samedi 12 septembre 2009

Carbon tax...

On ne parle que de cela en France depuis un bon mois et personne n'y comprend rien. Les gens se bousculent néanmoins pour donner un avis et la plupart du temps il est négatif. On fait même des micro-trottoir dessus. Le plus amusant était une femme qui disait qu'elle en était au bio pour sauver la planète et qu'elle prendrait la question du carbone après.

Digression, c'est intéressant de parler du bio, car en général il ne répond pas aux critères classiques du développement durable, ce qui interpelle à la fois ceux qui font des produits agricoles bio et ceux qui définissent ce que c'est que le développement durable... Il y a pas mal de gens qui travaillent là-dessus en dehors des média, dieu merci, car çà demande une réflexion de fond et pas un débat, j'ai envie de dire, "à la con". La lumière en sortira peut-être.

Donc taxe carbone.

Vieille idée, que les industriels connaissent bien depuis 5 à 10 ans maintenant. Mais ce qui est nouveau c'est que le concept aussi dorénavant va s'appliquer aux citoyens, pris un par un.

Le fond du problème est de trouver des moyens simples et efficaces de réduire les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et de le faire vite et fort. On peut donc prêcher en mettant les acteurs devant leurs responsabilités et croire à leur réflexes éthiques, pour prendre les mesures adéquates qui relèvent d'eux, ou au contraire les obliger à agir, par exemple en touchant à leur porte monnaie.

Le porte monnaie des entreprises a été d'abord dans le collimateur selon le principe qu'il faut commencer par les gros émetteurs, parce que c'est plus facile, que çà se voit (utile pour un politicien qui doit se faire réélire, d'autant que les entreprises ne votent pas ) et que çà permet de résoudre d'un seul coup un gros morceau du problème. L'Union européenne, répondant au lobby des industriels, a ainsi proposé un système de marché de droits d'émissions dit cap and trade, dont le bilan est pour l'instant mitigé.

Certains industriels expliquent d'ailleurs que le système leur est défavorable... souvent les mêmes que ceux qui en ont profité en vendant les surplus de droits d'émission acquis gratuitement de la part des états. Toute une machine financière s'est organisée autour des marchés du carbone avec un flot de courtisans et de consultants de tout poil, mais une relation directe avec des baisses d'émissions clairement identifiées reste à démontrer malgré 4 ans de fonctionnement du système. La raison profonde en est probablement que le coût du carbone n'a jamais atteint des niveaux suffisants pour que des parades efficaces soient mises en place, ceci étant dû à une surabondance de l'offre de droits par rapport à la demande. La commission devrait faire gérer toute sa politique dans ce domaine par l'OPEP qui étranglerait les vannes de droits gratuits attribués sous forme de quotas !

Le marché des droits est actuellement à 14,5 €.

Les débats sont en fait plus complexes et les protagonistes pensent que le système devrait finalement prouver son efficacité. Les surplus systématiques sont en effet liés à des maladresses de mise en place et, plus récemment, à la crise économique. La Commission est donc déterminée à prolonger le système au moins jusqu'en 2020 et d'autres régions du monde vont vraisemblablement s'en inspirer. Les industriels, quant à eux, continuent à crier au loup qui les étrangle ou est sur le point de le faire !

Deuxième partie du dispositif, toucher les acteurs individuels. C'est la taxe carbone proposée par le Grenelle de l'environnement, celle qui est au coeur des débats actuels.

Le citoyen consommateur paie une taxe proportionnelle à ses émissions. Les détails sont un peu flous sur la façon de le faire, mais on peut penser que toute émission directe sera taxée, l'essence de sa voiture comme le fuel de son chauffage. Les émissions indirectes ne le seront pas par le consommateur final, mais le producteur qui en a été responsable aura payé la taxe et la fera passer à ses clients au travers des prix. Facile à faire, si les prix sont fixés localement, comme ceux de l'électricité, moins facile à faire s'il le sont ailleurs par un marché mondial, par exemple, comme ceux de l'acier, par décret ou par des situations de monopole, comme le prix du lait. Mais il y a l'artifice de la taxe aux frontières, un taxe de Pigou, pour mettre sur un plan d'égalité un marché isole avec taxe et un contexte international sans taxe.

Plus j'émets, plus je paie. Une version individualisée du principe du pollueur-payeur.

Un débat s'instaure d'ailleurs de savoir si la taxe individuelle ne devrait pas seule subsister par rapport à la taxe industrielle. Un peu comme si l'état basait toutes ses rentrées fiscales sur la TVA. Mais surtout comme si toutes les arbitrages étaient décidés par le consommateur final. J'ai un peu de mal à croire que cela puisse démontrer une vraie efficacité !

Voilà les éléments du dossier.

Donc, si on est convaincu que la menace primordiale c'est le changement climatique et qu'il faut le combattre par tout moyen disponible - et il serait suicidaire, inconséquent ou carrément pervers de prétendre le contraire, la taxe carbone doit être accueillie de façon positive, voire enthousiaste : enfin on s'adresse directement aux citoyens sur ces questions qui vont déterminer le quotidien de leurs enfants et de leurs petits enfants, qui feront la guerre et la paix au milieu du siècle, la vie et la mort d'une fraction importante de la population du globe !

Mais que voit-on ?

Un gouvernement qui minimise la question, qui ne la place pas dans son vrai contexte, qui explique que 14 ou 17€, ce n'est pas grand chose.

Une opposition qui s'insurge sur le fait que ce sont les plus défavorisés qui vont payer, comme si la menace du changement climatique n'était pas d'abord une menace pour eux !

De vrais et de faux écologistes qui discutent des moyens, de la mise en oeuvre, du timing de l'annonce, bref de la couleur de l'emballage.

Et des citoyens, pris en otage dans un débat qui n'a jamais eu lieu, qui déclarent que non, ils ne veulent pas de taxe. Moi non plus je ne veux pas vieillir, je ne veux pas mourir, je ne veux pas être malade, je ne vaux pas souffrir. Encore que...

J'ai vraiment honte de cette kermesse, de ce canular.

La presse pourrait évidemment faire un peu d'investigative reporting, en se mouillant un peu la chemise, et expliquer pourquoi les pays qui ont déjà une taxe de ce genre ont démontré des réductions d'émissions et, comment çà va fonctionner au niveau des réflexes individuels.

Pourquoi je vais arbitrer entre un service plus cher à cause de ses émissions par rapport à un qui sera moins cher. Comment les constructeurs de voitures vont mettre plus rapidement des voitures électriques sur le marché. Comment les gens vont s'intéresser de plus près à l'affichage carbone qui brusquement sera en liaison directe avec leur porte monnaie. Et comment, ils vont brusquement penser un peu à leurs descendants et, pourquoi pas, aussi à leurs vieux jours.

Donc, Sarkozy dans son universelle sagesse a donc décidé que la taxe vaudra 17€. Mais dans 5 ans, dans 10 ans combien vaudra-t-elle ? Mon petit doigt m'a dit que les économistes, dont certains sont mes collègues et mes amis, parlent de 400 à 600 € en 2050 ! Cà aussi on n'en parle pas beaucoup dans les discours politiques ou dans les média, mais le dire permet d'affirmer avec une certaine force qu'à ce niveau les effets seront immédiats, en fait rétroactifs !

****

Je ne sais pas si cela mérite un paragraphe, mais les petits malins disent qu'on va être taxés sur notre respiration. C'est à la fois idiot comme remarque, car les émissions en question sont tout à fait négligeables par rapport aux émissions anthropiques, et pas complètement idiot dans la mesure où cela rappelle que les émissions anthropiques sont directement proportionnelles à la population.

samedi 5 septembre 2009

Madame la marquise...

L'été s'achève, repère essentiel dans le calendrier symbolique des Français.

Le monde redémarre avec la rentrée, rentrée des classes, des parents, du gouvernement - ne faut-il pas donner l'exemple - , de l'économie.

Comme si la formule 1 (ou 2 ?) de l'économie française s'était arrêtée au stand pour 3 mois et avait cessé de voir les autres voitures tourner pendant ce temps-là sur le circuit.

Les journaux de télévision on dégouliné de reportages au goût de sucreries factices sur les plages, les hôtels, les campings, les embouteillages, alors que les journaux plus sérieux parlaient de livres, de spectacles, de festivals, de culture. Le monde hors la France a (presque) disparu des médias et on pourrait penser que cette absence signifie qu'il est tombé lui aussi dans le gouffre des vacances.

En France, on voit vraiment la vie comme deux univers parallèles, la vie normale et les vacances, qui se séparent tous les étés et ont peine à se réemboiter ensuite. Mais qui vont à nouveau se dissocier chaque soir, chaque week end et pendant ces merveilleuses RTT, cadeaux de la fée des 35 heures.

Les journaux devraient d'ailleurs avoir des éditions normales et des éditions pour les RTT. Second Life descendue sur terre !

Pendant nos vacances donc, alors qu'on se ressourçait, à la façon de l'inconscient qui répare les traumatismes de la journée passée pendant le sommeil, l'économie s'est réparée. La crise s'est arrêtée. La chute a été freinée. La reprise se dessine.

Ouf, merci l'inconscient collectif de la planète, et merci aux Français pour ce long sommeil des vacances d'été qui a permis à ce processus de se dérouler en coulisse.

Auto-organisation, on appelle cela dans l'univers, tout aussi fantasmagorique, des nanotechnologies. Des processus automatiques qui gèrent les dossiers difficiles et réparent les dommages. Cà existe dans le vivant, résultat de millions d'années d'évolution, et les illusionnistes de la politique ou de la technologie (nano) nous le resservent comme un processus qui existe naturellement du fait du caractère vachement raisonnable et auto-régulateur de l'économie libérale ou comme une fonction qu'on va créer de toutes pièces et donner aux nano-objets en jouant à être dieu. Nos sommes des démiurges, pensent sans le dire ces physiciens du très petit, ces nano physiciens qui pensent grand !

Evidemment, ceux qui se découvrent chômeurs au retour de vacances, les PME qui n'arrivent plus à financer leur activité quotidienne, bien que les banques aillent mieux, ouf, merci pour elles, ne voient pas bien en quoi cette vision de sortie de crise s'applique à leur vie à eux, à leur vraie vie !

Bon, le CAC est remonté à 3700 points. Air France et ArcelorMittal ont gagné environ 6% hier. Que demander de plus ? Sarkozy va venir en Lorraine avant le fin du mois. Le bonheur !




vendredi 5 juin 2009

Home, sweet home

Je pense que pas mal de gens sont restés scotchés devant leur télé hier soir pour regarder HOME, surtout ceux qui ont une fibre verte qui leur court dans les muscles.

Une certaine hésitation avant de choisir France 2 quand même, tant le hype était fort et le matraquage publicitaire en France bien organisé.

D'abord, évidemment, la magie des images. Magie et image, ce sont d'ailleurs des anagrammes et probablement (?) des étymologies communes. Magie multipliée par l'écran HD, dont les images hyper-piquées creusent l'écran comme si ce n'était qu'une fenêtre ouverte sur un monde à plusieurs dimensions, juste là, dans le salon. C'est tout juste si on n'en attrape pas des vertiges, si l'oreille interne n'est pas trompée elle aussi !

Des images claires, travaillées, montées en succession rapide, où on a choisi la couleur et les compositions de formes et de mouvements avec une force qui vaut tous les délires des films d'Hollywood, où les caméras virtuelles ont remplacé les caméras réelles. Un film aux images coup de point, qui montrent un monde ensoleillé, comme pour prouver que le propos est aussi juste que les images sont claires et belles !

Grands prix de la mise en scène et de l'image accordés à l'unanimité par le jury !

Le propos par contre heurte, me heurte moi au moins, de même que l'argumentaire du discours et l'ouverture du débat.

Pas le moindre doute, c'est un discours fermé, qui proclame une vérité et qui n'appelle pas de débat. Les images ont valeur de preuve, ce qui me gêne. Les images sont choisies, comme c'est le privilège de l'artiste, mais le propos est celui de la leçon, leçon de morale, leçon d'éthique environnementale citoyenne et, comme tel, la preuve par l'image ne suffit pas.

Ouverture, zéro pointé. Pas la moindre chance de dire autre chose, autrement, de nuancer ou même de contester, en partie ou en tout.

Le ton ensuite. La leçon. La leçon de chose ou la leçon de morale, ou la leçon d'instruction civique de mon enfance. C'est vieux cela ! Cela remonte à un monde que je croyais révolu, contre lequel j'avais contruit mon adolescence et mon attitude au monde ? Un peu comme les discours qu'Obama vient de faire en Egypte, en Allemagne, qu'il va faire aujourd'hui à Omaha Beach, un ton qu'on accepte dans la bouche d'un Américain, mais qui ne correspond pas, tel quel, à une sensibilité européenne plus avide de critique, de relativisme, même modéré, de doute !

Le fond.

Que dit Yann Arthus-Bertrand, le Celte vert, qui défend la planète du haut de ses hélicoptères, assez avides de carburants ? Que la planète est finie, que ses ressources seront épuisées dans pas longtemps, que les riches possèdent la terre. Que le réchauffement climatique arrive, est déjà là, et que çà va créer un bordel pas possible.. Que nourrir le monde, tout le monde, va devenir compliqué, surtout si on s'obstine à manger pareil, surtout autant de viande. Problème avec la ressource halieutique. Etc.

Plein de vrai, un peu de faux, des analyses à l'emporte pièce... Dur dur, ces gens qui pensent aider avec un tel coquetel d'approximations ! La pensée floue peut-elle conduire à la lumière de la vérité ?

Le réchauffement, c'est vrai. Les énergies renouvelables, c'est une solution, mais çà ne suffit pas et, poussées à l'extrême (les 20% en 2020), elles vont aussi créer plus de problèmes qu'elles n'en résoudront in fine, peut-être, je ne dois pas moi non plus sombrer dans les généralités simplistes ! Il faut parler de néga-énergie, de nucléaire, 3, 4 et 5G, de CCS, de charbon, de biomasse et d'énergie musculaire des individus.

L'épuisement des ressources, çà dépend, c'est beaucoup plus compliqué que cela !

L'idée que la consommation de viande, conduite au niveau occidental, n'est pas durable, c'est vrai aussi. Mais comment fait-on pour réguler cela ? Ces marchés sont tirés par les consommateurs, qui ont des besoins réels et des besoins plus virtuels liés à des visions du monde, des modes si l'on veut, par des lobbies - ceux des éleveurs, de la viande, du soja, des antibiotiques pour animaux, etc., et par l'économie de marché, distordue par les subventions, les oligopoles et les oligopsones. Prêcher ? Laisser les consommateurs trancher, in fine, quand la vérité leur apparaîtra ?

On peut interpréter le discours en disant qu'il a trop de gens sur cette terre, trop de pauvres, trop de gens qui veulent vivre comme des riches. Où cela mène-t-il ? Eugénisme ? Psychologie sociale à la papa (eugéniste aussi !) ? Reprise en main morale et politique des masses ? Est-ce la fin annoncée de la démocratie ? La croissance est terminée, désolé pour ceux qui ne sont pas montés dans le train ! Je pleure sur vous.

Un discours vert assez altermondialiste, donc, qui ouvre des portes de grange à tous les totalitarismes et à tous les fascismes ! Consciemment ou peut-être pas, la bonne foi s'alliant souvent à la naïveté.

On peut aussi reprendre le discours à l'envers et en garder ce qui y est juste...

En fait ces belles images, si elles avaient été sans parole, aurait été parfaites ! L’esthétisme de YAB sans son discours boy-scout et ses tentations ambigües de politique d'un autre monde, l'autre, l'alter, et le vieux monde et ses démons.

Donc, messieurs les fabricants de télé HD, vendez des modèles sans le son !

Et tous les autres, YAB en tête, acceptez un peu plus de complexité dans le monde et un peu plus de recherche et de difficulté dans la mise à jour de solutions ! Qui seront probablement plus locales, moins globales, moins mondiales...

Car c'est une chose de dire qu'on a atteint la finitude de la planète, c'en est une autre de faire un film à la gloire de la mondialisation, même décalé, autre poncif qui mériterait d'être dépoussiéré après les strates de c... que Alain Minc et les autres ont construit sur ces mots.

Pour être juste, il y avait quelques secondes dans le film consacrées aux micro-crédit.

dimanche 31 mai 2009

Trois petits tours et puis s'en va...

La crise s'en va...

Cela fait plusieurs mois que la presse le dit, en doute, le redit. Ces oscillations, cela constitue aussi de l'information, enfin, au moins, de son point de vue à elle, la presse. Même si ses analyses baignent dans un océan de doute existentiel, métaphysique, épistémologique, ontologique.

Les banques, qui ont dégraissé plusieurs centianes de milliers de personnes, reçu des prêts et des granties de tous les gouvernments du monde et qui ne pête de toute façon qu'aux riches et à des taux bétonnés, vont bien. Tant mieux pour elles et pour nous par contrecoup.

Les bourses sont remontées un peu et le CAC40 sature entre 2200 et 2300 L'optimisme des ménages et des chefs d'entrerpise, qui écoutent beaucoup la presse, mais regardent aussi leurs carnets de commande, voit des frissonnements et expriment un soulagement, un epsilon d'optimisme par rapport au mois préciédent. A l'époque des nanotechnologies, des nano changements d'opinion, c'est important ?

A moins que ce ne soit la presse avec ses yeux d'insectes, qui ne voient que ce qui bouge, qui a changé de capteurs et voit de très petites choses se produire et en parle, avec sa loupe ou son microscope électronique habituel, qui propose des zooms impressionnants ?

Les lignes de montage de voitures sont toujours à l'arrêt et, comme Mai est un moi creux plein de jours fériés, surtout en france, LOL !, çà ne se voit pas trop car les RTT pétillent plutôt que le chomage technique. Les hauts fourneaux sont arrêtés, pour longtemps, pas très bon pour leur durée de vie, les cokeries, qu'on n'arrête encore moins volontiers, pour ne pas les fusiller ou les massacrer, sont non seulement ramentiée,s mais carrément laissées à refroidir.

Où est la reprise dans l'économie réelle ? Un petit rien ici et là, car les stocks sont arrivés à l'étiage, mais cela a-t-il pris 9 mois ? C'est bien mong 9 mois, quand on ne fait pas de bébé ?

Les faillites, les dépôts de bilan. Les gros qu'on sauve, ne pas oublier que la Maison Blanche devient ce week end un concessionniare GM, les petits qui décèdent au tributnal de comemrce, dans le silence. Boutiques, restuanats, PME... Le chomage qui monte. Les gros amas de chomeurs qui font du bruit, des manifs, des fêtes, !!!, et passent à la télé. Les petits chomeurs à la sauvette qui arrivent sur le marché du chomage, oh, quel gros mot, et qu'on ne voit point : les capteurs des microscopes de la presse ne sont pas encore assez puissants.

Les gros qui empreintent de l'argent pour embourser leurs emprunts qui arrivent à échéance. A noveau beaucoup de créativité financière pour récupérer quelques milliards là où les dettes sont 10 ou 50 fois plus grosses. Mais le vrai mot est braderie. Les actionnaires n'aiment pas trop, mais çà passe, car quelle autre alternative existe-t-elle ?

Cà va passer si la reprise survient dans moins d'un an. Sinon, c'est la catastrophe assurée. Comme en 1929 où une embellie come celle que l'on vit aujourd'hui c'était produite pour être suivie d'une chute sans fin. Rechute de tout, chomage massif, pas l'augmentation presque civilisée que l'on observe aujourd'hui. Sauve qui peut annoncé, si...

Evidemment, c'est une vision pessimiste. Beaucoup de gens pensent que la crise était d'abord financière et donc que çà va finir par redémarrer, çà ne peut pas durer indéfiniment, etc.

Du bon sens de comptoir, qui gêne un peu dans la bouche des économistes...

Je veux bien moi aussi pratiquer la méthode Coué, çà ne marche pas souvent, mais çà sert d'anesthésie.

Car je crains toujours que la cause profonde de la crise ne soit une accumulation de bulles de consommation et donc de production, poussée ou tirée par les bulles fiancières variées qu'on a mieux idéntifiées. Les marchés réels ont acheté et donc produit de la pacotille jusqu'à l'absurde. De mauvais produits, pas bons mais pas chers, dont les techniques de vente et de marketing créent l'envie chez le consommateur.

Une fenêtre pop up me proposait ce matin un vol pour Athènes de France, à 29€. Pourquoi pas de l'essence à 2 $ le barril ? De l'alcool distribué gratuitement aux enfanst dans les écoles ? Tout cela est-il raisonnable, durable ?

Bone chance à tous !

Que j'aie tord, tord, tord

lundi 13 avril 2009

Chasse aux idées, suite....

On a évoqué hier les fauteurs de crises pendus à la lanterne, comme perpective noire de la crise, si les choses continuent d'aller mal.

Comment d'ailleurs penser un seul instant que les choses vont aller mieux rapidement ? Fin 2009, début 2010, comme titre le monde pour la deuxième ou troisième fois ? Sur le foi des analystes financiers, dont le flair et la pertinence n'est plus à démontrer ??? 

L'annonce d'ArcelorMittal de fermer trois nouveaux hauts fourneaux pendant plusieurs mois, sans vision de les rouvrir au-delà de cette période, qui devient de facto reconductible, a déclenché une envolée du cours à la bourse de Paris, laquelle a aussitôt entraîné le CAC40 à la hausse. 

Ambiguïté de cette décision, qui valorise le fait de ne pas voir l'avenir à plus de quelques mois, le constat que la production d'acier en Europe s'est effondré de 50% (je dis "50%" !!!)... Bien sûr que l'entreprise n'a pas trop le choix, elle ne peut empiler des coils d'acier comme les gratte-ciels de ferraille de Wall-e : arrêter les outils de production est la seule façon de ne pas se ruiner. Mais les commentaires de la presse ont commencé à parler de risque de faillite de la plus grande entreprise sidérurgique du monde, comme on le fait depuis longtemps de l'industrie automobile, pourtant beaucoup plus mal gérée mais à laquelle elle est liée de façon structurelle. 

Donc, la bourse continue à fonctionner avec des réflexes automatiques, qui ne correspondent guère à l'analyse, même la moins imaginative, de la crise actuelle et qui ne donne pas sa chance à l'avenir. Replis frileux des traders, des analystes et des modèles sur ce que l'on croyait savoir, qui n'est plus vrai du tout, mais les réflexes fonctionnent encore... Comme un canard dont on vient de couper le cou et qui s'enfuit au bout de la basse-cour ! Une bourse écervelée ?

La lanterne donc, revenons-y. Ou à des substituts légaux d'icelle. 

En allant jouer dans un parc peuplé de balançoires et de toboggans et de gamins des quartiers pas très favorisés de la périphérie de ma ville, je suis frappé par le nombre de gosses en sur-poids, certains carrément obèses ! Ils mangent d'ailleurs des tas de trucs en jouant. 

Si on en croit médecins et diététiciens, cela va conduire à des maladies chroniques apparaissant très tôt et, in fine, à une espérance de vie de cette fraction de la population plus basse qu'aujourd'hui : la fin de la croissance, dans cet univers de la santé aussi ? 

Un jour, les marchands de barres chocolatées, de boissons chargées de sucres, seront appelés à rendre des comptes. Comme les marchands de cigarettes sont peu à peu amenés à payer pour les cancers du poumon dont ils sont la cause. Procès de Mars, des céréaliers, des restaurants de fast-foods... Ce seront les tribunaux, pas les altermondialistes de Roger Mauvais, qui s'en chargeront peut-être un jour. Avis aux analystes financiers... Quaks, à vos modèles !

Autre corporation, qui a des soucis à se faire, celles des publicitaires qui vendent ces rêves de sucres et de diabète associé aux gamins piégés devant leurs écrans de télé, dans les émissions de dessins animés qui peuplent le paysage audiovisuel le matin. Non seulement, leur responsabilité sera engagée, mais une partie de leur business s'évaporera ! 

Encore le marketing dévoyé, sans âme, et ses suppôts, communication et publicité, qui reviennent dans les rangs des mauvaises idées....

A suivre, encore...





dimanche 12 avril 2009

La chasse aux idées qui nous ont plombés...

Il y a le monde d'avant la crise et celui d'après la crise. Comme les anciens et les modernes. Les réactionnaires et les révolutionnaires. 

Le monde d'avant était peuplé d'idées fausses ou d'idées qui n'avaient pas la portée universelle capable de nous porter vers l'avenir durablement. Des fausses bonnes idées, comme il y en a tant. Mais des idées à la mode, populaires - en franglais, qu'on nous a vendues comme des évidences, à grand coup de suffisance, d'arrogance, d'hubris, et à grand renfort de techniques de bizutage, de non-dit et de çà-va-de-soi. Ces idées qui ont gonflé des bulles qui ont porté des nouveaux riches, qui ont tiré un temps la croissance mondiale, mais qui nous laissent sur la grève, maintenant que les bulles ont explosé et que le flux s'est retiré. Laissant certains sans autre recours que la grêve...

Partir en chasse à ces idées fausses est salutaire. 

Cela évite les chasses aux sorcières et aux boucs émissaires, comme celles qui sont conduites par certains démagogues et certains hyperdirigeants,  qui font du bien, celui d'être unis dans le malheur, les grands et les petits, les forts et les faibles, tous ramenés à la norme minimale et à la grisaille commune, mais qui n'aident guerre à imaginer autre chose, de nouvelles idées, des idées porteuses d'avenir, des idées à repousser le malheur. Et qui conduisent à des séquestration de dirigeants, pour commencer, et, peut-être bientôt, à la lanterne, carrément, ou débités en morceaux et décorant les piques et les grilles des lieux publics !

Cela nous inscrit dans une tradition culturelle, Flaubert, Brel et, tant qu'on n'y est, la Genèse, qui décidément a parlé de tout, pas seulement de la création du monde...!

Cela évite aussi la dérive actuelle de chacun d'entre nous, la presse comme les bloggeurs, ceux qu'on lit et ceux qu'on ne lit pas, pas encore, qui y vont de leur théorie systémique, celle qui explique les défaillances ayant engendré la crise par des explications sur les processus qui nous guident, comme si le monde était une entreprise adhérent aux normes ISO 9000, 14000 et les autres.  La crise financière, la crise de l'économie réelle, la crise des liquidités, la trappe aux liquidités, les subprimes, les fonds pourris, les outils dérivés, leur opacité - la théorie que je trouve la plus drôle, la plus incroyable, la plus sombre et la plus pessimiste sur l'homme ! -, le système de normes comptables internationales, la crise sociale, la crise politique,déjà là ou à venir, etc... 

Sauf une, bien sûr, la mienne, qui met en avant la bulle de consommation portée par un marketing dévoyé, vendant au consommateur qu'on hypnotise et qu'on soigne à coups de crédits faciles des produits sans finalités, sans contenus, sans qualité, dont il n'a pas vraiment besoin, ni même envie sans un peu de viagra publicitaire pour stimuler ses appétits... qu'on achète parce que les autres aussi les achètent, nous dit-on, et parce qu'on le peut, comptant ou à crédit. Laquelle bulle a éclaté, dans un effondrement digne de celui d'un trou noir, qui ferme les usines de voitures, les aciéries et les hauts fourneaux, pour suivre une chute de 50% de la production... 

J'ai déjà parlé des produits médiocres, comme tout ce que vend microsoft - je suis en train de me battre avec un word 2008 pour Mac, si lent que j'en oublierais ce que je veux dire !, comme les balckberry qui parlent français sans accents, comme les restaurants Buffalo Grill qui défigurent les paysages suburbains et présentent sur nos assiettes un pastiche de mal-bouffe qu'ils disent américaine (O Obama, déclare la guerre aux Buffalo Grills avant d'aller en Afghanistan, c'est peut-être plus important pour ton pays !), sans goût, même les frites sont ratées, il faut le faire - et cela en dit long sur la possibilité de faire avaler aux clients de la bouffe pour chat et de les faire payer encore trop cher à la sortie !!!

Donc revenons aux mauvaises idées, celles qui ont conduit à faire pousser ces bulles et conduit à ce débordement de mousse qui nous entraîne vers les cuviers d'Augias puis a explosé...

Au hasard, sans ordre, pas de théorie ni de classement systémique encore, observons, la méthode expérimentale n'est pas encore dans la liste des ces idées toxiques.

La fascination de la minceur que vendent les magazines féminins et aussi masculins maintenant, ceux qui parlent, démagogiquement, au côté féminin de l'homme. Ce goût pour les filles anorexiques, ces waifs qui peuvent s'habiller en 36 et qui fascinent les "grands" couturiers, qui tiennent debout par la force de maquillages de belle au bois dormant plus que par la force de leurs muscles atrophiés, sortes d'enfants sexués faisant appel au côté pédophile de qui d'ailleurs ? Les belles femmes relèvent d'une autre alchimie, celle de la jeunesse, du tonus, de l'insouciance, des phéromones qu'on capte au passage et qui n'imbibent pas encore les pages glacées - au sens propre et figuré - des journaux et des mensuels.  Sans phéromones, des peintres doués les ont d'ailleurs saisies sur la toile, Rubens ou Véronese ou Ingres ou Picasso... 

Derrière ce mythe, qu'on travaillé les psychanalystes de la mode, se cache une collusion de vendeurs de rêve, des rêves basiques et reptiliens, et des marchands, avec tout un monde interlope de communicants et de journalistes qui servent la soupe et lient la sauce. On est loin de la presse, cinquième pouvoir ! 

Cà se résume assez bien par le mot de marketing !

Il y a aussi des mots attrape-tout, comme celui de créatifs. 

Ceux qui se donnent ce nom, les créatifs de la publicité et de la com' par exemple. Qui oublient qu'ils sont à la création, celle des artistes des arts plastiques, ce que la "science" du management est à l'économie ou l'astrologie à l'astronomie... Ce sont des outils, des moyens, des véhicules, des serviteurs.

Ou comme ce banquier, qui refuse un crédit à une styliste talentueuse que j'aime bien, sous prétexte que son activité n'est pas créative.  Curieux exercice de renversement du sens des mots, qu'on chausse comme une chaussette à l'envers, sans probablement s'en apercevoir... La créativité, est, j'imagine selon lui, les nouvelles technologies, nouvelles depuis si longtemps, explosées dans tant de bulles passées et à venir, devoiement des mots pour appeler la soupe, les financements, les crédits, l'image d'une modernité d'avant... 

Autre idée fausse, celle du ROI, le retour sur investissement qu'on a imposé dans les entreprises à 15% ou plus depuis 10 ou 15 ans.  Comme si l'économie croissait à 15%... Ou l'avait jamais fait, même dans le "miracle " de la Chine ! A moins, que consciemment, on ait compris que ces 15% étaient prélevés dans la poche des salariés d'une part et des générations futures  d'autre part ; sans parler du tiers-monde, qu'on vole sans vergogne, sans en avoir conscience (??) et sans en parler ! Un vol à la tire spatio-temporel !  Une version à l'envers du développement durable,  de ce mot attribué à Saint Exupéry, la planète n'est pas un héritage que l'on reçoit de ses ancêtres, mais qu'on empreinte à ses enfants !

Ces mythes de managers, enfouis dans des discours technocratiques sur la création de valeur, le temps de retour sur investissement... Le dernier en date parle de variabilisation des coûts fixes... rappelez-vous la titrisation des risques... On pourrait presque repérer les idées fausses à la voix qu'elles empreinte, aux combinaisons de mots qu'elles associent !

Tout commentaire est le bienvenu, pour compléter cette liste dont ceci n'est que le commencement...!

A suivre, si le temps ne me manque pas.

samedi 11 avril 2009

Rupture de miroirs et marche forcée vers le Léthé

Journées difficiles pendant lesquelles j'ai encore effacé une partie de ce qui restait de mes parents dans notre monde physique. 

Une équipe de déménageurs est venu vider, démonter et emballer le contenu de leur appartement d'Evry. Le cadre dans lequel ils fonctionnaient, le décors de leur vie quotidienne a disparu en quelques heures, dans des cartons, des feuilles de plastique à bulles et des noeuds de ficelle grâce aux gestes rapides, précis et répétitifs du déménageur chargé de préparer l'expédition. 

Le soir même tout se résumait à des empilements de cartons bruns ceinturés de bande adhésive de même couleur et à des meubles emmitouflés dans les feuilles à bulle. Répartis dans un curieux capharnaüm, qui mettait à nu les murs des pièces qu'on n'avait plus vus depuis au moins trente ans. 

Seule vie dans ce passé en cours d'effacement, Naomi, assise à même le parquet, entourée des jouets qu'elle avait apportés avec elle et qui continuait à façonner son présent en jouant, comme d'habitude. Inconsciente du contexte inhabituel et bizarre, et évitant aux autres de se perdre dans la contemplation morbide de cette fin d'un monde.


Une nuit dans les lits pas encore démontés, puis une équipe de solides Déménageurs bretons, noire, blanche, beurre, LOL!, s'est emparé de ces objets en nombre fini qui résumaient la vie de mes parents, et les a descendus dans l'escalier en colimaçon pour en remplir, en deux heures, un camion.  Deux heures simplement, et, à la sortie, un demi-camion de colis compacts, calés et encordés pour effectuer le voyage vers la Creuse. 

Encore plus vite, encore plus dense, encore plus compact. Une vie en 20 m3 !

Victoire de l'entropie, triomphe du désordre, la complexité d'une vie s'enfonce dans le passé et ne subsiste plus que comme des traces dans nos souvenirs ou des images sur le disque terabit.  

Un espace de vie, une écologie familiale se transforme en boites empilées  comme le jeu de lego des enfants qu'on démonte le soir pour que ses briques rentrent dans leur boite. Ils vont rejoindre l'ADN, qui est en train de disparaître complètement dans les cercueils d'Anzême, peu à peu, sauf la version subtilement différente qui subsiste dans mes veines et celles de mes enfants et de leurs enfants. 

Vie éphémère, qui tient tête si longtemps au chaos, en se maintenant grâce à l'énergie qu'elle vole à l'univers, le temps de créer des réseaux, une famille, des lieux de vie, mais qui retourne au chaos quand le temps appelle, tel le démon de Faust ou la statue du commandeur de Don Juan.  

Rendant à l'univers les atomes qu'ils vous a prêtés et donnant à d'autres le droit de piller l'énergie de la nature pour que la vie se perpétue. 

Ce miracle de la vie comme un vaisseau au long cours qui coule sur le fleuve du temps et échappe au vieillissement de l'univers grâce à ces étincelles de vie qui se succèdent si vite au gouvernail et aux machines !

Le miroir que mes bretons brisent en le démontant, parce que la mémoire technique de la façon dont il était fixé leur a échappé, symbolise un retour au chaos encore plus rapide. Des fragments de matériaux et non plus un miroir complexe qu'il est encore possible de reconstruire ailleurs, identique à lui-même. Son intégrité, son essence même, effacées par un geste brusque et non contrôlé. L'ignorance, la non-information au service du chaos, par les gestes de ces déménageurs de l'entropie ! 

La passage consommé vers le futur, sans retour possible vers le passé, rupture d'un miroir semblable aux ruptures de symétrie qui on ponctué la vie du cosmos et instauré l'irréversibilité de la flèche du temps.

Déménageurs bretons, je vous donne ce nom de déménageurs de l'entropie, que votre métier mérite, même si les hommes qui le perpétuent ne brisent aucun miroir. Vous êtes les Charons du Styx, qui emmenez les gens vers l'aval de leur vie et les générations vers leur propre vie consubstantielle à mais séparée de celle des ancêtres.  Vous les passeurs vers l'oubli du Léthé. 

Le lendemain, tout se retrouve à Anzême. Dernier carré où subsiste encore pour quelques temps la mémoire matérielle de mes parents. Les caisses et les meubles empilés, un autre verre brisé, résultat, toujours, de l'ignorance qui travaille au retour de l'informe. 

Et nous fermons la maison, en y arrêtant toute vie, d'eau et d'électricité, pour repartir dans nos vies normales, abandonnant une nouvelle fois mes parents dans leur univers qui se contracte et disparaîtra peu à peu, mais qui le fera définitivement, quand moi et les miens disparaîtrons à notre tour.