogène ! Donc contreproductif ! Donc, on n'en parle pas, le moins souvent en tout cas, ça n'accroche pas assez ! Amis journalistes, quatrième pouvoir beaucoup auto-proclamé, s'il vous plait arrêtez de me parler de moi, de ce que vous pensez que je veux entendre. Ne faites pas comme Tadei, qui rassemble des plateaux d'intellos mais à qui il pose les mêmes questions de gouttière que Yves Calvi à ses experts-toujours-les-mêmes abonnés à "C dans l'air".
Parlez-moi de ce qui m'attend vraiment, de ce qui attend mes enfants, mes petits enfants. Écoutez simplement ce qui est dit sur ces sujets, le bruit est assourdissant, demandez moi, même à moi, de quoi il faudrait plutôt parler ! L'important ce n'est pas l'instant, le "j'aime" de Facebook, mais le "j'aimerais bien avoir un avenir" et y jouer une petite musique, modeste. Jean-Pierre
Sortie de crise ?
1. la R&D européenne a été un élément important du dynamisme
historique de la sidé européenne, à la fois pour le travail qui a été
fait et pour le réseautage que cela a créé chez les "experts" européens.
2. la sidé européenne a eu pas mal de difficultés par le passé pour surmonter les crises, qu'elle a toujours commencé consciencieusement par nier. La crise de 1974, celle qui se surnommait la crise pétrolière, a accumulé une foule de problèmes : la fin des 30 glorieuses et donc de la phase de reconstruction de l'économie, très intensive en acier; le début de la globalisation des marchés de matière première et la fermeture à terme des mines europénnes, qui assuraient l'essentiel de la ressource en matière première avant; et l'aveuglement du patronat de l'époque par rapport à une situation qu'il jugeait provisoire et conjoncturelle et qui s'était rempli les poches sans préparer aucun avenir. La CECA n'est pas rentrée très vite dans le mode soins intensifs et la crise de cette époque a duré presque 20 ans (!!!, les émeutes de longwy !!) jusqu'à ce que l'état nationalise en France, puis louvoie et enfin passe la valeur des sociétés par zéro en créant et en mariant Usinor et Sacilor sous la houlette clairvoyante de Mer.
3. pendant tout ce temps, où l'économie européenne consommait de l'acier mais en niant son importance, car les coûts de modernisation (coulée continue, métallurgie en poche, aciérie de conversion, hauts fourneaux fiables, trains à bande modernes, lignes à froid modernes et continues, etc.) avaient été nationalisés, on a continué à produire de l'acier en Europe, à faire de la bonne R&D, à ensemencer le monde avec nos technologies au travers d'un réseau de constructeurs universels dont il ne reste aujourd'hui (que) des allemands et des italiens. La commission a un peu tenu la chandelle, tout en tenant des discours sur la post-modernité, les sociétés "soft" sans usines, sans pollution, etc. et avec des services... qui oublient ce qu'ils servent !!!
4. l'EU a l'air aujourd'hui de comprendre 1) que le monde est plus complexe qu'ils ne l'avaient cru, 2) que l'acier est probablement aussi important que le graphème, 3) donc que la prospérité des européens (qui devient peut-être enfin un objectif, pas seulement la croissance) dépend des technologies de base (KETs) au coeur desquelles se trouvent des matériaux robustes, ancrés à la fois dans l'histoire et dans la modernité comme l'acier, et 4) qu'il faut réindustrialiser l'Europe.
5. pour la sidérurgie, ça me parait mal barré. On a bradé les usines à des groupes étrangers (des indiens, des russes, des fonds d'investissement américains) , dont la stratégie est faite ailleurs, sur un théâtre d'opération mondial ou régional, mais pas en Europe ! Ces groupes font de l'optimisation globale, genre fermer Florange après avoir empoché du chômage technique qui a permis de ne rien décider aux frais du contribuable français. On se balade toujours avec des surcapacités, que seul AM a les moyens de résorber car il a beaucoup d'usines, les autres risquant d'y laisser leur peau [cf. TKS, qui a manqué crever cet été et Riva, qui est sur le bord du gouffre, ou Salzgitter qui est aussi très gravement malade] et donc résistant becs et ongles. La notion de surcapacité n'est pas bien analysée, non plus que le niveau de production auquel on remontera après la fin hypothétique de la crise. Pourtant, c'est fondamental d'essayer et on ne manque pas d'études, qui s'y essaient et dont certaines mais pas toutes sont carrément à l'ouest...
6. question essentielle : est-ce qu'on continue à fermer de fourneaux en faveur de fours électriques ? En clair, est qu'on vise à utiliser à 100% notre ferraile, produite à rythme régulier voire accéléré (les lanceurs d'alerte crient au loup en ce moment, on laisse partir à l'exportation toutes nos ferrailles !), ou pas ? A mon avis, on n'a pas trop le choix et, comme on n'est pas prêt à passer au four électrique pour toute la production à haute valeur ajoutée, il faut continuer de la bonne R&D. Cf. la place que la CC de bande devrait prendre pour gérer le cuivre résiduel et la difficulté d'utiliser la CC de brames minces pour les AHSS (longeur des temps de mise au point et de validation des voies métallurgiques).
7. NdLR: les fours électriques construits dans les années 90 n'ont guère sauvé durablement la sidé, surtout en France !! Cf. la débâcle qu'on a appelée Gandrange ! Que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets dans les années qui viennent !
8. la sidérurgie n'a un avenir que si la chaîne de valeur qui utilise l'acier comprend l'intérêt de disposer d'acier localement, le dit et agit par rapport à ce constat. Or, aujourd'hui, on dit n'importe quoi sur l'allègement des voitures par exemple, et je ne vois pas Renault ou PSA, encore moins BMW ou Daimler Benz, prêts à le faire ou simplement à le dire. Ces gens ont trop de problèmes existentiels liés à leur survie, à leur pérennité, pour voir plus loin dans la chaîne de valeur que des relations impitoyables de clients fournisseurs.
9. il faudrait que les états imitent les méthodes allemandes pour verrouiller le capital d'une boite ou que l'Europe s'en charge - aucune chance sur ce coup-là hic et nunc. De toute façon, il est trop tard, sauf si les grands groupes s'en vont, découragés, comme AM semble tenté de le faire. Il faudrait accélérer la faillite de TK Steel Europe, reconstruire une sidérurgie italienne sans corruption (!!!), etc... Peut-être donner les clés du royaume à des gens comme voestalpine ou Dilling, à supposer qu'ils en aient envie et que leurs réflexes de petites boites hyper-efficaces puissent encore fonctionner à grande échelle.
10. la vraie sortie de la crise, ce n'est pas de sortir la trousse de secours et de coller des pansements partout, mais de repartir vers l’avant en prenant en compte le changement de paradigme, peut-être de Kondratief en cours. Après en avoir fait un bon diagnostic. Cela veut dire que la sidé doit continuer à développer ULCOS en prévision du changement climatique déjà bien engagé et conserver le leadership qu'on a eu ou failli avoir dans ce domaine. Et développer la myriade de solutions-aciers liée à la transition énergétique, bien engagée aussi, mais sans clarté dans les directions où elle va... puisque chaque pays va dans sa propre direction à 90° des autres !
Résumé : ré-industrialisation, plus de centralisme de l'économie à laisser entre les mains des européens, recentrer l'économie sur le bien-être des gens, l'emploi, la lutte contre la pauvreté, et pousser les avantages innovants qu'on a ou qu'on va découvrir avec de la R&D bien vue. Donc, aussi, plus d'Europe et moins d'égoïsme et de crispations nationales.
(préparé pour de vraies réunions, importantes sait-on jamais !!)
2. la sidé européenne a eu pas mal de difficultés par le passé pour surmonter les crises, qu'elle a toujours commencé consciencieusement par nier. La crise de 1974, celle qui se surnommait la crise pétrolière, a accumulé une foule de problèmes : la fin des 30 glorieuses et donc de la phase de reconstruction de l'économie, très intensive en acier; le début de la globalisation des marchés de matière première et la fermeture à terme des mines europénnes, qui assuraient l'essentiel de la ressource en matière première avant; et l'aveuglement du patronat de l'époque par rapport à une situation qu'il jugeait provisoire et conjoncturelle et qui s'était rempli les poches sans préparer aucun avenir. La CECA n'est pas rentrée très vite dans le mode soins intensifs et la crise de cette époque a duré presque 20 ans (!!!, les émeutes de longwy !!) jusqu'à ce que l'état nationalise en France, puis louvoie et enfin passe la valeur des sociétés par zéro en créant et en mariant Usinor et Sacilor sous la houlette clairvoyante de Mer.
3. pendant tout ce temps, où l'économie européenne consommait de l'acier mais en niant son importance, car les coûts de modernisation (coulée continue, métallurgie en poche, aciérie de conversion, hauts fourneaux fiables, trains à bande modernes, lignes à froid modernes et continues, etc.) avaient été nationalisés, on a continué à produire de l'acier en Europe, à faire de la bonne R&D, à ensemencer le monde avec nos technologies au travers d'un réseau de constructeurs universels dont il ne reste aujourd'hui (que) des allemands et des italiens. La commission a un peu tenu la chandelle, tout en tenant des discours sur la post-modernité, les sociétés "soft" sans usines, sans pollution, etc. et avec des services... qui oublient ce qu'ils servent !!!
4. l'EU a l'air aujourd'hui de comprendre 1) que le monde est plus complexe qu'ils ne l'avaient cru, 2) que l'acier est probablement aussi important que le graphème, 3) donc que la prospérité des européens (qui devient peut-être enfin un objectif, pas seulement la croissance) dépend des technologies de base (KETs) au coeur desquelles se trouvent des matériaux robustes, ancrés à la fois dans l'histoire et dans la modernité comme l'acier, et 4) qu'il faut réindustrialiser l'Europe.
5. pour la sidérurgie, ça me parait mal barré. On a bradé les usines à des groupes étrangers (des indiens, des russes, des fonds d'investissement américains) , dont la stratégie est faite ailleurs, sur un théâtre d'opération mondial ou régional, mais pas en Europe ! Ces groupes font de l'optimisation globale, genre fermer Florange après avoir empoché du chômage technique qui a permis de ne rien décider aux frais du contribuable français. On se balade toujours avec des surcapacités, que seul AM a les moyens de résorber car il a beaucoup d'usines, les autres risquant d'y laisser leur peau [cf. TKS, qui a manqué crever cet été et Riva, qui est sur le bord du gouffre, ou Salzgitter qui est aussi très gravement malade] et donc résistant becs et ongles. La notion de surcapacité n'est pas bien analysée, non plus que le niveau de production auquel on remontera après la fin hypothétique de la crise. Pourtant, c'est fondamental d'essayer et on ne manque pas d'études, qui s'y essaient et dont certaines mais pas toutes sont carrément à l'ouest...
6. question essentielle : est-ce qu'on continue à fermer de fourneaux en faveur de fours électriques ? En clair, est qu'on vise à utiliser à 100% notre ferraile, produite à rythme régulier voire accéléré (les lanceurs d'alerte crient au loup en ce moment, on laisse partir à l'exportation toutes nos ferrailles !), ou pas ? A mon avis, on n'a pas trop le choix et, comme on n'est pas prêt à passer au four électrique pour toute la production à haute valeur ajoutée, il faut continuer de la bonne R&D. Cf. la place que la CC de bande devrait prendre pour gérer le cuivre résiduel et la difficulté d'utiliser la CC de brames minces pour les AHSS (longeur des temps de mise au point et de validation des voies métallurgiques).
7. NdLR: les fours électriques construits dans les années 90 n'ont guère sauvé durablement la sidé, surtout en France !! Cf. la débâcle qu'on a appelée Gandrange ! Que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets dans les années qui viennent !
8. la sidérurgie n'a un avenir que si la chaîne de valeur qui utilise l'acier comprend l'intérêt de disposer d'acier localement, le dit et agit par rapport à ce constat. Or, aujourd'hui, on dit n'importe quoi sur l'allègement des voitures par exemple, et je ne vois pas Renault ou PSA, encore moins BMW ou Daimler Benz, prêts à le faire ou simplement à le dire. Ces gens ont trop de problèmes existentiels liés à leur survie, à leur pérennité, pour voir plus loin dans la chaîne de valeur que des relations impitoyables de clients fournisseurs.
9. il faudrait que les états imitent les méthodes allemandes pour verrouiller le capital d'une boite ou que l'Europe s'en charge - aucune chance sur ce coup-là hic et nunc. De toute façon, il est trop tard, sauf si les grands groupes s'en vont, découragés, comme AM semble tenté de le faire. Il faudrait accélérer la faillite de TK Steel Europe, reconstruire une sidérurgie italienne sans corruption (!!!), etc... Peut-être donner les clés du royaume à des gens comme voestalpine ou Dilling, à supposer qu'ils en aient envie et que leurs réflexes de petites boites hyper-efficaces puissent encore fonctionner à grande échelle.
10. la vraie sortie de la crise, ce n'est pas de sortir la trousse de secours et de coller des pansements partout, mais de repartir vers l’avant en prenant en compte le changement de paradigme, peut-être de Kondratief en cours. Après en avoir fait un bon diagnostic. Cela veut dire que la sidé doit continuer à développer ULCOS en prévision du changement climatique déjà bien engagé et conserver le leadership qu'on a eu ou failli avoir dans ce domaine. Et développer la myriade de solutions-aciers liée à la transition énergétique, bien engagée aussi, mais sans clarté dans les directions où elle va... puisque chaque pays va dans sa propre direction à 90° des autres !
Résumé : ré-industrialisation, plus de centralisme de l'économie à laisser entre les mains des européens, recentrer l'économie sur le bien-être des gens, l'emploi, la lutte contre la pauvreté, et pousser les avantages innovants qu'on a ou qu'on va découvrir avec de la R&D bien vue. Donc, aussi, plus d'Europe et moins d'égoïsme et de crispations nationales.
(préparé pour de vraies réunions, importantes sait-on jamais !!)
lundi 28 octobre 2013
Xi'an, Sian, 西安
J'ai voulu démarrer ce blog on line quand j'étais encore à Xi'an, mais l'accès à Blogger est bloqué, en écriture comme en
lecture. Ce que dit la presse occidentale sur l'interdiction de certains accès
internet en Chine, dans le genre libre expression, se constate donc assez
simplement !
Je voulais parler de cette semaine passée en Chine, sans
intention de rien en dire de négatif ou de faux, a priori. Mais les censeurs
chinois ne sont pas dans ma tête.
Le lieu est Xi'an, 西安, la paix
ou le calme occidental si l'on traduit le sens des caractères, une capitale
provinciale de seulement 9 millions d'habitants. Il n'y a que deux villes de cette taille en
Europe ! La Province, c'est Shaanxi, 陝西,
même Xi (西) que celui
de Xi'an, qui veut dire l'ouest (le nishi japonais).
Une ville du cœur de la Chine, donc loin des villes de l'est
censées concentrer la croissance, la richesse découverte depuis le début du XXIème
siècle et une classe moyenne affluente – telles qu'on voit les choses en Europe.
Xi'an est une ville moderne, qui n'a pas
grand chose à envier à Beijing, Shanghai ou Hong Kong, sauf que la démesure en
cœur de ville y est moindre : les immeubles ne concourent pas avec la tour
Eiffel, malgré leurs cinquantaines d'étages[1], et il
n'y en a aucun dans la "vieille" ville enfermée dans ses remparts,
qui l'encerclent complètement. Par
contre, quand on la quitte, les tours se succèdent en rangs serrés, comme des
forêts de crayons qui enveloppent la ville en anneaux sur une vingtaine de
kilomètres, au moins.
Xi'an a été la capitale de la Chine, sous 18 dynasties nous
disent les livres, mais je peine déjà à me rappeler les 11 principales d'entre
elles (Xia[2], Shang,
Zhou, Qin, Han, Sui, Tang Song, Yuan, Ming, Qing); les autres doivent se cacher
dans les espaces de Calabi Yau des Royaumes combattants ou des Printemps et
Automnes… Ce statut de capitale remonte aux siècles qui ont précédé et suivi
l'an 0 sur des périodes énormes, plus de dix siècles. Xi'an a été la plus grande ville du monde, au
temps de notre haut moyen âge, avec un million d'habitants (sous les Tangs, aux
VIIIème et IXème siècles).
Cette façon de suivre l'histoire de la Chine au travers les
dynasties de rois et d'empereurs qui l'ont incarnée rappelle l'Egypte[3] avec
laquelle elle partage l'émergence de ce qu'on appelait la civilisation, au
temps où j'apprenais l'histoire à l'école.
Sans éclairer beaucoup sur la construction de la nation et sur le sens
que ce concept a eu ou a encore dans ce pays. Mais on n'apprend pas la Chine en
8 jours, ni en dix fois 8 jours.
Le plaisir de venir en Chine, c'est de se plonger dans ce
pays, mélange d'histoire très ancienne, de traditions et de modernité, et si
plein de vigueur dans ces quartiers en ville qui semblent encore participer à
la fois de la campagne et des siècles passés.
Des foules de gens qui vivent et travaillent dans la rue, pas qui y
passent les écouteurs aux oreilles comme dans nos villes occidentales.
Evidemment, il y a de ma part une recherche du pittoresque, du différent, de ce
qui a disparu ailleurs, chez nous, car les quartiers modernes sont tout aussi
peuplés de jeunes gens les yeux rivés sur l'écran de leur smart phone qu'ailleurs, image étonnante de la globalisation ou de
la mondialisation.
Pas difficile de croire que la classe moyenne chinoise
compte aujourd'hui 400 millions de personnes, autant que la population totale
de l'Europe (507 millions). C'est cette création ex nihilo qui justifie les
déclarations optimistes de l'ONU selon lesquelles la sortie de gens de la
pauvreté est plus rapide qu'elle ne l'a jamais été, tellement rapide que cet objectif
du millénaire a été atteint en avance du calendrier. Une bonne chose pour la Chine elle-même, qui
se transforme en réplique des Etats Unis urbains des années cinquante, le
modèle d'urbanisme que le pays a choisi il y a 30 ans et qu'il a construit patiemment
depuis sans moufeter, enfilant les périphériques les uns autour des autres – il
y en a 6 à Beijing et 2 à Xi'an, et livrant ainsi la ville à la voiture.
Manque de pot, ce qui devait se produire s'est produit : les
villes sont devenues d'immenses embouteillages à toute heure de la journée,
même à Xi'an. Et l'air, inodore et
incolore est devenu visible et épais - sensible : une brume permanente, un smog
qui ne laisse passer qu'une lumière jaune (attention au réglage de la
température de couleur de votre appareil photo !) enveloppe les villes, même quand le soleil
arrive à percer et que le vent souffle. Il faut un typhon pour le nettoyer pour
quelques jours ! Les écologistes parlent de 500,000 morts par an du fait de cette
pollution, c'est cher payer pour sortir de la pauvreté !
Evidemment, la Chine diagnostique ses propres problèmes et
réagit. A une vitesse assez surprenante. Xi'an, pays des autobus et des
voitures, s'est dotée de deux lignes de métro automatiques, comme la ligne 14 à
Paris – Beijing a 17 lignes construites et 7 encore en construction. Attendre,
parfois, permet de bénéficier des dernières technologies et d'éviter les fautes
faites par les autres. Mais elle n'a pas
encore tiré toutes les conséquences de ses propres erreurs : les autoroutes urbaines
surélevées, qui sillonnent Shanghai, ne sont pas encore transformées en jardin
suspendus de Babylone, ce qu'apportera nécessairement la transition verte, volens nolens. Voir de la même façon comment la Chine s'est
dotée en quelques années du réseau de TGV le plus développé et le plus
ambitieux du monde[4] (un
modèle pour les Etats-Unis, retour d'ascenseur ?).
On doit envisager que la Chine va de la même façon
décarboner rapidement son économie, même si elle a fait exactement le contraire
jusqu'à maintenant, même si le travail paraît immense, vu par nos yeux
occidentaux et au travers de nos refus, dans le monde industriel, d'en payer le
prix pour nous mêmes. Aujourd'hui, la
Chine est devenue numéro un dans le monde en énergie renouvelables et il n'est
pas impossible de penser qu'elle va aussi le devenir dans tous les domaines
liés à l'environnement, y compris ses enjeux globaux. Rien n'est sûr, mais vu la façon dont le pays
fonctionne, encore très top down, malgré ses apparences de capitalisme débridé,
on peut y croire.
L'autre grand étonnement, c'est la coexistence de systèmes
de prix différents pour des services comparables. Un repas dans un hôtel chic
vaut quelques centaines de Yuans[5], comme
en Europe, ou aux Etats Unis. Un bon restaurant chinois, entre 20 et 50 yuans,
un repas dans la rue quelques yuans. Certes ces "services" n'ont
aucune rapport en terme de qualité, mais ils remplissent la même fonction,
celle de nourri le convive. Les pauvres
peuvent manger, la classe moyenne, les riches et les touristes étrangers –
ceux, la plupart, qui n'osent pas s'aventurer dans les gargotes.
La très grande majorité des chinois, les 800 millions qui ne
font pas partie de la nouvelle classe moyenne, paie peu de chose. C'est le reflet de leurs bas salaires, qui
permettent à nos consommateurs d'acheter chez nous des produits très bon marché
fabriqués en Chine. D'autant que les boites occidentales qui font fabriquer
leurs produits ici, veillent à ce que les coûts ne soient pas trop élevés, ce
qui maintient des horaires élevés, des conditions de travail discutables, des
revenus plus que modestes. Les syndicats
en France parlent de dumping social. Ce
n'est pas faux, sauf que c'est un choix consensuel de la chaine qui va du producteur
au consommateur. Il y a cinquante ans, on aurait parlé de colonialisme,
d'exploitation des peuples colonisés.
Aujourd'hui, on parle parfois aussi de néocolonialisme, mais c'est un
discours marqué de gauche ou d'extrême gauche.
Mais sur le fond, il y a une profonde dissymétrie entre des
pays riches, où les niveaux de prix et de revenus moyens sont élevés, et des
pays plus pauvres, où les niveaux de salaires sont bas mais où le cout de la
vie aussi est bas. Les bas salaires en Chine sont bas, mais cela est en partie
compensé par un coût de la vie bas. Si la Chine fait du dumping via ses bas
salaires, les pays riches font du
dumping négatif en distribuant à leurs citoyens des revenus qui leur permettent
de s'acheter le travail des plus pauvres.
Il me semble que cette question est peu discutée. Il va en
effet de soi pour tout le monde (presque?) que les pays pauvres doivent
augmenter leurs salaires, mais la proposition contraire, baisser les salaires
des riches, en abaissant en même temps l'ensemble du système de prix dans
lesquels ils sont immergés, aurait autant de sens. Sens éthique bien sûr, car
la mise en pratique n'aurait rien de très évident, hors crises mondiales absolument
majeures.
Si on sent peu la pauvreté dans la ville, tellement les gens
sont industrieux et semblent toujours trouver à travailler pour gagner leur
vie, sûrement chichement, on rencontre des mendiants, peu nombreux pour des
européens, mais assis par terre avec une sébile devant eux: des jeunes gens et
des vieux. L'indifférence des passants est un autre aspect de la mondialisation
!
Il faut aussi dire deux mots du dépaysement culturel, donc
jouer au touriste:
- · la beauté des caractères chinois, qui ressemblent un peu aux kanji japonais, ce qui permet de deviner ce qu'ils signifient, et qui décore le jour… et la nuit.
- · les quelques traces d'histoire que la croissance urbaine n'ont pas effacées, comme les fortifications qui entourent encore le cœur de la ville. On les parcoure en vélo. Les étrangers paient l'entrée beaucoup plus cher que les chinois, autre trace d'une double monnaie, comme ce dont rêve Chevènement pour les pays européens.
- · et les mausolées des empereurs, dans leur démesure, où le souverain Qin Shi Huang (秦始皇; 259 – 210 AJC) de la dynastie des Qin est enterré avec son armée, des milliers de fantassins de terre cuite et les cavaliers avec leurs chevaux ou les cochers avec attelages et chariots. Le même empereur qui a construit la muraille de Chine (en fait en a unifié des fragments préexistants), unifié la pays pour la première, d'où son surnom de "premier empereur", tout en réalisant des autodafés et autres atrocités contre les savants. La Chine moderne est fière de ce lointain passé, qu'elle fait sien en y lisant l'origine de la nation chinoise il y a 22 siècles – un concept difficile à comprendre quand on est européen et qu'on a vu les nations acquérir de la consistance beaucoup plus récemment et après des évolutions complexes. On ne déclare pas en Europe que l'origine de l'union européenne en tant que nation, qu'elle n'est pas complètement, est l'empire romain, ou les royaumes celtes ou les villes grecques… même si on y lit les origines de la "civilisation" européenne, au moins de sa culture - terme moins ambigu.
Prospective contre politique... (14/09/2012)
La gauche au pouvoir annonce et décide en matière de questions environnementales (ouverture des journées de l'environnement par F. Hollande, le 14 septembre 2012).
Formidable, dirais-je, à l'aune du désir mille fois affiché ici qu'on se bouge sur les dossiers environnementaux au lieu de parler d'autre choses réputées plus urgentes ou plus au coeur des préoccupations des gens.
Mais le compte n'y est pas. Les questions ciblées par le président (Fessenheim, gaz de schiste) ne sont pas nécessairement les plus importantes ou les décisions annoncées ne sont pas les plus raisonnables !
Passons par un détour. Pendant que Mme Taubira prépare la loi sur le mariage homosexuel, une maire brésilienne célèbre un mariage à trois, deux femmes, un homme. Qu'en penser ? Rien, sinon que la loi doit permettre à la société de fonctionner comme elle l'entend, elle doit prendre acte de ce qui s'y passe vraiment pour l'aider à bien fonctionner en lui donnant le cadre légal dans lequel son fonctionnement s'inscrit.
On pourrait même imaginer qu'elle l'anticipe ? Quand elle fait cela, et c'est assez rare, on se trouve dans des conditions révolutionnaires.
Va-t-on vers des mariages multiples, avec des animaux, entre parents capables d'un consentement ? Le PACS permet une partie de cela. Quels sont les tabous qui vont tomber, parce que nous ne vivons plus dans de petites tribus d'éleveurs ou de petites cités maritimes de l'Ouest de la Méditerranée ?
En matière d'environnement, l'environnement n'est pas une fin en soi. De même que l'économie n'en est pas une non plus, ni le travail... La nature et l'anthroposphère se rencontrent, avec puissance sinon violence. C'est ce rapport, cette tension, qu'il faut gérer.
Très bien. Passons à l'application au gaz de shiste. La société, l'anthroposphère, a pour mission essentielle de laisser vivre les gens qui la compose, en nombres qui lui échappent largement - même si la société elle-même est à l'origine de ces nombres. Pour y parvenir, elle a besoin d'énergie, car les hommes vivent dans une sphère, qui a construit un cocon pour l'isoler, la protéger de la nature, grâce à des bâtiments, des villes, des artefacts variés et de toute taille. Les grands nombres qui composent aujourd'hui l'humanité et façonnent sa façon de vivre (au moins celle de la fameuse classe moyenne mondialisée) proviennent en particulier d'une intensité en énergie (e.g. MJ/capita) qui ne coûte pas cher, relativement beaucoup d'énergie, parce qu'elle ne coûte, ne coûtait pas cher.
Le prix de l'énergie est un prix de marché - malgré l'OPEP et autres cartels, malgré les taxes. Il reflète une certaine rareté.
On a pensé longtemps que l'énergie habituelle se raréfiait, que le pic de pétrole était devant nous, derrière nous, juste sous nos pieds. Mais l'énergie n'est pas que le pétrole, loin s'en faut. Il y a aussi les énergies renouvelables, diraient les écologistes, l'énergie nucléaire, diraient d'autres... et le gaz naturel. Sans oublier les économies d'énergie, qui se mesurent en néga-joules. Ni les énergies peu développées comme la géothermie du sol et de la mer, pratiquement en jachère bien qu'elles soient infinies !
Or le gaz est beaucoup plus abondant qu'on ne le pensait. De fait, ces questions de ressources sont complexes et très mal connues et on a longtemps classé la partie la moins analysée de ces ressources dans une classe à part, les ressources non conventionnelles.
Faisons simple. le gaz de schiste fait partie de la panoplie potentielle d'énergie dont le bien être de beaucoup dépend. Derrière le gaz de schiste, il y a aura peut-être le gaz de clathrate, des équipes travaillent là-dessus, elle vont peut-être exhiber des solides utiles. On doit donc s'interroger sur la façon de l'exploiter sans trop de dommage par ailleurs pour l'environnement. Interdire même d'y penser ou de faire de la recherche dessus est idiot, ou carrément fasciste, si, si, fasciste !
Les raisonnement du genre, "exploiter le gaz de schiste c'est s'interdire de mettre en oeuvre des économies d'énergie" est un sophisme, qui est la base de toutes les déviances totalitaires. Je peux manger un chocolat et modérer les calories que j'ingère ! Etc.
Donc les Verts, qui pensent tout autre chose qu'écologie, donc un jeu de puissance qui les regarde mais qui m'indiffère, doivent passer à un discours moins radical. C'est d'ailleurs la seule chance qu'ils aient de parler un jour à un plus grand nombre.
Les entreprises, qui font semblant de ne pas écouter les craintes des uns et des autres sont aussi des apprentis sorciers.
Enfin ceux qui brandissent le principe de précaution, comme si c'était la nouvelle bible, alors que c'est un réflexe plutôt européen, et encore plus profondément français, un réflexe d'angoisse, de peur et, in fine, de peu de courage ! devraient penser trois fois leur langue dans leur bouche avant de s'exprimer.
Faisons simple. le gaz de schiste fait partie de la panoplie potentielle d'énergie dont le bien être de beaucoup dépend. Derrière le gaz de schiste, il y a aura peut-être le gaz de clathrate, des équipes travaillent là-dessus, elle vont peut-être exhiber des solides utiles. On doit donc s'interroger sur la façon de l'exploiter sans trop de dommage par ailleurs pour l'environnement. Interdire même d'y penser ou de faire de la recherche dessus est idiot, ou carrément fasciste, si, si, fasciste !
Les raisonnement du genre, "exploiter le gaz de schiste c'est s'interdire de mettre en oeuvre des économies d'énergie" est un sophisme, qui est la base de toutes les déviances totalitaires. Je peux manger un chocolat et modérer les calories que j'ingère ! Etc.
Donc les Verts, qui pensent tout autre chose qu'écologie, donc un jeu de puissance qui les regarde mais qui m'indiffère, doivent passer à un discours moins radical. C'est d'ailleurs la seule chance qu'ils aient de parler un jour à un plus grand nombre.
Les entreprises, qui font semblant de ne pas écouter les craintes des uns et des autres sont aussi des apprentis sorciers.
Enfin ceux qui brandissent le principe de précaution, comme si c'était la nouvelle bible, alors que c'est un réflexe plutôt européen, et encore plus profondément français, un réflexe d'angoisse, de peur et, in fine, de peu de courage ! devraient penser trois fois leur langue dans leur bouche avant de s'exprimer.
samedi 26 octobre 2013
Immigré mon frère !
71% des français sont d'accord avec l'UMP pour modifier le droit du sol (!+x??/:+!!!) en matière d'acquisition de la nationalité française - selon un sondeur stipendié, dont je doute qu'il ait vérifié que tout ces gens qu'il a interrogés aient bien compris la question.
Quel intérêt d'avoir une réponse à une question qui ne fait pas sens ?
Mais j'entends déjà des réponses selon lesquelles ce n'est pas un problème, il faut écouter les gens et ils ont raison par principe dans une démocratie, etc.
De même que les petits voyous paumés qui enchainent les délits n'en sont pas responsables du fait du déterminisme socio-économique qui les y a poussé, les citoyens ont le droit de choisir des litanies d'extrême droite, d'élire Hitler selon les règles démocratiques, du fait de l'inaudibilité des socialistes au pouvoir.
Comment des gens surinformés, comme tout le monde l'est aujourd'hui, peuvent-ils en arriver à faire des choix pareils, si contraire à l'histoire de leur pays, à la nature même de leur nation, à leur intérêt même compris de façon étriquée et très simplement à la vérité ?
A force d'entendre en boucle les c... de Coppé, on n'entend plus les réponses, les déconstructions de ce discours absurde et on se met à penser à l'unisson, dans une espèce de transe provoquée par l'UMP. Camarades journalistes, il y a quelque chose de pourri dans votre royaume ! Car je ne peux pas croire que vous rouliez tous pour l'extrême droite.
Camarades de gauche et amis socialistes, ce que vous dites pour contredire les propos de Coppé n'a aucun écho dans l'opinion publique.
D'ailleurs, qui parle du fond, qui réfléchit à ce qu'est la nationalité française et comment on l'acquiert ? On dit que l'UMP se tire une balle dans le pied en apportant de l'eau au moulin du FN et, que in fine, les gens devant leurs urnes préféreront le vrai produit à l'ersatz, comme disait JMLP. On dit que Coppé chasse sur sa droite, etc. Des commentaires politiques, comme disent les journalistes, qui donnent une idée assez médiocre de la politique.
Que faudrait-il dire ?
Que l’immigration n'est pas une catastrophe, mais une chance pour la France - comme elle l'est pour l'Allemagne qui seraiy encore plus à cours d emain d’œuvre qu'elle ne l'est aujourd'hui si elle ne laissait pas entrer deux fois plus d’immigrants que la France. Les flux migratoires en France sont faibles et donc ceux qui affolent le peuple sont des menteurs et des apprentis sorciers. Ce sont aussi des gens qui oublient que l'immigrant, c'est le notre prochain, à supposer qu'un certain nombre d'entre eux sont chrétiens.
Historiquement, la France s'est construite avec une entrée continue d'étranger. On a aussi redessiné les frontières, sur les 1000 ans d'histoire de ce pays, et ainsi accueilli de nouveaux français. Peu de gens sont français depuis 30 générations !!! Mais ils sont tous français, à commencer par ceux qui sont arrivés en dernier. C'est pareil partout en Europe, en Amérique, en Australie, en Afrique du Sud, etc. Il n'y a guère que des pays commele Japon qui ont eu des pratiques différentes. Voir comment cela les met en difficulté aujourd'hui, avec un vieillissement de la population plus rapide que nulle part ailleurs.
La France a une démographie légèrement en croissance en raison de la fertilité de ces nouveaux arrivants.
Dans l'avenir, l'immigration va se poursuivre et s’accélérer, car les gradients de richesse et de bien-être entre les pays pauvres et nos pays riches sont trop grands, comme sont trop grands les gradients de fertilité. Le changement climatique va encore redistribuer les cartes et mettre sur les routes des centaines de millions de réfugiés. C'est ça le vrai challenge, reconstruire le monde qu'on est en train de démolir pour que survivent ceux qui y vivent !
Pourquoi mes compatriotes sont-ils si aveugles ?
Je crains que ce soit parce qu'ils sont en moyenne assez peu éduqués, qu'ils n'ont pas appris à l'école comment penser par eux mêmes. Voir les performances très médiocres des français dans les dernières enquêtes de l'OCDE où la littéralité et la numéralité des adultes (pas des juenes, oh braves gens !) est au 22 ou 23ème rang sur 25 pays ! Quand on ne sait pas, on se méfie et on a peur. Quand on a peur on oublie les autres et on ne pense qu'à soi. L'ignorance engendre l’égoïsme, la bêtise et, disons-le, le crétinisme !
Je viens de tomber sur la critique de Antonio Munoz Molina - de la Real Academia Española - et de son essai "tout ce qu'on croyait solide", qui raconte une histoire semblable sur l'Espagne avec des conclusions plus pessimistes encore : le pays peut sombrer à nouveau dans le fascisme ou quelqu'autre totalitarisme.
Et nous ?
2' heures plus tard, je viens de passer quelques heures à rechercher l'étymologie des mots fer et acier (je me demande bien pourquoi ?), une occasion de plonger dans les origines de la langue française, un assez bon marqueur de la culture et des sources de la nationalité. La langue française vient de partout, a emprunté à toutes les langues et toutes les cultures, toutes, vraiment toutes, et cela s'est fait grâce aux étrangers qu'on a rencontrés et qui sont venus vivre chez nous - un nous glissant, toujours changeant. Sans cette hybridation continue et sans fin, nous ne serions plus rien, nous n'aurions jamais été rien : une culture n'existe que dans un contexte, une écologie, une biodiversité. Un peu comme les riches ne sont riches qu'à cause des autres, les pauvres par exemple, pas par la simple vertu de leur aventure entreprenariale ou patrimoniale, comme veulent le faire croire les défenseurs de l'économie ultra-libérale....
P.S. D'ailleurs le racisme est partout. Dans mon train de Bruxelles à Arlon, qui poursuit son chemin vers Luxembourg puis vers la France par des correspondances, le contrôleur à qui j'ai présenté un billet Bruxelles-Arlon - pas cher, 11,7 € -, m'a demandé si je n'allais pas plus loin qu'Arlon ! Suspicion de nature ethnique, mon accent me trahissant comme un français. Or pourquoi un français irait-il à Arlon ? Par contre, les français sont roublards et resquilleurs, etc.
Quel intérêt d'avoir une réponse à une question qui ne fait pas sens ?
Mais j'entends déjà des réponses selon lesquelles ce n'est pas un problème, il faut écouter les gens et ils ont raison par principe dans une démocratie, etc.
De même que les petits voyous paumés qui enchainent les délits n'en sont pas responsables du fait du déterminisme socio-économique qui les y a poussé, les citoyens ont le droit de choisir des litanies d'extrême droite, d'élire Hitler selon les règles démocratiques, du fait de l'inaudibilité des socialistes au pouvoir.
Comment des gens surinformés, comme tout le monde l'est aujourd'hui, peuvent-ils en arriver à faire des choix pareils, si contraire à l'histoire de leur pays, à la nature même de leur nation, à leur intérêt même compris de façon étriquée et très simplement à la vérité ?
A force d'entendre en boucle les c... de Coppé, on n'entend plus les réponses, les déconstructions de ce discours absurde et on se met à penser à l'unisson, dans une espèce de transe provoquée par l'UMP. Camarades journalistes, il y a quelque chose de pourri dans votre royaume ! Car je ne peux pas croire que vous rouliez tous pour l'extrême droite.
Camarades de gauche et amis socialistes, ce que vous dites pour contredire les propos de Coppé n'a aucun écho dans l'opinion publique.
D'ailleurs, qui parle du fond, qui réfléchit à ce qu'est la nationalité française et comment on l'acquiert ? On dit que l'UMP se tire une balle dans le pied en apportant de l'eau au moulin du FN et, que in fine, les gens devant leurs urnes préféreront le vrai produit à l'ersatz, comme disait JMLP. On dit que Coppé chasse sur sa droite, etc. Des commentaires politiques, comme disent les journalistes, qui donnent une idée assez médiocre de la politique.
Que faudrait-il dire ?
Que l’immigration n'est pas une catastrophe, mais une chance pour la France - comme elle l'est pour l'Allemagne qui seraiy encore plus à cours d emain d’œuvre qu'elle ne l'est aujourd'hui si elle ne laissait pas entrer deux fois plus d’immigrants que la France. Les flux migratoires en France sont faibles et donc ceux qui affolent le peuple sont des menteurs et des apprentis sorciers. Ce sont aussi des gens qui oublient que l'immigrant, c'est le notre prochain, à supposer qu'un certain nombre d'entre eux sont chrétiens.
Historiquement, la France s'est construite avec une entrée continue d'étranger. On a aussi redessiné les frontières, sur les 1000 ans d'histoire de ce pays, et ainsi accueilli de nouveaux français. Peu de gens sont français depuis 30 générations !!! Mais ils sont tous français, à commencer par ceux qui sont arrivés en dernier. C'est pareil partout en Europe, en Amérique, en Australie, en Afrique du Sud, etc. Il n'y a guère que des pays commele Japon qui ont eu des pratiques différentes. Voir comment cela les met en difficulté aujourd'hui, avec un vieillissement de la population plus rapide que nulle part ailleurs.
La France a une démographie légèrement en croissance en raison de la fertilité de ces nouveaux arrivants.
Dans l'avenir, l'immigration va se poursuivre et s’accélérer, car les gradients de richesse et de bien-être entre les pays pauvres et nos pays riches sont trop grands, comme sont trop grands les gradients de fertilité. Le changement climatique va encore redistribuer les cartes et mettre sur les routes des centaines de millions de réfugiés. C'est ça le vrai challenge, reconstruire le monde qu'on est en train de démolir pour que survivent ceux qui y vivent !
Pourquoi mes compatriotes sont-ils si aveugles ?
Je crains que ce soit parce qu'ils sont en moyenne assez peu éduqués, qu'ils n'ont pas appris à l'école comment penser par eux mêmes. Voir les performances très médiocres des français dans les dernières enquêtes de l'OCDE où la littéralité et la numéralité des adultes (pas des juenes, oh braves gens !) est au 22 ou 23ème rang sur 25 pays ! Quand on ne sait pas, on se méfie et on a peur. Quand on a peur on oublie les autres et on ne pense qu'à soi. L'ignorance engendre l’égoïsme, la bêtise et, disons-le, le crétinisme !
Je viens de tomber sur la critique de Antonio Munoz Molina - de la Real Academia Española - et de son essai "tout ce qu'on croyait solide", qui raconte une histoire semblable sur l'Espagne avec des conclusions plus pessimistes encore : le pays peut sombrer à nouveau dans le fascisme ou quelqu'autre totalitarisme.
Et nous ?
2' heures plus tard, je viens de passer quelques heures à rechercher l'étymologie des mots fer et acier (je me demande bien pourquoi ?), une occasion de plonger dans les origines de la langue française, un assez bon marqueur de la culture et des sources de la nationalité. La langue française vient de partout, a emprunté à toutes les langues et toutes les cultures, toutes, vraiment toutes, et cela s'est fait grâce aux étrangers qu'on a rencontrés et qui sont venus vivre chez nous - un nous glissant, toujours changeant. Sans cette hybridation continue et sans fin, nous ne serions plus rien, nous n'aurions jamais été rien : une culture n'existe que dans un contexte, une écologie, une biodiversité. Un peu comme les riches ne sont riches qu'à cause des autres, les pauvres par exemple, pas par la simple vertu de leur aventure entreprenariale ou patrimoniale, comme veulent le faire croire les défenseurs de l'économie ultra-libérale....
P.S. D'ailleurs le racisme est partout. Dans mon train de Bruxelles à Arlon, qui poursuit son chemin vers Luxembourg puis vers la France par des correspondances, le contrôleur à qui j'ai présenté un billet Bruxelles-Arlon - pas cher, 11,7 € -, m'a demandé si je n'allais pas plus loin qu'Arlon ! Suspicion de nature ethnique, mon accent me trahissant comme un français. Or pourquoi un français irait-il à Arlon ? Par contre, les français sont roublards et resquilleurs, etc.
vendredi 13 septembre 2013
Tu me braques et je te tue...
Bizarre ce que nous rapporte la presse, ici en France.
Il y a d'abord un "ras le bol" fiscal, général croirait-on à entendre les JT qui ne parlent que de ces rumeurs.
Or on parle là d'augmentations des impôts sur le revenu (IR) et la moitié des français ne les paient pas. Le ras-le-bol ne peut les concerner ! A moins que la presse ne considère qu'ils ne comptent pas, ces gens qui ne paient pas l'impôt. C'est bien comme cela d'ailleurs qu'on accordait le droit de vote, sous la troisième république : en dessous de 1000 F de revenus, pas de droits citoyens.
La presse serait-elle devenue censitaire ?
Or on parle là d'augmentations des impôts sur le revenu (IR) et la moitié des français ne les paient pas. Le ras-le-bol ne peut les concerner ! A moins que la presse ne considère qu'ils ne comptent pas, ces gens qui ne paient pas l'impôt. C'est bien comme cela d'ailleurs qu'on accordait le droit de vote, sous la troisième république : en dessous de 1000 F de revenus, pas de droits citoyens.
La presse serait-elle devenue censitaire ?
Par ailleurs, les plus bas revenus baissent et les plus hauts augmentent, mais moins vite que les autres ne baissent. Présentation un peu idiote, qui semblerait montrer que ce sont les pauvres qui enrichissent les riches par leur paupérisation. Mais cette hypothèse, elle, est-elle vraiment idiote ?
Les impôts réputés "injustes", ceux que tout le monde paie comme la TVA et la CSG, vont donc baisser dans les milieux pauvres, à la suite de leurs revenus. Une raison de plus qu'ils ne souffrent pas de ras-le-bol fiscal !
Après il y a les gens qui s'inventent des règles : "il est scandaleux qu'on paie des IR sur sa retraite"; ou "il est scandaleux que je paie des impôts cette année alors que je n'en payais pas l'année dernière". Combien ? 150 €. Il faut les trouver, je suis bien d'accord, mais est-ce complètement choquant que chacun contribue à la hauteur de ses ressources, plutôt que d'avoir aussi des exclus de l'impôt? Ce n'est pas bon d'être exclu, de quelque exclusion qu'on parle!
Donc il y a des manipulateurs d'opinion qui lancent des slogans que les gens reprennent sur des micro-trottoirs - genre les citoyens ont la parole - et que les journalistes ressassent, à moins que la chaîne causale ne soit l'inverse ? La presse manipulée par ou encartée au parti des démagogues ?
Autre fait divers.
Un bijoutier de Nice, pas de Sevran ni de Corbeil, est braqué pour la 3ème ou 7ème fois, on croirait le chemin de croix de Jésus, tel que c'est raconté. On a envie d'y croire, ce brave homme qui vient bosser la peur au ventre et qui travaille dur pour quoi, pour rien finalement... Il abat l'un des malfaiteurs, quand celui-ci s'enfuit sur un scooter, et le tue. Légitime défense! Le maire de Niçe, Estrosi, déclare en public, devant des micros gentiment accourus pour attraper par hasard ses propos, que, s'il n'était pas républicain et respectueux de la loi, il féliciterait le bijoutier (sic!). On apprend ensuite que le braqueur en fuite et depuis raide mort est un petit mec de 18 ans, un petit délinquant arrêté 17 fois par la police, et qui récidive. Son frère nous explique qu'il a la rage, et je le comprends, car ce n'était qu'un gosse, au chômage, ne trouvant pas d'emploi et, de surcroît attendant d'être bientôt papa. Personne n'a osé dire que les jeunes pauvres ne devraient pas baiser, mais on l'entendait comme si ça était dit.
Aaaah!
Qu'elle détresse de tous ces gens, qui n'ont comme solution que d'avoir peur, de de se haïr, de se niquer et de s'entretuer ! Une vieux commerçant de 67 ans, avec un pistolet sous sa caisse enregistreuse, qui vise bien et de loin ! Un gamin qui vit de petits délits, qui ne sait pas comment ne pas faire de gosse à une fille, et qui se fait tuer. On a rétabli la peine de mort en France, pour de petits délits. Pas la peine d'avoir la honte des américains, qui la réservent pour de vrais crimes - enfin ceux qui sont reconnus comme tels par la justice de là-bas.
Je ne sais que dire... Le délire.
PS. il y a un livre génial qui est sorti ce mois-ci, le capital au XXIème siècle, de Thomas Piketty, au Seuil. 970 pages (si, si !).
L'auteur, mélange d'économiste et d'anthropologue, y explique, après un travail long et sérieux d'enquête qui remonte au XVIIIème siècle, que les revenus du capital augmentent plus vite que les revenus du travail (7% contre 1,5%), sur de longues périodes. Ca ne peut conduire qu'à l'envahissement du monde par des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres. Le salut, si l'on peut dire, n'est venu, au siècle dernier, que de deux guerres mondiales, qui ont rebattu les cartes, mais à quel prix ? Donc, ça va aller de mal en pis. Les petits braqueurs à scooter vont se multiplier, ils n'ont pas d'autre choix, les pères la morale ne pourront longtemps faire dire le contraire aux journalistes. Etc. Marx va se réveiller et aussi la lutte des classes, sur fond de changement climatique. Pas très rassurant.
A moins qu'on n'augmente les impôts ? Ca doit être en prévision de cela que les futurs très très riches font courir déjà ces rumeurs de ras-le-bol fiscal, finalement !
Un autre livre, qui me fait envie... Essai sur l'éthique du capitalisme, de Olivier Grenouilleau.
PS. il y a un livre génial qui est sorti ce mois-ci, le capital au XXIème siècle, de Thomas Piketty, au Seuil. 970 pages (si, si !).
L'auteur, mélange d'économiste et d'anthropologue, y explique, après un travail long et sérieux d'enquête qui remonte au XVIIIème siècle, que les revenus du capital augmentent plus vite que les revenus du travail (7% contre 1,5%), sur de longues périodes. Ca ne peut conduire qu'à l'envahissement du monde par des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres. Le salut, si l'on peut dire, n'est venu, au siècle dernier, que de deux guerres mondiales, qui ont rebattu les cartes, mais à quel prix ? Donc, ça va aller de mal en pis. Les petits braqueurs à scooter vont se multiplier, ils n'ont pas d'autre choix, les pères la morale ne pourront longtemps faire dire le contraire aux journalistes. Etc. Marx va se réveiller et aussi la lutte des classes, sur fond de changement climatique. Pas très rassurant.
A moins qu'on n'augmente les impôts ? Ca doit être en prévision de cela que les futurs très très riches font courir déjà ces rumeurs de ras-le-bol fiscal, finalement !
Un autre livre, qui me fait envie... Essai sur l'éthique du capitalisme, de Olivier Grenouilleau.
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