samedi 26 octobre 2013

Immigré mon frère !

71% des français sont d'accord avec l'UMP pour modifier le droit du sol (!+x??/:+!!!) en matière d'acquisition de la nationalité française - selon un sondeur stipendié, dont je doute qu'il ait vérifié que tout ces gens qu'il a interrogés aient bien compris la question. 

Quel intérêt d'avoir une réponse à une question qui ne fait pas sens ? 

Mais j'entends déjà des réponses selon lesquelles ce n'est pas un problème, il faut écouter les gens et ils ont raison par principe dans une démocratie, etc. 

De même que les petits voyous paumés qui enchainent les délits n'en sont pas responsables du fait du déterminisme socio-économique qui les y a poussé, les citoyens ont le droit de choisir des litanies d'extrême droite, d'élire Hitler selon les règles démocratiques, du fait de l'inaudibilité des socialistes au pouvoir. 

Comment des gens surinformés, comme tout le monde l'est aujourd'hui, peuvent-ils en arriver à faire des choix pareils, si contraire à l'histoire de leur pays, à la nature même de leur nation, à leur intérêt même compris de façon étriquée et très simplement à la vérité ?

A force d'entendre en boucle les c... de Coppé, on n'entend plus les réponses, les déconstructions de ce discours absurde et on se met à penser à l'unisson, dans une espèce de transe provoquée par l'UMP. Camarades journalistes, il y a quelque chose de pourri dans votre royaume ! Car je ne peux pas croire que vous rouliez tous pour l'extrême droite. 

Camarades de gauche et amis socialistes, ce que vous dites pour contredire les propos de Coppé n'a aucun écho dans l'opinion publique. 

D'ailleurs, qui parle du fond, qui réfléchit à ce qu'est la nationalité française et comment on l'acquiert ? On dit que l'UMP se tire une balle dans le pied en apportant de l'eau au moulin du FN et, que in fine, les gens devant leurs urnes préféreront le vrai produit à l'ersatz, comme disait JMLP. On dit que Coppé chasse sur sa droite, etc. Des commentaires politiques, comme disent les journalistes, qui donnent une idée assez médiocre de la politique. 

Que faudrait-il dire ? 

Que l’immigration n'est pas une catastrophe, mais une chance pour la France - comme elle l'est pour l'Allemagne qui seraiy encore plus à cours d emain d’œuvre qu'elle ne l'est aujourd'hui si elle ne laissait pas entrer deux fois plus d’immigrants que la France. Les flux migratoires en France sont faibles et donc ceux qui affolent le peuple sont des menteurs et des apprentis sorciers. Ce sont aussi des gens qui oublient que l'immigrant, c'est le notre prochain, à supposer qu'un certain nombre d'entre eux sont chrétiens. 

Historiquement, la France s'est construite avec une entrée continue d'étranger. On a aussi redessiné les frontières, sur les 1000 ans d'histoire de ce pays, et ainsi accueilli de nouveaux français. Peu de gens sont français depuis 30 générations !!! Mais ils sont tous français, à commencer par ceux qui sont arrivés en dernier. C'est pareil partout en Europe, en Amérique, en Australie, en Afrique du Sud, etc. Il n'y a guère que des pays commele Japon qui ont eu des pratiques différentes. Voir comment cela les met en difficulté aujourd'hui, avec un vieillissement de la population plus rapide que nulle part ailleurs.

La France a une démographie légèrement en croissance en raison de la fertilité de ces nouveaux arrivants. 

Dans l'avenir, l'immigration va se poursuivre et s’accélérer, car les gradients de richesse et de bien-être entre les pays pauvres et nos pays riches sont trop grands, comme sont trop grands les gradients de fertilité. Le changement climatique va encore redistribuer les cartes et mettre sur les routes des centaines de millions de réfugiés. C'est ça le vrai challenge, reconstruire le monde qu'on est en train de démolir pour que survivent ceux qui y vivent ! 

Pourquoi mes compatriotes sont-ils si aveugles ? 

Je crains que ce soit parce qu'ils sont en moyenne assez peu éduqués, qu'ils n'ont pas appris à l'école comment penser par eux mêmes. Voir les performances très médiocres des français dans les dernières enquêtes de l'OCDE où la littéralité et la numéralité des adultes (pas des juenes, oh braves gens !) est au 22 ou 23ème rang sur 25 pays ! Quand on ne sait pas, on se méfie et on a peur. Quand on a peur on oublie les autres et on ne pense qu'à soi. L'ignorance engendre l’égoïsme, la bêtise et, disons-le, le crétinisme !

Je viens de tomber sur la critique de Antonio Munoz Molina - de la Real Academia Española  - et de son essai "tout ce qu'on croyait solide", qui raconte une histoire semblable sur l'Espagne avec des conclusions plus pessimistes encore : le pays peut sombrer à nouveau dans le fascisme ou quelqu'autre totalitarisme. 

Et nous ?

2' heures plus tard, je viens de passer quelques heures à rechercher l'étymologie des mots fer et acier (je me demande bien pourquoi ?), une occasion de plonger dans les origines de la langue française, un assez bon marqueur de la culture et des sources de la nationalité. La langue française vient de partout, a emprunté à toutes les langues et toutes les cultures, toutes, vraiment toutes, et cela s'est fait grâce aux étrangers qu'on a rencontrés et qui sont venus vivre chez nous - un nous glissant, toujours changeant. Sans cette hybridation continue et sans fin, nous ne serions plus rien, nous n'aurions jamais été rien : une culture n'existe que dans un contexte, une écologie, une biodiversité. Un peu comme les riches ne sont riches qu'à cause des autres, les pauvres par exemple, pas par la simple vertu de leur aventure entreprenariale ou patrimoniale, comme veulent le faire croire les défenseurs de l'économie ultra-libérale....

P.S. D'ailleurs le racisme est partout. Dans mon train de Bruxelles à Arlon, qui poursuit son chemin vers Luxembourg puis vers la France par des correspondances, le contrôleur à qui j'ai présenté un billet Bruxelles-Arlon - pas cher, 11,7 € -, m'a demandé si je n'allais pas plus loin qu'Arlon ! Suspicion de nature ethnique, mon accent me trahissant comme un français. Or pourquoi un français irait-il à Arlon ? Par contre, les français sont roublards et resquilleurs, etc. 

vendredi 13 septembre 2013

Tu me braques et je te tue...


Bizarre ce que nous rapporte la presse, ici en France. 

Il y a d'abord un "ras le bol" fiscal, général croirait-on à entendre les JT qui ne parlent que de ces rumeurs.

Or on parle là d'augmentations des impôts sur le revenu (IR) et la moitié des français ne les paient pas. Le ras-le-bol ne peut les concerner ! A moins que la presse ne considère qu'ils ne comptent pas, ces gens qui ne paient pas l'impôt. C'est bien comme cela d'ailleurs qu'on accordait le droit de vote, sous la troisième république : en dessous de 1000 F de revenus, pas de droits citoyens.

La presse serait-elle devenue censitaire ?

Par ailleurs, les plus bas revenus baissent et les plus hauts augmentent, mais moins vite que les autres ne baissent. Présentation un peu idiote, qui semblerait montrer que ce sont les pauvres qui enrichissent les riches par leur paupérisation. Mais cette hypothèse, elle, est-elle vraiment idiote ? 

Les impôts réputés "injustes", ceux que tout le monde paie comme la TVA et la CSG, vont donc baisser dans les milieux pauvres, à la suite de leurs revenus. Une raison de plus qu'ils ne souffrent pas de ras-le-bol fiscal ! 

Après il y a les gens qui s'inventent des règles : "il est scandaleux qu'on paie des IR sur sa retraite"; ou "il est scandaleux que je paie des impôts cette année alors que je n'en payais pas l'année dernière". Combien ? 150 €. Il faut les trouver, je suis bien d'accord, mais est-ce complètement choquant que chacun contribue à la hauteur de ses ressources, plutôt que d'avoir aussi des exclus de l'impôt? Ce n'est pas bon d'être exclu, de quelque exclusion qu'on parle!

Donc il y a des manipulateurs  d'opinion qui lancent des slogans que les gens reprennent sur des micro-trottoirs  - genre les citoyens ont la parole - et que les journalistes ressassent, à moins que la chaîne causale ne soit l'inverse ?  La presse manipulée par ou encartée au parti des démagogues ? 

Autre fait divers. 

Un bijoutier de Nice, pas de Sevran ni de Corbeil, est braqué pour la 3ème ou 7ème fois, on croirait le chemin de croix de Jésus, tel que c'est raconté. On a envie d'y croire, ce brave homme qui vient bosser la peur au ventre et qui travaille dur pour quoi, pour rien finalement... Il abat l'un des malfaiteurs, quand celui-ci s'enfuit sur un scooter, et le tue. Légitime défense! Le maire de Niçe, Estrosi, déclare en public, devant des micros gentiment accourus pour attraper par hasard ses propos, que, s'il n'était pas républicain et respectueux de la loi, il féliciterait le bijoutier (sic!). On apprend ensuite que le braqueur en fuite et depuis raide mort est un petit mec de 18 ans, un petit délinquant arrêté 17 fois par la police, et qui récidive. Son frère nous explique qu'il a la rage, et je le comprends, car ce n'était qu'un gosse, au chômage, ne trouvant pas d'emploi et, de surcroît attendant d'être bientôt papa. Personne n'a osé dire que les jeunes pauvres ne devraient pas baiser, mais on l'entendait comme si ça était dit. 

Aaaah! 

Qu'elle détresse de tous ces gens, qui n'ont comme solution que d'avoir peur, de de se haïr, de se niquer et de s'entretuer ! Une vieux commerçant de 67 ans, avec un pistolet sous sa caisse enregistreuse, qui vise bien et de loin ! Un gamin qui vit de petits délits, qui ne sait pas comment ne pas faire de gosse à une fille, et qui se fait tuer. On a rétabli la peine de mort en France, pour de petits délits. Pas la peine d'avoir la honte des américains, qui la réservent pour de vrais crimes - enfin ceux qui sont reconnus comme tels par la justice de là-bas. 

Je ne sais que dire... Le délire.

PS. il y a un livre génial qui est sorti ce mois-ci, le capital au XXIème siècle, de Thomas Piketty, au Seuil. 970 pages (si, si !).

L'auteur, mélange d'économiste et d'anthropologue, y explique, après un travail long et sérieux d'enquête qui remonte au XVIIIème siècle,  que les revenus du capital augmentent plus vite que les revenus du travail (7% contre 1,5%), sur de longues périodes. Ca ne peut conduire qu'à l'envahissement du monde par des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres. Le salut, si l'on peut dire, n'est venu, au siècle dernier, que de deux guerres mondiales, qui ont rebattu les cartes, mais à quel prix ? Donc, ça va aller de mal en pis. Les petits braqueurs à scooter vont se multiplier, ils n'ont pas d'autre choix, les pères la morale ne pourront longtemps faire dire le contraire aux journalistes. Etc. Marx va se réveiller et aussi la lutte des classes, sur fond de changement climatique. Pas très rassurant.

A moins qu'on n'augmente les impôts ? Ca doit être en prévision de cela que les futurs très très riches font courir déjà ces rumeurs de ras-le-bol fiscal, finalement !

Un autre livre, qui me fait envie... Essai sur l'éthique du capitalisme, de Olivier Grenouilleau.

samedi 6 juillet 2013

Mal à l'aise...

Il y a eu en mai et juin 2013 la législation en France sur le mariage pour tous et ces manifestations de masse de gens parcourant les rues, souvent avec leurs enfants, et expliquant que la famille est en danger et qu'il est inconcevable que l'état décide sur un sujet où leurs idées sont arrêtées et contre ces idées. Il leur était impossible d'accepter que la majorité décide autrement et le leur impose.

Imposer est d'ailleurs un bien grand mot. Cette loi parle d'autres personnes qu'eux - car, apparemment, il n'y avait pas beaucoup d'homo dans ces manifs -, s'applique à d'autres gens, mais néanmoins, ils ressentaient comme inacceptable le texte de cette loi. Un peu comme si cette loi-là devait être votée par référendum à l'unanimité.

Ils oublient aussi, ces gens, que parmi leurs jeunes enfants, 10% se découvriront homo. Ca sera particulièrement difficile à vivre pour ces futurs ados et les familles aussi vont passer par des moments difficiles.

La droite a repris ce "combat" à son compte. Une cohorte de gens autour de l'UMP, où les homos sont aussi nombreux qu'ailleurs. Je connais pourtant des gens de droite qui ne sont pas homophobes !

Mais l'église aussi, l'église officielle a repris ce combat. Des chrétiens nombreux dans les manifs, c'est leur droit.  Mais aussi le soutien de nombreux évêques, des évêques de France, du pape, et même du Saint Siège dans une encyclique signée de deux papes et parue hier.

Là, je ne suis plus. Il ne me semble pas que l'évangile dise quoi que ce soit qui permette de prendre de telles positions. Il me semblait même que la charité disait tout le contraire : c'est l'autre qui est l'essentiel, le prochain, pas ce que je pense, que je pense à sa place, mais ce qu'il pense lui, l'hétéro, l'homo, l'abstinent.

Mal à l'aise, mais de fait plutôt révolté, fâché, écœuré. Le pape François nous a refait le coup de Sarkozy, nous déstabilisant par des paroles décalées, médiatiques, a priori intéressantes et, au pied du mur, poursuivant l’œuvre discutable de ses prédécesseurs. Dont il va en canoniser deux. Comme si cela avait encore un sens de canoniser des contemporains et de proclamer que des miracles ont eu lieu à la fin du XXème siècle.

vendredi 5 juillet 2013

1994

Des que je tape sur ce clavier, une énorme machine se met en marche pour enregistrer ce que j'écris, me l'attribuer et permettre à des gens, qui n'y ont jamais pensé avant, d'en tirer des conclusions. Une machine rapportant à la NSA, mais probablement d'autres machines ailleurs aussi, y compris celle qui travaille pour le compte de notre DGSE franchouillarde. Quel succès, alors que je n'ai que commencé à écrire, beaucoup plus facile qu'un livre et les affres de sa publication !

En plus, ça permet des allusions littéraires, d'autant plus redoutables que 2013 et mon environnement, la cuisine du p'tit déj où j'écris, solitaire, n'ont rien à voir avec Orwell : pas de conscience d'être observé, pas d'emploi d'espion en temps réel dédié à me surveiller, simplement la possibilité que des algorithmes trouvent des choses déplaisantes pour moi ou utiles à quelqu'un dans ce que je confie à mon clavier virtuel.

L'édito du Monde daté d'aujourd'hui dit assez directement que tout le monde a l'air de s'en foutre, enfin, pas si simplement ni en si peu de mots. La démocratie est en danger, de façon profonde et subtile, mais pas vu, pas pris, car les média, finalement, on ne les croit pas. Les protestations de Hollande sont molles parce qu'il a découvert en arrivant au pouvoir que sa République sainte et apostolique fait pareil. Le plus important, aujourd'hui, le seul fait politique, ce sont les vacances en France.

A quoi toute cette surveillance sert-elle ? A combattre le terrorisme, nous dit-on.

Mais comment le savent-ils que c'est vraiment efficace, tous ces gens qui achètent des super calculateurs, des data centers cachés et qui paient des mathématiciens pour faire du data mining intelligent ? On ne nous le dit pas, secret défense oblige.

C'est pour les mêmes raisons qu'on nous pourrit la vie dans les aéroports et qu'on a transformé une expérience qui fut plaisante et magique en un pensum difficile à supporter, les soirs de déplacements lointains où on rentre fatigué vers la maison : sortez votre ordinateur, votre iPad aussi, et vous avez sûrement des câbles qui vont avec, mettez donc aussi votre appareil photo, vous n'avez vraiment de liquide, il faut enlever la montre, le manteau, la veste, ah oui la ceinture, et enlevez vos chaussures ce sera plus sûr.

Combien d'attentats en avion ont été évités ? Mystère. On nous annonce de temps en temps le démantèlement d'une cellule terroriste, effet d'annonce qui me met en appétit, mais il n'y a pas de suite; la plupart des vilains sont libérées dans la discrétion, ou alors il s'agit d'amateurs en bande assez désorganisée qui ont flippé, dérapé, basculé dans du rêve stupide, mais qui ne mettaient vraiment pas l'état ou la communauté internationale en danger.

Faute d'en savoir plus, je fais donc l'hypothèse la plus probable que cela ne sert pratiquement à rien. Si tout cela avait une effet important et mesurable, "on" se serait chargé de le faire largement savoir.

D'ailleurs je passe encore beaucoup plus d'heures dans les TGV et les métros de différentes capitales, où il y a eu jadis des attentats assez atroces, mais où on ne contrôle rien et où il ne se passe pas grand chose, en dehors des vols à la tire ou du picage des poches.

Al Kaida voulait saper les institutions occidentales, et bien c'est parfaitement réussi. 20 sur 20 en efficacité et en subtilité, puisque la fin passe par des chemins imprévus, pas annoncés. Ce ne sont pas les avions qui explosent, mais les files qui s'allongent dans les aéroports, des milliers d'heures perdues chaque jour, les centaines d'emplois inutiles et probablement pas très enrichissants des gens qui me rappèlent que je dois sortir mon iPad. Et les services cachés, secrets, qui amassent comme des écureuils des données personnelles, pillent notre vie privée et sapent la démocratie.

Un sans faute pour Ben Laden, qui se perpétue malgré sa disparition physique... Laquelle d'ailleurs doit beaucoup aux drônes, et à cette guerre étrange où les États Unis s'arrogent le droit de surveiller et de tuer leurs ennemis, enfin ceux qu'ils labèlent de cette façon, libre arbitre effrayant des états surpuissants.

Vais-je finalement envoyer ce blog ? Il contient tous les mots clés pour être remarqué par les machines, avec en prime une conclusion inacceptable, hérétique, séditieuse. Cependant, je crains qu'il ne soit déjà trop tard, car Google me fournit gentiment une fonction de sauvegarde automatique et les mots sont déjà ailleurs, dans un data center de l'Alaska ou du Canada.

Mais il y a d'autres choses à dire. Je sombre ici dans la théorie du complot.

Certes, je ne sous-estime pas l'inertie des machines lancées à grande vitesse, la pensée panurgienne, la règle de prudence, le principe de précaution - la plupart du temps si con. Mais les gens qui font tout cela sont intelligents et ils savent eux que les retombées annoncées au nom de la guerre contre le terrorisme sont si faibles que nulle en est une bonne approximation. Ils savent que le terrorisme existe, mais qu'il survient sans raison chez des déséquilibrés, souvent bardés de la nationalité du pays où ils "s'expriment" et ayant accès à des armes de destruction massive, enfin à l'échelle du terrorisme; dans les écoles en Amérique ou en Allemagne, ou en France ou en Norvège. Des gens qu'on n'a pas vu venir, ou si peu qu'on n'a rien fait avant l'acte. D'ailleurs, un acte terroriste existe-t'il avant l'acte ? Le monde réel n'est pas un roman de Philip Dick !

Donc ces gens intelligents ont d'autres buts, beaucoup plus sérieux. Je penche volontiers pour l'espionnage économique, une autre espèce de paranoïa, qui voudrait faire croire que les entreprises ont des secrets qu'il suffirait de voler. Secrets certes, mais pas de cette nature, c'est plus simple et plus compliqué ! C'est dans l'esprit, la tête des gens... Plus difficile à voler, sauf à débaucher ces gens-là. Merci, il y a des chasseurs de têtes, profession légale et respectée, qui font cela fort bien.

dimanche 7 avril 2013

L'action d'ArcelorMittal est tombé à son plus bas historique, soit 9,08€

L'action AM a crevé le plancher début avril 2013 et est tombée en dessous de tous garde fous que les analystes calculent pour prévoir les évolutions des cours.  On ne trouve pas d'analyse claire de ce qui a conduit à ce désamour dans la presse financière, pourtant prolixe en d 'autres circonstances.


 
 Malgré des annonces d'économies de gestion de 3 milliards de dollars, les investisseurs ne suivent plus et le cours de l'action ressemble à celui du gouvernement Ayrault après le (mini) scandale Cahuzac. 

La presse se laisse aller à évoquer des séquences radicales, sans parler explicitement encore de faillite. 


lundi 1 avril 2013

Tu es la résurrection et la gloire...

Pâques. Une messe simple dans la cathédrale Saint Etienne, avec quelques silences, comme dirait Naomi, peu familière de la messe, qu'elle a découverte ce vendredi saint :"au moins là il y a de vrais silences".

Et une homélie qui paraphrase Paul et Jean et nous promène dans cette Galilée qui n'existe plus depuis si longtemps et dont on ne comprend pas grand chose, en nous donnant à croire que les gens s'y comportaient comme nous : une version chrétienne d'une télé-réalite ? Je n'arrive pas à suivre le fil de cette pensée répétitive, qui ne me provoque pas, qui ne me dit rien qui m'intéresse ou que je puisse comprendre. Mon esprit s'égare vers tout autre chose.  Les dizaines de colonnes qui tombent de la voute de la nef, le long des piliers qui la soutiennent, l'élèvent vers le ciel, pour reprendre les charges les arcs qui représentent le ciel; ces taches de couleurs que le soleil projette sur la pierre à travers les vitraux...

Puis le prêtre incante un crédo un peu inhabituel, c'est très bien de casser les routines, où il nous parle de la résurrection des morts, c'est dans son cahier des charges, surtout aujourd'hui ! Les fidèles répètent "je crois à la résurrection des morts", surtout la personne qui est derrière moi et dont la voie est claire et ne tremble pas.

Comment comprendre cette idée un peu étrange, proprement incroyable de résurrection de la chair ? Jésus, oui pourquoi pas, il a un statut particulier, exceptionnel dans la Bible, je veux bien croire qu'il est ressuscité et que c'est cela qu'on célèbre aujourd'hui, deux mille ans après l'évènement, mais moi, les autres, tous ? Comment affirmer un tel mystère sans broncher, sans douter ?

Quel est le sens de cette résurrection, que suis-je prêt, capable d'en croire ?

Une métaphore, comme tout ce que dit la Bible, et tous les textes sacrés ? Donc une méthode robuste et universelle de parler de la nature humaine au travers des siècles et des cultures (interculturel, dirait-on en classe de management !), sans rapport avec une connaissance rationnelle ou pire, scientifique ? Je sais que je ne ressusciterai jamais, mais je crois que le ferai ??? Je ne suis pas que chair, loin s'en faut, mais pour l'affirmer il faut me parler de la résurrection de ma chair ? Ma chair qui change avec la perte de la jeunesse ? La résurrection de la chair, serait-elle un retour de la jeunesse ? Pour mieux me dire que la jeunesse n'a pas tout à voir avec l'âge de mes articulations (un peu quand même !), mais que la jeunesse est dans mon esprit ?

La résurrection serait donc un message pour me dire combien la réalité est complexe, mystérieuse, invisible, et que mon époque, qui s'enorgueillit de la science qu'elle a créée et dont la puissance est parfaitement réelle, ne doit pas oublier ces autres couches de la réalité, qu'elle a oubliées ou pas encore comprises ? Comme cet espace de Calabi Yau qui va au delà du sensible (du mesurable) de la physique la plus abstraite actuelle ?

Plus simplement, l'Eglise et beaucoup de religions, en apprenant à durer au cours des siècles, ont développé un discours qui s'associe au pouvoir des puissants du moment, tout en donnant aux petits, aux humbles, aux pauvres, aux oubliés, aux laissés pour compte un autre message, complémentaire, contradictoire, presque paradoxal, leur signifiant qu'eux aussi comptent ? La résurrection serait alors la promesse qu'on ne trime pas, qu'on ne vit pas chichement, qu'on ne souffre pas en vain, parce qu'au delà de maintenant, il y a autre chose de très réel, réel parce qu'incroyable, qui viendra, qui est plus important qu'aujourd'hui ? L'espoir au service de la patience et de l'humilité, mais aussi, parfois, souvent, de la passivité et de l'acceptation des injustices du monde ? Et pour me convaincre combien je suis, moi, important dans ce schéma du monde, c'est Jésus lui-même qui montre la voie en me donnant, en quelque sorte, le mode d'emploi de la résurrection ?

Explication politique, dont l'analyse est ambiguë, sauf aux rares périodes où l'église devient celle des pauvres, comme le nouveau pape semble le vouloir à partir de maintenant.  Mais comment effacer les horreurs du passé par une vertu nouvellement proclamée ? Les vieux gangsters vont à l'église, les prostituées ont leurs bonnes oeuvres...

L'absolution des âmes, oui, c'est une thérapie essentielle et une pratique positive pour les gens, mais peut-on absoudre une institution ? Peut-elle s'absoudre elle-même ???

Bref, je ne me sens pas encore capable de proclamer la résurrection des corps, haut et fort. Mais je suis prêt à entendre d'autres commentaires à ce propos et je suis ébloui par la force de ce que ce message essaie de dire !

Il est peut-être temps maintenant de me plonger dans la bibliographie, comme un bon scientifique, plutôt que de réfléchir seul...



dimanche 31 mars 2013

Crise économique ou crise intellectuelle et morale ?

Triste spectacle que celui de l'Europe, la région la plus riche et la moins inégalitaire du monde, qui restreint son bien être par des politiques économiques erronées et qui ne comprend pas que ce qu'il lui resterait à faire pour changer de destin.

La démocratie, sensée y être incarnée de dizaines de façons, ne permet pas de dégager les voies vers le salut et, au contraire, elle donne la parole à des groupes égoïstes et carrément pervers, qui sont à l'œuvre pour détruire et pas pour résoudre ni avancer.  Les solutions ont pourtant été exposées de mille façons et certains gouvernements ont compris comment les mettre en œuvre, mais le barrage de l'interpellation et de l'invective, avec sa haine ordinaire et son imbécilité profonde, pose les mauvaises questions et emmènent les peuples, pas toujours assez cultivés, sur des chemins de démagogie. Avec une certaine complicité de la presse en continu, dévoreuse d'information, même quand elle n'en contient aucune.

Les réactions à l'interview de François Hollande, qui ont paraphrasé son intervention d'un facteur 10 ou 100, l'ont démontré à l'envie en vivisectant le président sur mille points.

On lui a reproché de ne pas avoir vu venir la crise avec sa cruauté et sa durée :  en 2011, periode de campagne électorale, ceux qui avaient ce don de divination étaient assez minoritaires, mais, surtout, ils n'avaient  aucune notion de ce qui la terminerait (méthode Coué, l'année prochaine) et ils n'avaient pas tous encore compris que les mesures que l'Europe allait adopter ( les 3% de deficit) la verrouillerait dans cette crise.

On lui a reproché de parler de solutions, de boîte à outils, plutôt que d'espoir, de sang et de larmes : technicité contre pathos.

Et on a instruit un procès d'illégitimité de son pouvoir, depuis le back office de l'UMP et de ses alliés, de Borlo à Menanchon sans oublier Le Pen, et en commençant par l'interviewer, Pujadas aussi court intellectuellement que le sont ses jambes, qui lui a demandé à plusieurs reprises s'il mesurait combien les Français étaient en désamour avec lui.

Arrêtez, les gars. Il faut 9 mois pour faire un bébé et rien de sert de demander à la mère, à chaque jour de la gestation, si la naissance aura lieu le lendemain !  On ne peut pas gérer en quelques mois  une crise déclenchée au bout du monde par un manque de gouvernance crasse et dangereux du monde financier et qui s'est installée en Europe parce que les européens n'ont pas été au bout de la construction d'un état régional, commencée il y a 60 ans et restée depuis sur le métier.

La France n'y peut mais, seule, et la puissance que peut mobiliser le président de la France ne suffit pas à regler les problèmes en quelques mois.  Il faudrait le dire plus clairement ?

D'ailleurs, les opposants ne proposent rien, la plupart n'ayant rien fait pendant les 15 ans qui ont précédé et qui ont conduit en grande part à la situation actuelle : invective, demande de nouvelles élections (!!), carrément de démission.

On ajoute aussi sur la table cet étrange mouvement contre le mariage libre, ou des millions de gens (?) se déclarent agressés par une mesure qui vise simplement à permettre à des gens qui diffèrent d'eux d'accéder à leur part de bonheur.

La présence de chrétiens et même d'évêques dans ces cortèges est étonnante : le prochain des évangiles est là, devant eux, qui ne demande rien aux autres, sinon qu'on les laisse faire ce qui leur parait important pour eux-mêmes, et on l'agresse, on l'insulte, on l'accuse de mettre en cause les fondements mêmes de la famille, de la société.

J'ai écouté et lu les débats, dont certains sont menés par des intellectuels de bonne tenue, mais je ne comprends pas : la moitié des couples séparent leurs enfants de leur père ou de leur mère en divorçant; d'ailleurs assez peu de gens se marient en France aujourd'hui ; beaucoup d'hommes engrossent encore des femmes puis disparaissent; des couples se forment qui choisissent de ne pas faire d'enfants ou n'arrivent pas à en faire; beaucoup de seniors se remarient, qui n'ont aucune perpective de se donner une nouvelle progéniture !  L'idée que le mariage est complètement lié à la filiation n'a donc jamais complètement fonctionné en dehors des livres de droit !

Ces vociférants demandent donc aux homosexuels de se comporter comme une grande majorité d'hétérosexuels ne le font pas ! Au delà de l'hypocrisie, pour ceux qui se réclament de la foi chrétienne, c'est d'un schisme par rapport à ce que demande l'évangile, qu'il s'agit !! Il n'y a que l'amour, celui des autres, avant le narcissisme ou l'auto-érotisme même déguisé en masturbation intellectuelle !

J'aurais cependant moi aussi  un reproche essentiel à adresser à Hollande. Il a oublié la menace écologique qui avance pour nous broyer, le changement climatique, ou oublié d'en parler. Aucun de ses détracteurs non plus n'en parle. Le pouvoir économique n'en a cure, lui aussi, voir le fiasco lamentable de l'aventure ULCOS. ll y a quand même Hervé Kempf, qui l'a fait remarquer plusieurs après dans le monde !

Donc, si l'on n'y prend garde, la crise économique,  qui risque de s'éterniser plus longtemps que nécessaire, pourrait être résolue par la crise écologique. Pour le pire et certainement pas pour le meilleur.

Comme la météorite du Yucatán a réglé la crise liée à la domination de la terre par des dinosaures.



PS. Le débat sur le mariage pour tous a glissé vers celui sur la filiation. Les opposants se déclarant non pas opposés à ce mariage, vrai ou faux ça les regarde, mais aux conséquences sur la filiation que cela va entrainer dès que ces couples réclameront le droit d'avoir des enfants avec les conséquences que cela provoquera vis à vis de ces "nouvelles" familles.  Bouleversement des codes, des fondements anthropologiques (???) de notre culture et j'en passe. La loi semble vouloir redéfinir les notions de père et de mère et c'est là que le bat blesse. Il faudrait simplement complexifier un peu les choses pour que la difficulté disparaisse, un peu comme Letterman. Il y a d'une part les parents biologiques, connus ou inconnus, ou qui ne souhaitent pas l'être. Quand il y a mariage, l'époux de la mère est réputé être le père de ses enfants : c'était là une des forces du mariage, dans un contexte social où les enfants nés hors mariage étaient ostracisés (bâtard) et la mère aussi (fille mère); tout cela ayant disparu de nos sociétés modernes, il serait sûrement temps d'épousseter les concepts et les pratiques qui en dérivent !  Il y a d'autre part ceux qui sont investis de l'autorité parentale. Le plus souvent les parents biologiques, mais pourquoi pas les deux partenaires d'un mariage entre homosexuels : l'enfant aurait alors deux pères ou deux mères avec éventuellement un père ou une mère biologique connus ou non. Ce n'est pas plus compliqué que cela !