C'est assez lunaire ce qui se passe dans l'actualité.
D'un côté, un volcan islandais a paralysé le transport aérien pendant 5 jours. Pour des raisons pas très claires, en tout cas pas très bien expliquées par la presse, l'espace aérien européen a été complètement fermé. A quelques aéroports près, comme celui d'Auxerre, qui avait dû être oublié pendant quelques jours par les régulateurs - un préfet parti en vacances par exemple.
De l'autre, "tout le monde" s'interroge, comment est-ce possible, en 2010, avec toute notre technologie, etc. "Que fait donc le gouvernement", etc. encore. La radio et la télévision ont mis quelques temps à s'organiser pour proposer des clés de compréhension. Ils ont organisé tout de suite des émissions dédiées à cela, mais la clarté a mis plus de temps à se faire... D'abord on a parlé des Français les français expatriés - pour des vacances ? - qui ne peuvent pas rentrer en avion et "galèrent" au bout du monde. On ne sait d'ailleurs pas si ils sont 50.000 ou 150.000, un détail, les chiffres sont difficiles à gérer dans la communication classique. On se fiche pas mal aussi des non-français et on diffuse des micro-trottoirs où les gens sont vraiment choqués d'être perdu au bout du monde, de devoir payer des hôtels et des restaurants, et que personne ne leur explique rien... Ensuite on a convoqué des experts pour leur faire expliquer en un quart d'heure, une heure parfois, pourquoi et comment, à propos des volcans, de la météo, des avions, des réacteurs qui s'arrêtent – bloqués par de la poussière ou de la silice qui fond on ne sait pas trop, des risques pour la santé, des risques, des risques, que personne n'arrive semble-t-il à évaluer, à appréhender, à définir. Des gens plus sensés que d'autres se demandent d'ailleurs si la notion de risque a un sens dans ce cas ?
Des risques, des responsables, des gens qui les acceptent ou les refusent, selon ce qui les arrangent, un ministre - Kouchner, pas moins ! - qui déclare qu'on ne peut pas se permettre de prendre le moindre risque. Et hop, on reparle du principe de précaution !
Cela fait suite à cet épisode sordide où une grande marée a piégé 50 personnes dans des maisons inondées en France - oui en France, au 21è siècle, etc. voir plus haut ! - et ils y sont morts. Court débat sur le risque, encore lui. Le gouvernement, qui doit résoudre tous les problèmes c'est bien connu, décide donc de rappeler les maisons construites là où il ne fallait pas, un peu comme
Toyota rappelle des voitures qui ne freinent pas. Et les propriétaires (une catégorie globale citée par la presse sans qu'on sache bien de qui il s'agit) de hurler au nom de leur liberté de construire là où ils veulent.
En gros tout le monde dit tout et n'importe quoi, du citoyen au ministre, avec la part du roi aux journalistes, si persuadés qu'ils doivent informer vite et tout le temps, qu'ils diffusent une pensée de moineaux à leurs auditeurs. Comparaison peut-être injuste pour les moineaux !
5 jours après, on commence tout juste à entendre que le volcan émet ses cendres par bouffées, donc pas de dispersion continue d'un panache, mais de petits nuages qui se succèdent, comme des bulles de fumée sortant de la bouche d'un drogué de la cigarette. Que la taille et la concentration des poussières varie, que celles qui voyagent loin sont microniques (1 µm ou 0,1 µm ???), qu'on n'a pas vraiment d'outils pour mesurer les concentrations de si petites particules - ce qui n'est pas exact dans l'absolu, beaucoup de labos sont équipés, mais cela demanderait sûrement pas mal de travail pour passer à une échelle convenable - le nuage ayant été dispersé sur toute l'Europe au nord des péninsules méditerranéennes. On nous a même montré une carte du nuage, ombré en concentrations, sur le IHT d'aujourd'hui...! C'est presque de la science !
Donc, la vérité, c'est qu'on ignore beaucoup de choses et qu'il faut un certain temps pour mobiliser ce que l'on sait, créer de nouvelles connaissances et transformer le tout en réactions, décisions, plan d'action. Dans le cas de l'épidémie de la vache folle, il a fallu 2 ou 3 ans pour reconstituer la chaine des causes, imaginer des parades et mettre en place des mesures qui ont effectivement fait disparaître le problème, sans que le tiers de la population britannique de meure de Kreuzfeld Jakob.
Le scandale n'est pas tant que l'on ne peut pas fabriquer des réponses à des questions très difficiles en quelques heures, mais que "les gens" pensent que c'est possible, que ce devrait être possible. Les gens, à nouveau, on ne sait pas trop qui c'est, car c'est le discours débilitant qui coule des radios en continu qui leur donne la parole. Je les soupçonne de répondre aux questions qu'on leur pose, pas de réfléchir devant un micro… D'ailleurs qui peut réfléchir sur l'étendue de ce qu'on ne sait pas en quelques secondes de prise de parole ?
L'autre scandale, c'est qu'on vit en flux tendu, comme Toyota. On part en vacances au bout du monde, 10.000 km, pendant 5 jours et 6 nuits, et tout est minuté pour revenir quelques heures avant la reprise du travail. Ou on va en réunion à Tokyo, pour 24 heures, avant une autre réunion à Paris et avant de remonter dans un avion pour le Brésil. Tout cela rythmé par la musique qui coule dans les écouteurs d'un iPod, les dizaines de méls qui tombent chaque jour… Si un avion manque, on prend le suivant, si deux avions manquent, si trois avions manquent, etc. , c'est un problème de logistique au niveau mondial, une espèce d'embouteillage comme ceux qui congestionne les autoroutes urbaines tous les soirs et tous les matins, mais mutatis mutandis.
Ce n'est d'ailleurs que l'écume des choses, les loisirs, car les objets qui voyagent aux quatre coins du monde ne le peuvent plus et d'autres chaînes logistiques se bloquent. L'instantanéité va de pair avec la mondialisation, qui va de pair avec le fait que les consommateurs ont pris l'habitude de payer le moins cher possible, ce qui se traduit par beaucoup de transports et de voyages, car les gradients de coûts de revient sont immenses dans le monde. Plus de transports aériens (aujourd'hui), ou plus de crédits (hier, la crise de 2008) et tout se bloque.
Les grosses machines, quand elles s'arrêtent, sont difficiles à redémarrer. Cela prend du temps, des années dans le cas de la crise.
Le scandale suivant est que les gens vers lesquels on se tourne pour "décider", "faire quelque chose", ne sont pas en capacité de le faire et n'en conviennent pas. Si je décide, alors que je ne sais pas, je suis dans une situation absurde. Mais Kouchner a-t-il reconnu qu'il était dans une situation absurde ? Les journalistes disent-ils qu'ils ne comprennent rien à ce qui se passe ? Les experts refusent-ils de répondre aux questions qu'on leur pose et insistent-ils pour les reformuler plus raisonnablement ? Non, non, non, et non !
Il y a quand même le fameux principe de précaution, qui dit que si on a le moindre doute, il faut tout arrêter. Un principe de droit international, qui n'en est d'ailleurs pas un, une logique qui permet de "communiquer" quand la bonne logique, l'honnête logique serait de dire qu'on ne sait pas. Le principe ne dit pas de tout arrêter, mais de s'abstenir. Si on s'abstient, dans nos systèmes si complexes, si tendus, si globaux, cela revient souvent à arrêter beaucoup de choses, donc à agir au-delà de ce qu'on comprend et qu'on veut réguler.
Le vrai principe de précaution, ce n'est pas d'agir à chaud, n'importe comment, c'est de se préparer à l'incident, d'anticiper avec des plans de prévention, des recherches conduites assez tôt, une culture du risque qui soit travaillée et acceptée. Les gens acceptent le risque quand ils montent sur leurs motos, quand ils mettent leurs gosses dans une voiture pour partir la nuit en vacances, quand ils construisent des immeubles de grande hauteur accrochés à des harnais (ou pas !), etc.
On n'est pas obligé de devenir des couards ou des froussards pusillanimes, incapables de gérer les problèmes, assez mineurs quand même, qui troublent la régularité et la célérité de notre fuite en avant! Il suffit de penser que nous autres, civilisations, sommes mortelles, comme les hommes et les femmes le sont. Et avant de mourir on tombe souvent malade et cela se traite la plupart du temps avant une issue fatale!
mercredi 21 avril 2010
dimanche 14 février 2010
Identité nationale, mon débat à moi
A propos du débat sur l’identité nationale, lancée par le gouvernement et le Ministre Claude Besson.
Je n’aime pas bien être interpelé, en tant que citoyen, sur des sujets qui ont l’air sérieux mais qui sont manipulés par des hommes politiques plein de morgue et d'intentions partisanes. M. Besson ne me paraît un maître à penser suffisamment convaincant, par l’exemple qu’il donne et a donné, pour choisir les termes d’un débat qu’il entend imposer à la communauté nationale française… "Besson, le félon", comme disait le Canard quand il a rejoint l'UMP !
Mais on peut néanmoins reprendre les mots qu’il a assemblés et voir où ils peuvent mener dans une réflexion personnelle.
Identité, mon identité. Que suis-je ?
Je suis moi, unique, secret avec mes joies et mes peines, les raisons de l’investissement de mon temps, de mon énergie, de ma loyauté à des gens, des activités et des causes, de mes rêves et de ceux auxquels j’ai renoncés. Rien de très national là-dedans !
Je suis aussi un mari, un père, j’ai été un fils, je suis un homme de mon entreprise, je suis un chrétien. C’est mon jardin privé, je n’ai pas envie de parler de tout cela dans un débat public. Pas avec M. Besson en tout cas. Mais c’est certainement le cœur de mon identité. Dans ma vie professionnelle, je déclare à tout bout de champ, I am JPB from ArcelorMittal. Dans ma vie publique et familiale, je me définis comme le mari de ma femme, qui, elle, porte mon nom, échange.
Si je pense géographie et culture, que dis-je, vraiment, spontanément ?
Je suis le père de deux enfants, qui sont citoyens américains et français. C’est assez fascinant d’avoir engendré deux américains, moi le parisien, c’est beaucoup plus fort que la biologie, que le mélange des gènes !! C’est aussi un peu hors sujet, un peu dérisoire ? Non qu’il soit plus dérisoire d’être américain que d’être français, mais cela est une réalité d’une autre nature que le grand mystère de la perpétration de la vie, de l’espèce.
Je viens de me définir comme parisien, pourquoi n’ai-je pas dit creusois, comme cela m’arrive souvent de le faire, ou lorrain ? Je suis ces trois choses en même temps, je détiens ces trois passeports. Des passeports qui n’existent que dans ma tête d’ailleurs.
La Région me paraît une vraie source d’identification et d'identité. C’est à cette échelle que les relations sont humaines et simples. On y parle des vrais sujets qui font la vraie vie, on y partage des objectifs, des envies, des solidarités, des valeurs peut-être, si ce mot n’est pas trop galvaudé. On y échange de la gratuité. Il y a beaucoup de non-dit entre les différents acteurs, qui n’existent pas aussi fortement dans une entreprise, surtout si elle est mondiale, ni au niveau national où le pouvoir a été confisqué par des surdoués qui ont utilisé la démocratie pour le conquérir, mais pas pour la mettre en œuvre et m’y représenter à un niveau qui fasse sens pour moi ; surdoués, çà se discute, car l’intelligence n’est pas que le QI habituel. Besson en a certainement un trop plein, mais son intelligence émotionnelle est proche de l’autisme.
Je suis aussi européen. Je dirige un programme européen, un des plus gros qui existe en R&D de mon domaine d’expertise. On s’y rencontre, on y dialogue, on y travaille ensemble, on mange ensemble, on rit ensemble. Comme des européens, qu’on soit suédois, français, anglais écossais, autrichiens, hollandais, norvégiens, italiens, belges, grecs, finnois, allemands, espagnols… Efficace, intense, agréable dans l’effort et dans la qualité des échanges intellectuels. Avec beaucoup de respect mutuel.
We, in Europe, me suis-je entendu dire avec étonnement il y une trentaine d’année sur un podium en Corée et, depuis, c’est devenu pour moi une déclaration naturelle, réflexe.
Je suis aussi français.
Je parle français aussi bien que d’autres langues. J’aime parler français à Montréal, mais aussi à Londres, ce qui m’est arrivé il n’y a pas longtemps dans une réunion ds syndicats européens. Avec mes compatriotes, c’est en français que l’échange peut descendre au niveau de subtilité que les vrais échanges exigent, mais avec des Américains ou des Anglais c’est en Anglais que j’y parviens.
Je suis moins ce que j'ai été, que ce que je suis et que je construis, que je serai. Même à 62 ans, je suis en devenir et c'est cela mon identité, un flux, quelque chose qui n'existe pas encore complètement. Quad cela cessera d'être, je serai bon à ranger dans les bibiothèque, une nature morte bonne pour le cimetière.
Evidemment, je n'ai parlé que de mon identité, pas de l'identité nationale.
L'identité nationale existe-t-elle au-delà de celle que perçoit chacun d'entre nous ? Y-a-t-il une colline inspirée qui transcende les êtres et y concentre cette essence-là ? Probablement, j'en ai moi même parlé à satiété dans mes cours "d'interculturel", mais cette colline n'est pas seule, c'est une chaine de montagnes où les collines se juxtaposent. La colline française n'existe que parce que les autres collines existent, la chevauchent ou la dominent et parce que je parcours, nous parcourons tous toutes ces collines. Comment en isoler une seule ?
Et, au risque de me répéter, ce n'est pas tant le passé, la trace temporelle de ces collines dans l'histoire qui est importante, c'est celle que je vis et qui me sert de vaisseau sur le fleuve du temps, celui de l'histoire à venir, à construire...
Dans ce domaine, ce qui me parait le plus important, aujourd'hui et pour longtemps, c'est ma planète - ma vraie identité nationale. Mieux qu'une colline, non ? Une planète qui va emporter mes enfants, mes petits enfants, les générations futures comme disent les écolos désincarnés, vers un avenir que nous leur avons déjà en partie volé. La crise économique a une analogie physique et pas du tout virtuelle, dans laquelle l'humanité vit à crédit sur l'avenir, avec une empreinte planétaire plus grande que la planète et une année planétaire qui s'arrête en septembre, mois après lequel on vit de temps à venir.
Et, au lieu de s'y préparer, de prendre des mesures nécessaires et même complètement indispensables, on disserte pour savoir si une coquille dans le dernier rapport paru du GIEC* ne discrédite pas les 2000 autres pages.
Dans les années 50, aux Etats-Unis, on faisait faire aux enfants des écoles des exercices de survie, en cas d'attaque atomique: ils devaient apprendre à plonger sous leurs tables de classe et mon épouse, 50 ans après, le ressent encore comme un traumatisme, une angoisse profonde que l'état a enfoui dans l'inconscient de ses citoyens. Aujourd'hui, nous nous précipitons vers des catastrophes dont on n'a pas encore pris la mesure et on ne s'y prépare pas, même pas en apprenant à plonger sous les tables. Ce qui attend la planète entière, c'est le désastre qu'on a contemplé le coeur gros, mais les fesses bien au chaud dans les fauteuils de cuir de nos salons, en Haïti, si loin de nous.
Mon identité nationale, c'est Gaïa, et j'aimerais bien qu'elle garde une niche écologique pour les générations futures... celles des hommes bien sûr ! **
* la coquille sur la disparition des glaciers de l'Himalaya avant 2050... 3 pages de polémique sur ce sujet dans le Monde du 14 février, comme si ce journal équilibré avait eu son coup de folie et était entré dans le relativisme débridé, celui où tous les discours ont la même valeur, la même importance, la même charge de vérité !
** L’humanité disparaîtra, bon débarras… Yves Paccalet, Arthaud, 2006
Je n’aime pas bien être interpelé, en tant que citoyen, sur des sujets qui ont l’air sérieux mais qui sont manipulés par des hommes politiques plein de morgue et d'intentions partisanes. M. Besson ne me paraît un maître à penser suffisamment convaincant, par l’exemple qu’il donne et a donné, pour choisir les termes d’un débat qu’il entend imposer à la communauté nationale française… "Besson, le félon", comme disait le Canard quand il a rejoint l'UMP !
Mais on peut néanmoins reprendre les mots qu’il a assemblés et voir où ils peuvent mener dans une réflexion personnelle.
Identité, mon identité. Que suis-je ?
Je suis moi, unique, secret avec mes joies et mes peines, les raisons de l’investissement de mon temps, de mon énergie, de ma loyauté à des gens, des activités et des causes, de mes rêves et de ceux auxquels j’ai renoncés. Rien de très national là-dedans !
Je suis aussi un mari, un père, j’ai été un fils, je suis un homme de mon entreprise, je suis un chrétien. C’est mon jardin privé, je n’ai pas envie de parler de tout cela dans un débat public. Pas avec M. Besson en tout cas. Mais c’est certainement le cœur de mon identité. Dans ma vie professionnelle, je déclare à tout bout de champ, I am JPB from ArcelorMittal. Dans ma vie publique et familiale, je me définis comme le mari de ma femme, qui, elle, porte mon nom, échange.
Si je pense géographie et culture, que dis-je, vraiment, spontanément ?
Je suis le père de deux enfants, qui sont citoyens américains et français. C’est assez fascinant d’avoir engendré deux américains, moi le parisien, c’est beaucoup plus fort que la biologie, que le mélange des gènes !! C’est aussi un peu hors sujet, un peu dérisoire ? Non qu’il soit plus dérisoire d’être américain que d’être français, mais cela est une réalité d’une autre nature que le grand mystère de la perpétration de la vie, de l’espèce.
Je viens de me définir comme parisien, pourquoi n’ai-je pas dit creusois, comme cela m’arrive souvent de le faire, ou lorrain ? Je suis ces trois choses en même temps, je détiens ces trois passeports. Des passeports qui n’existent que dans ma tête d’ailleurs.
La Région me paraît une vraie source d’identification et d'identité. C’est à cette échelle que les relations sont humaines et simples. On y parle des vrais sujets qui font la vraie vie, on y partage des objectifs, des envies, des solidarités, des valeurs peut-être, si ce mot n’est pas trop galvaudé. On y échange de la gratuité. Il y a beaucoup de non-dit entre les différents acteurs, qui n’existent pas aussi fortement dans une entreprise, surtout si elle est mondiale, ni au niveau national où le pouvoir a été confisqué par des surdoués qui ont utilisé la démocratie pour le conquérir, mais pas pour la mettre en œuvre et m’y représenter à un niveau qui fasse sens pour moi ; surdoués, çà se discute, car l’intelligence n’est pas que le QI habituel. Besson en a certainement un trop plein, mais son intelligence émotionnelle est proche de l’autisme.
Je suis aussi européen. Je dirige un programme européen, un des plus gros qui existe en R&D de mon domaine d’expertise. On s’y rencontre, on y dialogue, on y travaille ensemble, on mange ensemble, on rit ensemble. Comme des européens, qu’on soit suédois, français, anglais écossais, autrichiens, hollandais, norvégiens, italiens, belges, grecs, finnois, allemands, espagnols… Efficace, intense, agréable dans l’effort et dans la qualité des échanges intellectuels. Avec beaucoup de respect mutuel.
We, in Europe, me suis-je entendu dire avec étonnement il y une trentaine d’année sur un podium en Corée et, depuis, c’est devenu pour moi une déclaration naturelle, réflexe.
Je suis aussi français.
Je parle français aussi bien que d’autres langues. J’aime parler français à Montréal, mais aussi à Londres, ce qui m’est arrivé il n’y a pas longtemps dans une réunion ds syndicats européens. Avec mes compatriotes, c’est en français que l’échange peut descendre au niveau de subtilité que les vrais échanges exigent, mais avec des Américains ou des Anglais c’est en Anglais que j’y parviens.
Je suis moins ce que j'ai été, que ce que je suis et que je construis, que je serai. Même à 62 ans, je suis en devenir et c'est cela mon identité, un flux, quelque chose qui n'existe pas encore complètement. Quad cela cessera d'être, je serai bon à ranger dans les bibiothèque, une nature morte bonne pour le cimetière.
Evidemment, je n'ai parlé que de mon identité, pas de l'identité nationale.
L'identité nationale existe-t-elle au-delà de celle que perçoit chacun d'entre nous ? Y-a-t-il une colline inspirée qui transcende les êtres et y concentre cette essence-là ? Probablement, j'en ai moi même parlé à satiété dans mes cours "d'interculturel", mais cette colline n'est pas seule, c'est une chaine de montagnes où les collines se juxtaposent. La colline française n'existe que parce que les autres collines existent, la chevauchent ou la dominent et parce que je parcours, nous parcourons tous toutes ces collines. Comment en isoler une seule ?
Et, au risque de me répéter, ce n'est pas tant le passé, la trace temporelle de ces collines dans l'histoire qui est importante, c'est celle que je vis et qui me sert de vaisseau sur le fleuve du temps, celui de l'histoire à venir, à construire...
Dans ce domaine, ce qui me parait le plus important, aujourd'hui et pour longtemps, c'est ma planète - ma vraie identité nationale. Mieux qu'une colline, non ? Une planète qui va emporter mes enfants, mes petits enfants, les générations futures comme disent les écolos désincarnés, vers un avenir que nous leur avons déjà en partie volé. La crise économique a une analogie physique et pas du tout virtuelle, dans laquelle l'humanité vit à crédit sur l'avenir, avec une empreinte planétaire plus grande que la planète et une année planétaire qui s'arrête en septembre, mois après lequel on vit de temps à venir.
Et, au lieu de s'y préparer, de prendre des mesures nécessaires et même complètement indispensables, on disserte pour savoir si une coquille dans le dernier rapport paru du GIEC* ne discrédite pas les 2000 autres pages.
Dans les années 50, aux Etats-Unis, on faisait faire aux enfants des écoles des exercices de survie, en cas d'attaque atomique: ils devaient apprendre à plonger sous leurs tables de classe et mon épouse, 50 ans après, le ressent encore comme un traumatisme, une angoisse profonde que l'état a enfoui dans l'inconscient de ses citoyens. Aujourd'hui, nous nous précipitons vers des catastrophes dont on n'a pas encore pris la mesure et on ne s'y prépare pas, même pas en apprenant à plonger sous les tables. Ce qui attend la planète entière, c'est le désastre qu'on a contemplé le coeur gros, mais les fesses bien au chaud dans les fauteuils de cuir de nos salons, en Haïti, si loin de nous.
Mon identité nationale, c'est Gaïa, et j'aimerais bien qu'elle garde une niche écologique pour les générations futures... celles des hommes bien sûr ! **
* la coquille sur la disparition des glaciers de l'Himalaya avant 2050... 3 pages de polémique sur ce sujet dans le Monde du 14 février, comme si ce journal équilibré avait eu son coup de folie et était entré dans le relativisme débridé, celui où tous les discours ont la même valeur, la même importance, la même charge de vérité !
** L’humanité disparaîtra, bon débarras… Yves Paccalet, Arthaud, 2006
mercredi 28 octobre 2009
Ecuador, je t'adore... up to a point!
South America is not entirely in the Southern hemisphere! 7 countries out of 14 are actually fully or partially in the Northern one. The Earth, as a top, is heavy on its top, ;-) Paradise has a tropic, like a magnet, the North given to trees, and grass and animals - and man, and the South to the fish...
.../...
Time warp...
I am back where I was yesterday, at Quito airport, hoping that I will get out of that time wrap and excape back into my normal life. With one less day with Naomi and Melissa… Time is not money, time is love!
Beautiful day today in the middle of the world. Clear skies with pretty, white lamaish clouds. The Pachincha peak peeked at us for the first time this morning, abandonned by its scarf of fog. Dry, no snow, still too early to have it covered with that glorious white cap that is the symbol of Quito pictures.
This extra day in Ecuador gave me several opportunities for unvaluable experiences.
First I discovered how unhelpful and grouchy airline people can be when they really don’t care about their passengers. Avianca was the worst as they took revenge on the fact that I had separate tickets on Air France and their airline. They more or less told me to take care of my ass by mysell! From such a cute and pretty girl! I did, bugged the ILAFA people, who by now think I have a maledicition following me, and ended up at Air France’s offices on the 11th floor of a plush highrise, glassed business buidling. They issued me a new ticket but did not bother to give me a seat number!!
Then I went cruising around in the city on foot, with no money. Took grafiti pcitures, quite stylish with hands and feet doing some kind of dance. And arrived at the Archeological museum, that is carred for by the Central bank, why not? Hey, but how do visit a museum without money? Since so many people are panhnadling in the city - actaully not quite, theu sell things, food or small useful stuffs like pelehon cords, I just went to the desk and told then I did not have any money. Not necesseily credible, with my foreigner’s look (quote, unquote!), but anyway he understood my broken Spanish and asnwerred in perfect English that it wa sright, I could look at the museum.
What a treat! The most impressive was the section on the very many cultures that grew in Ecuador since the paleolithic (15000 BC?) and until the invaders came in and messed up everything, the Inca first in the 15th century and the Spanish (actually in the singular, as Pisar defeated the Inca army with just 12 soldiers!!!) only one century later. If you are familiar with Le Temple du Soleil, well you are aware of most of the artifacts produced by these coastal and mountain cultures. I can’t quote them all without my book, but one of them was called Las Vegas.
Mostly earthware, all kinds of pots with the design of animals or people. Sometimes men holding proudly they slightly oversized penis up to the sky, and rubbing!
The third experience was the gala dinner, one of these things that steel executives like to organize to recover from the light agenda of the meeting that they suffered through for a day and a half. Pretty good food, local wine (from a bit further south though, Chili or Argentina). And a show of dances and songs and music which was the pretext for not engaging in too much conversation with the strange people, nice enough though, who were sharing my table, one of 50!
Music was initially Andean, there are indeed Andean bands everywhere - and all the time, actually, in restaurants, hotels, etc, you’d think you are in the Paris Metro! But the most interesting were the dances, where they actually put up shows where death was more or less always present, and work (in the fields) and the rivalry between men to catch the women and the women dancing around in very formalized steps to raise sexual tension. Quite touching and very good taste, nothing raunchy or whatever, there. We were all rounded up in a tytransparent steel building from 1899 that was a kind of replica of the old Paris Food Market (les Halles). The building was on a hill overlooking the city, why showed for what it is, a huge saddle on which roads and houses extend on both sides of the mountians, vulcanos and far into the flat middle. Quite magic in the night!
Bits and scraps from a week's stay in Quito, invited for giving a keynote lecture at the ILAFA annual conference, which changes venue every year, from mexico to Argentina. I got a bit distracted by the clever robbery, which separated me from my camera, my medecines, and about 2000 € worth of stuff that you I carried around within even thinking of it. Took a while to rebuild my wealth, a bag, a coat, another camera, - a smaller one, and medecine. All time consuming although it truned out to be another way of seeing a far away country.
The cherry on the cake (the frosting on the cake?) was the helicopter crash that closed the airport on me and made me miss my flight back to France. 24 extra hours that I was given to "enjoy" more of Ecuador, a drop in the cosmic Ocean of time but a big piece of sand that got my schedule stuck and messed up, this stupid tight schedule that I maintain, God knows why...
Bits and scraps from a week's stay in Quito, invited for giving a keynote lecture at the ILAFA annual conference, which changes venue every year, from mexico to Argentina. I got a bit distracted by the clever robbery, which separated me from my camera, my medecines, and about 2000 € worth of stuff that you I carried around within even thinking of it. Took a while to rebuild my wealth, a bag, a coat, another camera, - a smaller one, and medecine. All time consuming although it truned out to be another way of seeing a far away country.
The cherry on the cake (the frosting on the cake?) was the helicopter crash that closed the airport on me and made me miss my flight back to France. 24 extra hours that I was given to "enjoy" more of Ecuador, a drop in the cosmic Ocean of time but a big piece of sand that got my schedule stuck and messed up, this stupid tight schedule that I maintain, God knows why...
samedi 10 octobre 2009
De profundis socialisti!
Je me demande si le parti socialiste ne vient pas de perdre un électeur de toujours. Moi, bien sûr ! Les déclarations de Vals et Hamond sur Mitterand dégagent des odeurs de défectation et de vomis, qui me confirmeraient que toute fréquentation du pouvoir conduit à une morale et une éthique trouble, voire absente.
Comme si le pouvoir, tel l'économie libérale, trouvait sa propre justification dans son exercice, sans référence à aucune règle lui imposant un cadre ou une contrainte. En économie, les théoriciens ont au moins le prétexte d'un théorème qui, avec beaucoup d'hypothèses tirées par les cheveux, "démontre" que le bien commun est au bout d'un libéralisme bien compris et bien débridé. En politique, le théorème semble être que pour prendre le pouvoir, tout est bon, y compris de marcher dans les fientes du front national pour lui courir après. Même si on est socialiste.
On a pris l'habitude, dans les entreprises, de ce cynisme machiavélique, accompagné de coups bas, de querelles des grandes directions qui ont l'oreille du patron-propriétaire et du mépris qui accompagne la petite domesticité, comme la R&D par exemple. Naviguer dans ce marigot devient un grand art, une danse chevaline de haute école en face de quoi la simple compétence, le renom ou le respect dont on peut jouir dans le monde qui existe encore, hélas, hors de l'entreprise, ne pèse pas plus qu'une chiure de mouche sur le cul d'une bimbo bronzant sur une plage (waooh, quelle image !).
Au PS donc, la chasse aux homos est ouverte. Tous ces mecs, qui doivent se payer des soirées fines après des séances de travail qui méritent la récompense du guerrier, crient à la honte sur un gars qui a utilisé des prostitué(e)s, confondent homosexualité et pédophilie et parlent de livres qu'ils n'ont jamais lus. D'ailleurs ont-ils lu beaucoup de livres, vu beaucoup de toiles ou de films en dehors des productions de Disney ?
Qui croient-ils attirer dans leurs rêts électoraux avec ces pratiques d'égoutiers, cette pensée de nettoyeurs de fosses à purin ? Ont-il seulement pensé à tous ceux qu'ils vont perdre ?
Y-a-t-il de chance de rénovation pour le parti socialiste, si elle est conduite par de tels praticiens de pensées tordues, fétides, du sophismes et d'immoralité intellectuelle ?
Comme si le pouvoir, tel l'économie libérale, trouvait sa propre justification dans son exercice, sans référence à aucune règle lui imposant un cadre ou une contrainte. En économie, les théoriciens ont au moins le prétexte d'un théorème qui, avec beaucoup d'hypothèses tirées par les cheveux, "démontre" que le bien commun est au bout d'un libéralisme bien compris et bien débridé. En politique, le théorème semble être que pour prendre le pouvoir, tout est bon, y compris de marcher dans les fientes du front national pour lui courir après. Même si on est socialiste.
On a pris l'habitude, dans les entreprises, de ce cynisme machiavélique, accompagné de coups bas, de querelles des grandes directions qui ont l'oreille du patron-propriétaire et du mépris qui accompagne la petite domesticité, comme la R&D par exemple. Naviguer dans ce marigot devient un grand art, une danse chevaline de haute école en face de quoi la simple compétence, le renom ou le respect dont on peut jouir dans le monde qui existe encore, hélas, hors de l'entreprise, ne pèse pas plus qu'une chiure de mouche sur le cul d'une bimbo bronzant sur une plage (waooh, quelle image !).
Au PS donc, la chasse aux homos est ouverte. Tous ces mecs, qui doivent se payer des soirées fines après des séances de travail qui méritent la récompense du guerrier, crient à la honte sur un gars qui a utilisé des prostitué(e)s, confondent homosexualité et pédophilie et parlent de livres qu'ils n'ont jamais lus. D'ailleurs ont-ils lu beaucoup de livres, vu beaucoup de toiles ou de films en dehors des productions de Disney ?
Qui croient-ils attirer dans leurs rêts électoraux avec ces pratiques d'égoutiers, cette pensée de nettoyeurs de fosses à purin ? Ont-il seulement pensé à tous ceux qu'ils vont perdre ?
Y-a-t-il de chance de rénovation pour le parti socialiste, si elle est conduite par de tels praticiens de pensées tordues, fétides, du sophismes et d'immoralité intellectuelle ?
samedi 12 septembre 2009
Carbon tax...
On ne parle que de cela en France depuis un bon mois et personne n'y comprend rien. Les gens se bousculent néanmoins pour donner un avis et la plupart du temps il est négatif. On fait même des micro-trottoir dessus. Le plus amusant était une femme qui disait qu'elle en était au bio pour sauver la planète et qu'elle prendrait la question du carbone après.
Digression, c'est intéressant de parler du bio, car en général il ne répond pas aux critères classiques du développement durable, ce qui interpelle à la fois ceux qui font des produits agricoles bio et ceux qui définissent ce que c'est que le développement durable... Il y a pas mal de gens qui travaillent là-dessus en dehors des média, dieu merci, car çà demande une réflexion de fond et pas un débat, j'ai envie de dire, "à la con". La lumière en sortira peut-être.
Donc taxe carbone.
Vieille idée, que les industriels connaissent bien depuis 5 à 10 ans maintenant. Mais ce qui est nouveau c'est que le concept aussi dorénavant va s'appliquer aux citoyens, pris un par un.
Le fond du problème est de trouver des moyens simples et efficaces de réduire les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et de le faire vite et fort. On peut donc prêcher en mettant les acteurs devant leurs responsabilités et croire à leur réflexes éthiques, pour prendre les mesures adéquates qui relèvent d'eux, ou au contraire les obliger à agir, par exemple en touchant à leur porte monnaie.
Le porte monnaie des entreprises a été d'abord dans le collimateur selon le principe qu'il faut commencer par les gros émetteurs, parce que c'est plus facile, que çà se voit (utile pour un politicien qui doit se faire réélire, d'autant que les entreprises ne votent pas ) et que çà permet de résoudre d'un seul coup un gros morceau du problème. L'Union européenne, répondant au lobby des industriels, a ainsi proposé un système de marché de droits d'émissions dit cap and trade, dont le bilan est pour l'instant mitigé.
Certains industriels expliquent d'ailleurs que le système leur est défavorable... souvent les mêmes que ceux qui en ont profité en vendant les surplus de droits d'émission acquis gratuitement de la part des états. Toute une machine financière s'est organisée autour des marchés du carbone avec un flot de courtisans et de consultants de tout poil, mais une relation directe avec des baisses d'émissions clairement identifiées reste à démontrer malgré 4 ans de fonctionnement du système. La raison profonde en est probablement que le coût du carbone n'a jamais atteint des niveaux suffisants pour que des parades efficaces soient mises en place, ceci étant dû à une surabondance de l'offre de droits par rapport à la demande. La commission devrait faire gérer toute sa politique dans ce domaine par l'OPEP qui étranglerait les vannes de droits gratuits attribués sous forme de quotas !
Le marché des droits est actuellement à 14,5 €.
Les débats sont en fait plus complexes et les protagonistes pensent que le système devrait finalement prouver son efficacité. Les surplus systématiques sont en effet liés à des maladresses de mise en place et, plus récemment, à la crise économique. La Commission est donc déterminée à prolonger le système au moins jusqu'en 2020 et d'autres régions du monde vont vraisemblablement s'en inspirer. Les industriels, quant à eux, continuent à crier au loup qui les étrangle ou est sur le point de le faire !
Deuxième partie du dispositif, toucher les acteurs individuels. C'est la taxe carbone proposée par le Grenelle de l'environnement, celle qui est au coeur des débats actuels.
Le citoyen consommateur paie une taxe proportionnelle à ses émissions. Les détails sont un peu flous sur la façon de le faire, mais on peut penser que toute émission directe sera taxée, l'essence de sa voiture comme le fuel de son chauffage. Les émissions indirectes ne le seront pas par le consommateur final, mais le producteur qui en a été responsable aura payé la taxe et la fera passer à ses clients au travers des prix. Facile à faire, si les prix sont fixés localement, comme ceux de l'électricité, moins facile à faire s'il le sont ailleurs par un marché mondial, par exemple, comme ceux de l'acier, par décret ou par des situations de monopole, comme le prix du lait. Mais il y a l'artifice de la taxe aux frontières, un taxe de Pigou, pour mettre sur un plan d'égalité un marché isole avec taxe et un contexte international sans taxe.
Plus j'émets, plus je paie. Une version individualisée du principe du pollueur-payeur.
Un débat s'instaure d'ailleurs de savoir si la taxe individuelle ne devrait pas seule subsister par rapport à la taxe industrielle. Un peu comme si l'état basait toutes ses rentrées fiscales sur la TVA. Mais surtout comme si toutes les arbitrages étaient décidés par le consommateur final. J'ai un peu de mal à croire que cela puisse démontrer une vraie efficacité !
Voilà les éléments du dossier.
Donc, si on est convaincu que la menace primordiale c'est le changement climatique et qu'il faut le combattre par tout moyen disponible - et il serait suicidaire, inconséquent ou carrément pervers de prétendre le contraire, la taxe carbone doit être accueillie de façon positive, voire enthousiaste : enfin on s'adresse directement aux citoyens sur ces questions qui vont déterminer le quotidien de leurs enfants et de leurs petits enfants, qui feront la guerre et la paix au milieu du siècle, la vie et la mort d'une fraction importante de la population du globe !
Mais que voit-on ?
Un gouvernement qui minimise la question, qui ne la place pas dans son vrai contexte, qui explique que 14 ou 17€, ce n'est pas grand chose.
Une opposition qui s'insurge sur le fait que ce sont les plus défavorisés qui vont payer, comme si la menace du changement climatique n'était pas d'abord une menace pour eux !
De vrais et de faux écologistes qui discutent des moyens, de la mise en oeuvre, du timing de l'annonce, bref de la couleur de l'emballage.
Et des citoyens, pris en otage dans un débat qui n'a jamais eu lieu, qui déclarent que non, ils ne veulent pas de taxe. Moi non plus je ne veux pas vieillir, je ne veux pas mourir, je ne veux pas être malade, je ne vaux pas souffrir. Encore que...
J'ai vraiment honte de cette kermesse, de ce canular.
La presse pourrait évidemment faire un peu d'investigative reporting, en se mouillant un peu la chemise, et expliquer pourquoi les pays qui ont déjà une taxe de ce genre ont démontré des réductions d'émissions et, comment çà va fonctionner au niveau des réflexes individuels.
Pourquoi je vais arbitrer entre un service plus cher à cause de ses émissions par rapport à un qui sera moins cher. Comment les constructeurs de voitures vont mettre plus rapidement des voitures électriques sur le marché. Comment les gens vont s'intéresser de plus près à l'affichage carbone qui brusquement sera en liaison directe avec leur porte monnaie. Et comment, ils vont brusquement penser un peu à leurs descendants et, pourquoi pas, aussi à leurs vieux jours.
Donc, Sarkozy dans son universelle sagesse a donc décidé que la taxe vaudra 17€. Mais dans 5 ans, dans 10 ans combien vaudra-t-elle ? Mon petit doigt m'a dit que les économistes, dont certains sont mes collègues et mes amis, parlent de 400 à 600 € en 2050 ! Cà aussi on n'en parle pas beaucoup dans les discours politiques ou dans les média, mais le dire permet d'affirmer avec une certaine force qu'à ce niveau les effets seront immédiats, en fait rétroactifs !
****
Je ne sais pas si cela mérite un paragraphe, mais les petits malins disent qu'on va être taxés sur notre respiration. C'est à la fois idiot comme remarque, car les émissions en question sont tout à fait négligeables par rapport aux émissions anthropiques, et pas complètement idiot dans la mesure où cela rappelle que les émissions anthropiques sont directement proportionnelles à la population.
samedi 5 septembre 2009
Madame la marquise...
L'été s'achève, repère essentiel dans le calendrier symbolique des Français.
Le monde redémarre avec la rentrée, rentrée des classes, des parents, du gouvernement - ne faut-il pas donner l'exemple - , de l'économie.
Comme si la formule 1 (ou 2 ?) de l'économie française s'était arrêtée au stand pour 3 mois et avait cessé de voir les autres voitures tourner pendant ce temps-là sur le circuit.
Les journaux de télévision on dégouliné de reportages au goût de sucreries factices sur les plages, les hôtels, les campings, les embouteillages, alors que les journaux plus sérieux parlaient de livres, de spectacles, de festivals, de culture. Le monde hors la France a (presque) disparu des médias et on pourrait penser que cette absence signifie qu'il est tombé lui aussi dans le gouffre des vacances.
En France, on voit vraiment la vie comme deux univers parallèles, la vie normale et les vacances, qui se séparent tous les étés et ont peine à se réemboiter ensuite. Mais qui vont à nouveau se dissocier chaque soir, chaque week end et pendant ces merveilleuses RTT, cadeaux de la fée des 35 heures.
Les journaux devraient d'ailleurs avoir des éditions normales et des éditions pour les RTT. Second Life descendue sur terre !
Pendant nos vacances donc, alors qu'on se ressourçait, à la façon de l'inconscient qui répare les traumatismes de la journée passée pendant le sommeil, l'économie s'est réparée. La crise s'est arrêtée. La chute a été freinée. La reprise se dessine.
Ouf, merci l'inconscient collectif de la planète, et merci aux Français pour ce long sommeil des vacances d'été qui a permis à ce processus de se dérouler en coulisse.
Auto-organisation, on appelle cela dans l'univers, tout aussi fantasmagorique, des nanotechnologies. Des processus automatiques qui gèrent les dossiers difficiles et réparent les dommages. Cà existe dans le vivant, résultat de millions d'années d'évolution, et les illusionnistes de la politique ou de la technologie (nano) nous le resservent comme un processus qui existe naturellement du fait du caractère vachement raisonnable et auto-régulateur de l'économie libérale ou comme une fonction qu'on va créer de toutes pièces et donner aux nano-objets en jouant à être dieu. Nos sommes des démiurges, pensent sans le dire ces physiciens du très petit, ces nano physiciens qui pensent grand !
Evidemment, ceux qui se découvrent chômeurs au retour de vacances, les PME qui n'arrivent plus à financer leur activité quotidienne, bien que les banques aillent mieux, ouf, merci pour elles, ne voient pas bien en quoi cette vision de sortie de crise s'applique à leur vie à eux, à leur vraie vie !
Bon, le CAC est remonté à 3700 points. Air France et ArcelorMittal ont gagné environ 6% hier. Que demander de plus ? Sarkozy va venir en Lorraine avant le fin du mois. Le bonheur !
vendredi 5 juin 2009
Home, sweet home
Je pense que pas mal de gens sont restés scotchés devant leur télé hier soir pour regarder HOME, surtout ceux qui ont une fibre verte qui leur court dans les muscles.
Une certaine hésitation avant de choisir France 2 quand même, tant le hype était fort et le matraquage publicitaire en France bien organisé.
D'abord, évidemment, la magie des images. Magie et image, ce sont d'ailleurs des anagrammes et probablement (?) des étymologies communes. Magie multipliée par l'écran HD, dont les images hyper-piquées creusent l'écran comme si ce n'était qu'une fenêtre ouverte sur un monde à plusieurs dimensions, juste là, dans le salon. C'est tout juste si on n'en attrape pas des vertiges, si l'oreille interne n'est pas trompée elle aussi !
Des images claires, travaillées, montées en succession rapide, où on a choisi la couleur et les compositions de formes et de mouvements avec une force qui vaut tous les délires des films d'Hollywood, où les caméras virtuelles ont remplacé les caméras réelles. Un film aux images coup de point, qui montrent un monde ensoleillé, comme pour prouver que le propos est aussi juste que les images sont claires et belles !
Grands prix de la mise en scène et de l'image accordés à l'unanimité par le jury !
Le propos par contre heurte, me heurte moi au moins, de même que l'argumentaire du discours et l'ouverture du débat.
Pas le moindre doute, c'est un discours fermé, qui proclame une vérité et qui n'appelle pas de débat. Les images ont valeur de preuve, ce qui me gêne. Les images sont choisies, comme c'est le privilège de l'artiste, mais le propos est celui de la leçon, leçon de morale, leçon d'éthique environnementale citoyenne et, comme tel, la preuve par l'image ne suffit pas.
Ouverture, zéro pointé. Pas la moindre chance de dire autre chose, autrement, de nuancer ou même de contester, en partie ou en tout.
Le ton ensuite. La leçon. La leçon de chose ou la leçon de morale, ou la leçon d'instruction civique de mon enfance. C'est vieux cela ! Cela remonte à un monde que je croyais révolu, contre lequel j'avais contruit mon adolescence et mon attitude au monde ? Un peu comme les discours qu'Obama vient de faire en Egypte, en Allemagne, qu'il va faire aujourd'hui à Omaha Beach, un ton qu'on accepte dans la bouche d'un Américain, mais qui ne correspond pas, tel quel, à une sensibilité européenne plus avide de critique, de relativisme, même modéré, de doute !
Le fond.
Que dit Yann Arthus-Bertrand, le Celte vert, qui défend la planète du haut de ses hélicoptères, assez avides de carburants ? Que la planète est finie, que ses ressources seront épuisées dans pas longtemps, que les riches possèdent la terre. Que le réchauffement climatique arrive, est déjà là, et que çà va créer un bordel pas possible.. Que nourrir le monde, tout le monde, va devenir compliqué, surtout si on s'obstine à manger pareil, surtout autant de viande. Problème avec la ressource halieutique. Etc.
Plein de vrai, un peu de faux, des analyses à l'emporte pièce... Dur dur, ces gens qui pensent aider avec un tel coquetel d'approximations ! La pensée floue peut-elle conduire à la lumière de la vérité ?
Le réchauffement, c'est vrai. Les énergies renouvelables, c'est une solution, mais çà ne suffit pas et, poussées à l'extrême (les 20% en 2020), elles vont aussi créer plus de problèmes qu'elles n'en résoudront in fine, peut-être, je ne dois pas moi non plus sombrer dans les généralités simplistes ! Il faut parler de néga-énergie, de nucléaire, 3, 4 et 5G, de CCS, de charbon, de biomasse et d'énergie musculaire des individus.
L'épuisement des ressources, çà dépend, c'est beaucoup plus compliqué que cela !
L'idée que la consommation de viande, conduite au niveau occidental, n'est pas durable, c'est vrai aussi. Mais comment fait-on pour réguler cela ? Ces marchés sont tirés par les consommateurs, qui ont des besoins réels et des besoins plus virtuels liés à des visions du monde, des modes si l'on veut, par des lobbies - ceux des éleveurs, de la viande, du soja, des antibiotiques pour animaux, etc., et par l'économie de marché, distordue par les subventions, les oligopoles et les oligopsones. Prêcher ? Laisser les consommateurs trancher, in fine, quand la vérité leur apparaîtra ?
On peut interpréter le discours en disant qu'il a trop de gens sur cette terre, trop de pauvres, trop de gens qui veulent vivre comme des riches. Où cela mène-t-il ? Eugénisme ? Psychologie sociale à la papa (eugéniste aussi !) ? Reprise en main morale et politique des masses ? Est-ce la fin annoncée de la démocratie ? La croissance est terminée, désolé pour ceux qui ne sont pas montés dans le train ! Je pleure sur vous.
Un discours vert assez altermondialiste, donc, qui ouvre des portes de grange à tous les totalitarismes et à tous les fascismes ! Consciemment ou peut-être pas, la bonne foi s'alliant souvent à la naïveté.
On peut aussi reprendre le discours à l'envers et en garder ce qui y est juste...
En fait ces belles images, si elles avaient été sans parole, aurait été parfaites ! L’esthétisme de YAB sans son discours boy-scout et ses tentations ambigües de politique d'un autre monde, l'autre, l'alter, et le vieux monde et ses démons.
Donc, messieurs les fabricants de télé HD, vendez des modèles sans le son !
Et tous les autres, YAB en tête, acceptez un peu plus de complexité dans le monde et un peu plus de recherche et de difficulté dans la mise à jour de solutions ! Qui seront probablement plus locales, moins globales, moins mondiales...
Car c'est une chose de dire qu'on a atteint la finitude de la planète, c'en est une autre de faire un film à la gloire de la mondialisation, même décalé, autre poncif qui mériterait d'être dépoussiéré après les strates de c... que Alain Minc et les autres ont construit sur ces mots.
Pour être juste, il y avait quelques secondes dans le film consacrées aux micro-crédit.
Une certaine hésitation avant de choisir France 2 quand même, tant le hype était fort et le matraquage publicitaire en France bien organisé.
D'abord, évidemment, la magie des images. Magie et image, ce sont d'ailleurs des anagrammes et probablement (?) des étymologies communes. Magie multipliée par l'écran HD, dont les images hyper-piquées creusent l'écran comme si ce n'était qu'une fenêtre ouverte sur un monde à plusieurs dimensions, juste là, dans le salon. C'est tout juste si on n'en attrape pas des vertiges, si l'oreille interne n'est pas trompée elle aussi !
Des images claires, travaillées, montées en succession rapide, où on a choisi la couleur et les compositions de formes et de mouvements avec une force qui vaut tous les délires des films d'Hollywood, où les caméras virtuelles ont remplacé les caméras réelles. Un film aux images coup de point, qui montrent un monde ensoleillé, comme pour prouver que le propos est aussi juste que les images sont claires et belles !
Grands prix de la mise en scène et de l'image accordés à l'unanimité par le jury !
Le propos par contre heurte, me heurte moi au moins, de même que l'argumentaire du discours et l'ouverture du débat.
Pas le moindre doute, c'est un discours fermé, qui proclame une vérité et qui n'appelle pas de débat. Les images ont valeur de preuve, ce qui me gêne. Les images sont choisies, comme c'est le privilège de l'artiste, mais le propos est celui de la leçon, leçon de morale, leçon d'éthique environnementale citoyenne et, comme tel, la preuve par l'image ne suffit pas.
Ouverture, zéro pointé. Pas la moindre chance de dire autre chose, autrement, de nuancer ou même de contester, en partie ou en tout.
Le ton ensuite. La leçon. La leçon de chose ou la leçon de morale, ou la leçon d'instruction civique de mon enfance. C'est vieux cela ! Cela remonte à un monde que je croyais révolu, contre lequel j'avais contruit mon adolescence et mon attitude au monde ? Un peu comme les discours qu'Obama vient de faire en Egypte, en Allemagne, qu'il va faire aujourd'hui à Omaha Beach, un ton qu'on accepte dans la bouche d'un Américain, mais qui ne correspond pas, tel quel, à une sensibilité européenne plus avide de critique, de relativisme, même modéré, de doute !
Le fond.
Que dit Yann Arthus-Bertrand, le Celte vert, qui défend la planète du haut de ses hélicoptères, assez avides de carburants ? Que la planète est finie, que ses ressources seront épuisées dans pas longtemps, que les riches possèdent la terre. Que le réchauffement climatique arrive, est déjà là, et que çà va créer un bordel pas possible.. Que nourrir le monde, tout le monde, va devenir compliqué, surtout si on s'obstine à manger pareil, surtout autant de viande. Problème avec la ressource halieutique. Etc.
Plein de vrai, un peu de faux, des analyses à l'emporte pièce... Dur dur, ces gens qui pensent aider avec un tel coquetel d'approximations ! La pensée floue peut-elle conduire à la lumière de la vérité ?
Le réchauffement, c'est vrai. Les énergies renouvelables, c'est une solution, mais çà ne suffit pas et, poussées à l'extrême (les 20% en 2020), elles vont aussi créer plus de problèmes qu'elles n'en résoudront in fine, peut-être, je ne dois pas moi non plus sombrer dans les généralités simplistes ! Il faut parler de néga-énergie, de nucléaire, 3, 4 et 5G, de CCS, de charbon, de biomasse et d'énergie musculaire des individus.
L'épuisement des ressources, çà dépend, c'est beaucoup plus compliqué que cela !
L'idée que la consommation de viande, conduite au niveau occidental, n'est pas durable, c'est vrai aussi. Mais comment fait-on pour réguler cela ? Ces marchés sont tirés par les consommateurs, qui ont des besoins réels et des besoins plus virtuels liés à des visions du monde, des modes si l'on veut, par des lobbies - ceux des éleveurs, de la viande, du soja, des antibiotiques pour animaux, etc., et par l'économie de marché, distordue par les subventions, les oligopoles et les oligopsones. Prêcher ? Laisser les consommateurs trancher, in fine, quand la vérité leur apparaîtra ?
On peut interpréter le discours en disant qu'il a trop de gens sur cette terre, trop de pauvres, trop de gens qui veulent vivre comme des riches. Où cela mène-t-il ? Eugénisme ? Psychologie sociale à la papa (eugéniste aussi !) ? Reprise en main morale et politique des masses ? Est-ce la fin annoncée de la démocratie ? La croissance est terminée, désolé pour ceux qui ne sont pas montés dans le train ! Je pleure sur vous.
Un discours vert assez altermondialiste, donc, qui ouvre des portes de grange à tous les totalitarismes et à tous les fascismes ! Consciemment ou peut-être pas, la bonne foi s'alliant souvent à la naïveté.
On peut aussi reprendre le discours à l'envers et en garder ce qui y est juste...
En fait ces belles images, si elles avaient été sans parole, aurait été parfaites ! L’esthétisme de YAB sans son discours boy-scout et ses tentations ambigües de politique d'un autre monde, l'autre, l'alter, et le vieux monde et ses démons.
Donc, messieurs les fabricants de télé HD, vendez des modèles sans le son !
Et tous les autres, YAB en tête, acceptez un peu plus de complexité dans le monde et un peu plus de recherche et de difficulté dans la mise à jour de solutions ! Qui seront probablement plus locales, moins globales, moins mondiales...
Car c'est une chose de dire qu'on a atteint la finitude de la planète, c'en est une autre de faire un film à la gloire de la mondialisation, même décalé, autre poncif qui mériterait d'être dépoussiéré après les strates de c... que Alain Minc et les autres ont construit sur ces mots.
Pour être juste, il y avait quelques secondes dans le film consacrées aux micro-crédit.
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