Il y a eu en mai et juin 2013 la législation en France sur le mariage pour tous et ces manifestations de masse de gens parcourant les rues, souvent avec leurs enfants, et expliquant que la famille est en danger et qu'il est inconcevable que l'état décide sur un sujet où leurs idées sont arrêtées et contre ces idées. Il leur était impossible d'accepter que la majorité décide autrement et le leur impose.
Imposer est d'ailleurs un bien grand mot. Cette loi parle d'autres personnes qu'eux - car, apparemment, il n'y avait pas beaucoup d'homo dans ces manifs -, s'applique à d'autres gens, mais néanmoins, ils ressentaient comme inacceptable le texte de cette loi. Un peu comme si cette loi-là devait être votée par référendum à l'unanimité.
Ils oublient aussi, ces gens, que parmi leurs jeunes enfants, 10% se découvriront homo. Ca sera particulièrement difficile à vivre pour ces futurs ados et les familles aussi vont passer par des moments difficiles.
La droite a repris ce "combat" à son compte. Une cohorte de gens autour de l'UMP, où les homos sont aussi nombreux qu'ailleurs. Je connais pourtant des gens de droite qui ne sont pas homophobes !
Mais l'église aussi, l'église officielle a repris ce combat. Des chrétiens nombreux dans les manifs, c'est leur droit. Mais aussi le soutien de nombreux évêques, des évêques de France, du pape, et même du Saint Siège dans une encyclique signée de deux papes et parue hier.
Là, je ne suis plus. Il ne me semble pas que l'évangile dise quoi que ce soit qui permette de prendre de telles positions. Il me semblait même que la charité disait tout le contraire : c'est l'autre qui est l'essentiel, le prochain, pas ce que je pense, que je pense à sa place, mais ce qu'il pense lui, l'hétéro, l'homo, l'abstinent.
Mal à l'aise, mais de fait plutôt révolté, fâché, écœuré. Le pape François nous a refait le coup de Sarkozy, nous déstabilisant par des paroles décalées, médiatiques, a priori intéressantes et, au pied du mur, poursuivant l’œuvre discutable de ses prédécesseurs. Dont il va en canoniser deux. Comme si cela avait encore un sens de canoniser des contemporains et de proclamer que des miracles ont eu lieu à la fin du XXème siècle.
samedi 6 juillet 2013
vendredi 5 juillet 2013
1994
Des que je tape sur ce clavier, une énorme machine se met en marche pour enregistrer ce que j'écris, me l'attribuer et permettre à des gens, qui n'y ont jamais pensé avant, d'en tirer des conclusions. Une machine rapportant à la NSA, mais probablement d'autres machines ailleurs aussi, y compris celle qui travaille pour le compte de notre DGSE franchouillarde. Quel succès, alors que je n'ai que commencé à écrire, beaucoup plus facile qu'un livre et les affres de sa publication !
En plus, ça permet des allusions littéraires, d'autant plus redoutables que 2013 et mon environnement, la cuisine du p'tit déj où j'écris, solitaire, n'ont rien à voir avec Orwell : pas de conscience d'être observé, pas d'emploi d'espion en temps réel dédié à me surveiller, simplement la possibilité que des algorithmes trouvent des choses déplaisantes pour moi ou utiles à quelqu'un dans ce que je confie à mon clavier virtuel.
L'édito du Monde daté d'aujourd'hui dit assez directement que tout le monde a l'air de s'en foutre, enfin, pas si simplement ni en si peu de mots. La démocratie est en danger, de façon profonde et subtile, mais pas vu, pas pris, car les média, finalement, on ne les croit pas. Les protestations de Hollande sont molles parce qu'il a découvert en arrivant au pouvoir que sa République sainte et apostolique fait pareil. Le plus important, aujourd'hui, le seul fait politique, ce sont les vacances en France.
A quoi toute cette surveillance sert-elle ? A combattre le terrorisme, nous dit-on.
Mais comment le savent-ils que c'est vraiment efficace, tous ces gens qui achètent des super calculateurs, des data centers cachés et qui paient des mathématiciens pour faire du data mining intelligent ? On ne nous le dit pas, secret défense oblige.
C'est pour les mêmes raisons qu'on nous pourrit la vie dans les aéroports et qu'on a transformé une expérience qui fut plaisante et magique en un pensum difficile à supporter, les soirs de déplacements lointains où on rentre fatigué vers la maison : sortez votre ordinateur, votre iPad aussi, et vous avez sûrement des câbles qui vont avec, mettez donc aussi votre appareil photo, vous n'avez vraiment de liquide, il faut enlever la montre, le manteau, la veste, ah oui la ceinture, et enlevez vos chaussures ce sera plus sûr.
Combien d'attentats en avion ont été évités ? Mystère. On nous annonce de temps en temps le démantèlement d'une cellule terroriste, effet d'annonce qui me met en appétit, mais il n'y a pas de suite; la plupart des vilains sont libérées dans la discrétion, ou alors il s'agit d'amateurs en bande assez désorganisée qui ont flippé, dérapé, basculé dans du rêve stupide, mais qui ne mettaient vraiment pas l'état ou la communauté internationale en danger.
Faute d'en savoir plus, je fais donc l'hypothèse la plus probable que cela ne sert pratiquement à rien. Si tout cela avait une effet important et mesurable, "on" se serait chargé de le faire largement savoir.
D'ailleurs je passe encore beaucoup plus d'heures dans les TGV et les métros de différentes capitales, où il y a eu jadis des attentats assez atroces, mais où on ne contrôle rien et où il ne se passe pas grand chose, en dehors des vols à la tire ou du picage des poches.
Al Kaida voulait saper les institutions occidentales, et bien c'est parfaitement réussi. 20 sur 20 en efficacité et en subtilité, puisque la fin passe par des chemins imprévus, pas annoncés. Ce ne sont pas les avions qui explosent, mais les files qui s'allongent dans les aéroports, des milliers d'heures perdues chaque jour, les centaines d'emplois inutiles et probablement pas très enrichissants des gens qui me rappèlent que je dois sortir mon iPad. Et les services cachés, secrets, qui amassent comme des écureuils des données personnelles, pillent notre vie privée et sapent la démocratie.
Un sans faute pour Ben Laden, qui se perpétue malgré sa disparition physique... Laquelle d'ailleurs doit beaucoup aux drônes, et à cette guerre étrange où les États Unis s'arrogent le droit de surveiller et de tuer leurs ennemis, enfin ceux qu'ils labèlent de cette façon, libre arbitre effrayant des états surpuissants.
Vais-je finalement envoyer ce blog ? Il contient tous les mots clés pour être remarqué par les machines, avec en prime une conclusion inacceptable, hérétique, séditieuse. Cependant, je crains qu'il ne soit déjà trop tard, car Google me fournit gentiment une fonction de sauvegarde automatique et les mots sont déjà ailleurs, dans un data center de l'Alaska ou du Canada.
Mais il y a d'autres choses à dire. Je sombre ici dans la théorie du complot.
Certes, je ne sous-estime pas l'inertie des machines lancées à grande vitesse, la pensée panurgienne, la règle de prudence, le principe de précaution - la plupart du temps si con. Mais les gens qui font tout cela sont intelligents et ils savent eux que les retombées annoncées au nom de la guerre contre le terrorisme sont si faibles que nulle en est une bonne approximation. Ils savent que le terrorisme existe, mais qu'il survient sans raison chez des déséquilibrés, souvent bardés de la nationalité du pays où ils "s'expriment" et ayant accès à des armes de destruction massive, enfin à l'échelle du terrorisme; dans les écoles en Amérique ou en Allemagne, ou en France ou en Norvège. Des gens qu'on n'a pas vu venir, ou si peu qu'on n'a rien fait avant l'acte. D'ailleurs, un acte terroriste existe-t'il avant l'acte ? Le monde réel n'est pas un roman de Philip Dick !
Donc ces gens intelligents ont d'autres buts, beaucoup plus sérieux. Je penche volontiers pour l'espionnage économique, une autre espèce de paranoïa, qui voudrait faire croire que les entreprises ont des secrets qu'il suffirait de voler. Secrets certes, mais pas de cette nature, c'est plus simple et plus compliqué ! C'est dans l'esprit, la tête des gens... Plus difficile à voler, sauf à débaucher ces gens-là. Merci, il y a des chasseurs de têtes, profession légale et respectée, qui font cela fort bien.
En plus, ça permet des allusions littéraires, d'autant plus redoutables que 2013 et mon environnement, la cuisine du p'tit déj où j'écris, solitaire, n'ont rien à voir avec Orwell : pas de conscience d'être observé, pas d'emploi d'espion en temps réel dédié à me surveiller, simplement la possibilité que des algorithmes trouvent des choses déplaisantes pour moi ou utiles à quelqu'un dans ce que je confie à mon clavier virtuel.
L'édito du Monde daté d'aujourd'hui dit assez directement que tout le monde a l'air de s'en foutre, enfin, pas si simplement ni en si peu de mots. La démocratie est en danger, de façon profonde et subtile, mais pas vu, pas pris, car les média, finalement, on ne les croit pas. Les protestations de Hollande sont molles parce qu'il a découvert en arrivant au pouvoir que sa République sainte et apostolique fait pareil. Le plus important, aujourd'hui, le seul fait politique, ce sont les vacances en France.
A quoi toute cette surveillance sert-elle ? A combattre le terrorisme, nous dit-on.
Mais comment le savent-ils que c'est vraiment efficace, tous ces gens qui achètent des super calculateurs, des data centers cachés et qui paient des mathématiciens pour faire du data mining intelligent ? On ne nous le dit pas, secret défense oblige.
C'est pour les mêmes raisons qu'on nous pourrit la vie dans les aéroports et qu'on a transformé une expérience qui fut plaisante et magique en un pensum difficile à supporter, les soirs de déplacements lointains où on rentre fatigué vers la maison : sortez votre ordinateur, votre iPad aussi, et vous avez sûrement des câbles qui vont avec, mettez donc aussi votre appareil photo, vous n'avez vraiment de liquide, il faut enlever la montre, le manteau, la veste, ah oui la ceinture, et enlevez vos chaussures ce sera plus sûr.
Combien d'attentats en avion ont été évités ? Mystère. On nous annonce de temps en temps le démantèlement d'une cellule terroriste, effet d'annonce qui me met en appétit, mais il n'y a pas de suite; la plupart des vilains sont libérées dans la discrétion, ou alors il s'agit d'amateurs en bande assez désorganisée qui ont flippé, dérapé, basculé dans du rêve stupide, mais qui ne mettaient vraiment pas l'état ou la communauté internationale en danger.
Faute d'en savoir plus, je fais donc l'hypothèse la plus probable que cela ne sert pratiquement à rien. Si tout cela avait une effet important et mesurable, "on" se serait chargé de le faire largement savoir.
D'ailleurs je passe encore beaucoup plus d'heures dans les TGV et les métros de différentes capitales, où il y a eu jadis des attentats assez atroces, mais où on ne contrôle rien et où il ne se passe pas grand chose, en dehors des vols à la tire ou du picage des poches.
Al Kaida voulait saper les institutions occidentales, et bien c'est parfaitement réussi. 20 sur 20 en efficacité et en subtilité, puisque la fin passe par des chemins imprévus, pas annoncés. Ce ne sont pas les avions qui explosent, mais les files qui s'allongent dans les aéroports, des milliers d'heures perdues chaque jour, les centaines d'emplois inutiles et probablement pas très enrichissants des gens qui me rappèlent que je dois sortir mon iPad. Et les services cachés, secrets, qui amassent comme des écureuils des données personnelles, pillent notre vie privée et sapent la démocratie.
Un sans faute pour Ben Laden, qui se perpétue malgré sa disparition physique... Laquelle d'ailleurs doit beaucoup aux drônes, et à cette guerre étrange où les États Unis s'arrogent le droit de surveiller et de tuer leurs ennemis, enfin ceux qu'ils labèlent de cette façon, libre arbitre effrayant des états surpuissants.
Vais-je finalement envoyer ce blog ? Il contient tous les mots clés pour être remarqué par les machines, avec en prime une conclusion inacceptable, hérétique, séditieuse. Cependant, je crains qu'il ne soit déjà trop tard, car Google me fournit gentiment une fonction de sauvegarde automatique et les mots sont déjà ailleurs, dans un data center de l'Alaska ou du Canada.
Mais il y a d'autres choses à dire. Je sombre ici dans la théorie du complot.
Certes, je ne sous-estime pas l'inertie des machines lancées à grande vitesse, la pensée panurgienne, la règle de prudence, le principe de précaution - la plupart du temps si con. Mais les gens qui font tout cela sont intelligents et ils savent eux que les retombées annoncées au nom de la guerre contre le terrorisme sont si faibles que nulle en est une bonne approximation. Ils savent que le terrorisme existe, mais qu'il survient sans raison chez des déséquilibrés, souvent bardés de la nationalité du pays où ils "s'expriment" et ayant accès à des armes de destruction massive, enfin à l'échelle du terrorisme; dans les écoles en Amérique ou en Allemagne, ou en France ou en Norvège. Des gens qu'on n'a pas vu venir, ou si peu qu'on n'a rien fait avant l'acte. D'ailleurs, un acte terroriste existe-t'il avant l'acte ? Le monde réel n'est pas un roman de Philip Dick !
Donc ces gens intelligents ont d'autres buts, beaucoup plus sérieux. Je penche volontiers pour l'espionnage économique, une autre espèce de paranoïa, qui voudrait faire croire que les entreprises ont des secrets qu'il suffirait de voler. Secrets certes, mais pas de cette nature, c'est plus simple et plus compliqué ! C'est dans l'esprit, la tête des gens... Plus difficile à voler, sauf à débaucher ces gens-là. Merci, il y a des chasseurs de têtes, profession légale et respectée, qui font cela fort bien.
dimanche 7 avril 2013
L'action d'ArcelorMittal est tombé à son plus bas historique, soit 9,08€
L'action AM a crevé le plancher début avril 2013 et est tombée en dessous de tous garde fous que les analystes calculent pour prévoir les évolutions des cours. On ne trouve pas d'analyse claire de ce qui a conduit à ce désamour dans la presse financière, pourtant prolixe en d 'autres circonstances.
Malgré des annonces d'économies de gestion de 3 milliards de dollars, les investisseurs ne suivent plus et le cours de l'action ressemble à celui du gouvernement Ayrault après le (mini) scandale Cahuzac.
La presse se laisse aller à évoquer des séquences radicales, sans parler explicitement encore de faillite.
lundi 1 avril 2013
Tu es la résurrection et la gloire...
Pâques. Une messe simple dans la cathédrale Saint Etienne, avec quelques silences, comme dirait Naomi, peu familière de la messe, qu'elle a découverte ce vendredi saint :"au moins là il y a de vrais silences".
Et une homélie qui paraphrase Paul et Jean et nous promène dans cette Galilée qui n'existe plus depuis si longtemps et dont on ne comprend pas grand chose, en nous donnant à croire que les gens s'y comportaient comme nous : une version chrétienne d'une télé-réalite ? Je n'arrive pas à suivre le fil de cette pensée répétitive, qui ne me provoque pas, qui ne me dit rien qui m'intéresse ou que je puisse comprendre. Mon esprit s'égare vers tout autre chose. Les dizaines de colonnes qui tombent de la voute de la nef, le long des piliers qui la soutiennent, l'élèvent vers le ciel, pour reprendre les charges les arcs qui représentent le ciel; ces taches de couleurs que le soleil projette sur la pierre à travers les vitraux...
Puis le prêtre incante un crédo un peu inhabituel, c'est très bien de casser les routines, où il nous parle de la résurrection des morts, c'est dans son cahier des charges, surtout aujourd'hui ! Les fidèles répètent "je crois à la résurrection des morts", surtout la personne qui est derrière moi et dont la voie est claire et ne tremble pas.
Comment comprendre cette idée un peu étrange, proprement incroyable de résurrection de la chair ? Jésus, oui pourquoi pas, il a un statut particulier, exceptionnel dans la Bible, je veux bien croire qu'il est ressuscité et que c'est cela qu'on célèbre aujourd'hui, deux mille ans après l'évènement, mais moi, les autres, tous ? Comment affirmer un tel mystère sans broncher, sans douter ?
Quel est le sens de cette résurrection, que suis-je prêt, capable d'en croire ?
Une métaphore, comme tout ce que dit la Bible, et tous les textes sacrés ? Donc une méthode robuste et universelle de parler de la nature humaine au travers des siècles et des cultures (interculturel, dirait-on en classe de management !), sans rapport avec une connaissance rationnelle ou pire, scientifique ? Je sais que je ne ressusciterai jamais, mais je crois que le ferai ??? Je ne suis pas que chair, loin s'en faut, mais pour l'affirmer il faut me parler de la résurrection de ma chair ? Ma chair qui change avec la perte de la jeunesse ? La résurrection de la chair, serait-elle un retour de la jeunesse ? Pour mieux me dire que la jeunesse n'a pas tout à voir avec l'âge de mes articulations (un peu quand même !), mais que la jeunesse est dans mon esprit ?
La résurrection serait donc un message pour me dire combien la réalité est complexe, mystérieuse, invisible, et que mon époque, qui s'enorgueillit de la science qu'elle a créée et dont la puissance est parfaitement réelle, ne doit pas oublier ces autres couches de la réalité, qu'elle a oubliées ou pas encore comprises ? Comme cet espace de Calabi Yau qui va au delà du sensible (du mesurable) de la physique la plus abstraite actuelle ?
Plus simplement, l'Eglise et beaucoup de religions, en apprenant à durer au cours des siècles, ont développé un discours qui s'associe au pouvoir des puissants du moment, tout en donnant aux petits, aux humbles, aux pauvres, aux oubliés, aux laissés pour compte un autre message, complémentaire, contradictoire, presque paradoxal, leur signifiant qu'eux aussi comptent ? La résurrection serait alors la promesse qu'on ne trime pas, qu'on ne vit pas chichement, qu'on ne souffre pas en vain, parce qu'au delà de maintenant, il y a autre chose de très réel, réel parce qu'incroyable, qui viendra, qui est plus important qu'aujourd'hui ? L'espoir au service de la patience et de l'humilité, mais aussi, parfois, souvent, de la passivité et de l'acceptation des injustices du monde ? Et pour me convaincre combien je suis, moi, important dans ce schéma du monde, c'est Jésus lui-même qui montre la voie en me donnant, en quelque sorte, le mode d'emploi de la résurrection ?
Explication politique, dont l'analyse est ambiguë, sauf aux rares périodes où l'église devient celle des pauvres, comme le nouveau pape semble le vouloir à partir de maintenant. Mais comment effacer les horreurs du passé par une vertu nouvellement proclamée ? Les vieux gangsters vont à l'église, les prostituées ont leurs bonnes oeuvres...
L'absolution des âmes, oui, c'est une thérapie essentielle et une pratique positive pour les gens, mais peut-on absoudre une institution ? Peut-elle s'absoudre elle-même ???
Bref, je ne me sens pas encore capable de proclamer la résurrection des corps, haut et fort. Mais je suis prêt à entendre d'autres commentaires à ce propos et je suis ébloui par la force de ce que ce message essaie de dire !
Il est peut-être temps maintenant de me plonger dans la bibliographie, comme un bon scientifique, plutôt que de réfléchir seul...
Et une homélie qui paraphrase Paul et Jean et nous promène dans cette Galilée qui n'existe plus depuis si longtemps et dont on ne comprend pas grand chose, en nous donnant à croire que les gens s'y comportaient comme nous : une version chrétienne d'une télé-réalite ? Je n'arrive pas à suivre le fil de cette pensée répétitive, qui ne me provoque pas, qui ne me dit rien qui m'intéresse ou que je puisse comprendre. Mon esprit s'égare vers tout autre chose. Les dizaines de colonnes qui tombent de la voute de la nef, le long des piliers qui la soutiennent, l'élèvent vers le ciel, pour reprendre les charges les arcs qui représentent le ciel; ces taches de couleurs que le soleil projette sur la pierre à travers les vitraux...
Puis le prêtre incante un crédo un peu inhabituel, c'est très bien de casser les routines, où il nous parle de la résurrection des morts, c'est dans son cahier des charges, surtout aujourd'hui ! Les fidèles répètent "je crois à la résurrection des morts", surtout la personne qui est derrière moi et dont la voie est claire et ne tremble pas.
Comment comprendre cette idée un peu étrange, proprement incroyable de résurrection de la chair ? Jésus, oui pourquoi pas, il a un statut particulier, exceptionnel dans la Bible, je veux bien croire qu'il est ressuscité et que c'est cela qu'on célèbre aujourd'hui, deux mille ans après l'évènement, mais moi, les autres, tous ? Comment affirmer un tel mystère sans broncher, sans douter ?
Quel est le sens de cette résurrection, que suis-je prêt, capable d'en croire ?
Une métaphore, comme tout ce que dit la Bible, et tous les textes sacrés ? Donc une méthode robuste et universelle de parler de la nature humaine au travers des siècles et des cultures (interculturel, dirait-on en classe de management !), sans rapport avec une connaissance rationnelle ou pire, scientifique ? Je sais que je ne ressusciterai jamais, mais je crois que le ferai ??? Je ne suis pas que chair, loin s'en faut, mais pour l'affirmer il faut me parler de la résurrection de ma chair ? Ma chair qui change avec la perte de la jeunesse ? La résurrection de la chair, serait-elle un retour de la jeunesse ? Pour mieux me dire que la jeunesse n'a pas tout à voir avec l'âge de mes articulations (un peu quand même !), mais que la jeunesse est dans mon esprit ?
La résurrection serait donc un message pour me dire combien la réalité est complexe, mystérieuse, invisible, et que mon époque, qui s'enorgueillit de la science qu'elle a créée et dont la puissance est parfaitement réelle, ne doit pas oublier ces autres couches de la réalité, qu'elle a oubliées ou pas encore comprises ? Comme cet espace de Calabi Yau qui va au delà du sensible (du mesurable) de la physique la plus abstraite actuelle ?
Plus simplement, l'Eglise et beaucoup de religions, en apprenant à durer au cours des siècles, ont développé un discours qui s'associe au pouvoir des puissants du moment, tout en donnant aux petits, aux humbles, aux pauvres, aux oubliés, aux laissés pour compte un autre message, complémentaire, contradictoire, presque paradoxal, leur signifiant qu'eux aussi comptent ? La résurrection serait alors la promesse qu'on ne trime pas, qu'on ne vit pas chichement, qu'on ne souffre pas en vain, parce qu'au delà de maintenant, il y a autre chose de très réel, réel parce qu'incroyable, qui viendra, qui est plus important qu'aujourd'hui ? L'espoir au service de la patience et de l'humilité, mais aussi, parfois, souvent, de la passivité et de l'acceptation des injustices du monde ? Et pour me convaincre combien je suis, moi, important dans ce schéma du monde, c'est Jésus lui-même qui montre la voie en me donnant, en quelque sorte, le mode d'emploi de la résurrection ?
Explication politique, dont l'analyse est ambiguë, sauf aux rares périodes où l'église devient celle des pauvres, comme le nouveau pape semble le vouloir à partir de maintenant. Mais comment effacer les horreurs du passé par une vertu nouvellement proclamée ? Les vieux gangsters vont à l'église, les prostituées ont leurs bonnes oeuvres...
L'absolution des âmes, oui, c'est une thérapie essentielle et une pratique positive pour les gens, mais peut-on absoudre une institution ? Peut-elle s'absoudre elle-même ???
Bref, je ne me sens pas encore capable de proclamer la résurrection des corps, haut et fort. Mais je suis prêt à entendre d'autres commentaires à ce propos et je suis ébloui par la force de ce que ce message essaie de dire !
Il est peut-être temps maintenant de me plonger dans la bibliographie, comme un bon scientifique, plutôt que de réfléchir seul...
dimanche 31 mars 2013
Crise économique ou crise intellectuelle et morale ?
Triste spectacle que celui de l'Europe, la région la plus riche et la moins inégalitaire du monde, qui restreint son bien être par des politiques économiques erronées et qui ne comprend pas que ce qu'il lui resterait à faire pour changer de destin.
La démocratie, sensée y être incarnée de dizaines de façons, ne permet pas de dégager les voies vers le salut et, au contraire, elle donne la parole à des groupes égoïstes et carrément pervers, qui sont à l'œuvre pour détruire et pas pour résoudre ni avancer. Les solutions ont pourtant été exposées de mille façons et certains gouvernements ont compris comment les mettre en œuvre, mais le barrage de l'interpellation et de l'invective, avec sa haine ordinaire et son imbécilité profonde, pose les mauvaises questions et emmènent les peuples, pas toujours assez cultivés, sur des chemins de démagogie. Avec une certaine complicité de la presse en continu, dévoreuse d'information, même quand elle n'en contient aucune.
Les réactions à l'interview de François Hollande, qui ont paraphrasé son intervention d'un facteur 10 ou 100, l'ont démontré à l'envie en vivisectant le président sur mille points.
On lui a reproché de ne pas avoir vu venir la crise avec sa cruauté et sa durée : en 2011, periode de campagne électorale, ceux qui avaient ce don de divination étaient assez minoritaires, mais, surtout, ils n'avaient aucune notion de ce qui la terminerait (méthode Coué, l'année prochaine) et ils n'avaient pas tous encore compris que les mesures que l'Europe allait adopter ( les 3% de deficit) la verrouillerait dans cette crise.
On lui a reproché de parler de solutions, de boîte à outils, plutôt que d'espoir, de sang et de larmes : technicité contre pathos.
Et on a instruit un procès d'illégitimité de son pouvoir, depuis le back office de l'UMP et de ses alliés, de Borlo à Menanchon sans oublier Le Pen, et en commençant par l'interviewer, Pujadas aussi court intellectuellement que le sont ses jambes, qui lui a demandé à plusieurs reprises s'il mesurait combien les Français étaient en désamour avec lui.
Arrêtez, les gars. Il faut 9 mois pour faire un bébé et rien de sert de demander à la mère, à chaque jour de la gestation, si la naissance aura lieu le lendemain ! On ne peut pas gérer en quelques mois une crise déclenchée au bout du monde par un manque de gouvernance crasse et dangereux du monde financier et qui s'est installée en Europe parce que les européens n'ont pas été au bout de la construction d'un état régional, commencée il y a 60 ans et restée depuis sur le métier.
La France n'y peut mais, seule, et la puissance que peut mobiliser le président de la France ne suffit pas à regler les problèmes en quelques mois. Il faudrait le dire plus clairement ?
D'ailleurs, les opposants ne proposent rien, la plupart n'ayant rien fait pendant les 15 ans qui ont précédé et qui ont conduit en grande part à la situation actuelle : invective, demande de nouvelles élections (!!), carrément de démission.
On ajoute aussi sur la table cet étrange mouvement contre le mariage libre, ou des millions de gens (?) se déclarent agressés par une mesure qui vise simplement à permettre à des gens qui diffèrent d'eux d'accéder à leur part de bonheur.
La présence de chrétiens et même d'évêques dans ces cortèges est étonnante : le prochain des évangiles est là, devant eux, qui ne demande rien aux autres, sinon qu'on les laisse faire ce qui leur parait important pour eux-mêmes, et on l'agresse, on l'insulte, on l'accuse de mettre en cause les fondements mêmes de la famille, de la société.
J'ai écouté et lu les débats, dont certains sont menés par des intellectuels de bonne tenue, mais je ne comprends pas : la moitié des couples séparent leurs enfants de leur père ou de leur mère en divorçant; d'ailleurs assez peu de gens se marient en France aujourd'hui ; beaucoup d'hommes engrossent encore des femmes puis disparaissent; des couples se forment qui choisissent de ne pas faire d'enfants ou n'arrivent pas à en faire; beaucoup de seniors se remarient, qui n'ont aucune perpective de se donner une nouvelle progéniture ! L'idée que le mariage est complètement lié à la filiation n'a donc jamais complètement fonctionné en dehors des livres de droit !
Ces vociférants demandent donc aux homosexuels de se comporter comme une grande majorité d'hétérosexuels ne le font pas ! Au delà de l'hypocrisie, pour ceux qui se réclament de la foi chrétienne, c'est d'un schisme par rapport à ce que demande l'évangile, qu'il s'agit !! Il n'y a que l'amour, celui des autres, avant le narcissisme ou l'auto-érotisme même déguisé en masturbation intellectuelle !
J'aurais cependant moi aussi un reproche essentiel à adresser à Hollande. Il a oublié la menace écologique qui avance pour nous broyer, le changement climatique, ou oublié d'en parler. Aucun de ses détracteurs non plus n'en parle. Le pouvoir économique n'en a cure, lui aussi, voir le fiasco lamentable de l'aventure ULCOS. ll y a quand même Hervé Kempf, qui l'a fait remarquer plusieurs après dans le monde !
Donc, si l'on n'y prend garde, la crise économique, qui risque de s'éterniser plus longtemps que nécessaire, pourrait être résolue par la crise écologique. Pour le pire et certainement pas pour le meilleur.
Comme la météorite du Yucatán a réglé la crise liée à la domination de la terre par des dinosaures.
La démocratie, sensée y être incarnée de dizaines de façons, ne permet pas de dégager les voies vers le salut et, au contraire, elle donne la parole à des groupes égoïstes et carrément pervers, qui sont à l'œuvre pour détruire et pas pour résoudre ni avancer. Les solutions ont pourtant été exposées de mille façons et certains gouvernements ont compris comment les mettre en œuvre, mais le barrage de l'interpellation et de l'invective, avec sa haine ordinaire et son imbécilité profonde, pose les mauvaises questions et emmènent les peuples, pas toujours assez cultivés, sur des chemins de démagogie. Avec une certaine complicité de la presse en continu, dévoreuse d'information, même quand elle n'en contient aucune.
Les réactions à l'interview de François Hollande, qui ont paraphrasé son intervention d'un facteur 10 ou 100, l'ont démontré à l'envie en vivisectant le président sur mille points.
On lui a reproché de ne pas avoir vu venir la crise avec sa cruauté et sa durée : en 2011, periode de campagne électorale, ceux qui avaient ce don de divination étaient assez minoritaires, mais, surtout, ils n'avaient aucune notion de ce qui la terminerait (méthode Coué, l'année prochaine) et ils n'avaient pas tous encore compris que les mesures que l'Europe allait adopter ( les 3% de deficit) la verrouillerait dans cette crise.
On lui a reproché de parler de solutions, de boîte à outils, plutôt que d'espoir, de sang et de larmes : technicité contre pathos.
Et on a instruit un procès d'illégitimité de son pouvoir, depuis le back office de l'UMP et de ses alliés, de Borlo à Menanchon sans oublier Le Pen, et en commençant par l'interviewer, Pujadas aussi court intellectuellement que le sont ses jambes, qui lui a demandé à plusieurs reprises s'il mesurait combien les Français étaient en désamour avec lui.
Arrêtez, les gars. Il faut 9 mois pour faire un bébé et rien de sert de demander à la mère, à chaque jour de la gestation, si la naissance aura lieu le lendemain ! On ne peut pas gérer en quelques mois une crise déclenchée au bout du monde par un manque de gouvernance crasse et dangereux du monde financier et qui s'est installée en Europe parce que les européens n'ont pas été au bout de la construction d'un état régional, commencée il y a 60 ans et restée depuis sur le métier.
La France n'y peut mais, seule, et la puissance que peut mobiliser le président de la France ne suffit pas à regler les problèmes en quelques mois. Il faudrait le dire plus clairement ?
D'ailleurs, les opposants ne proposent rien, la plupart n'ayant rien fait pendant les 15 ans qui ont précédé et qui ont conduit en grande part à la situation actuelle : invective, demande de nouvelles élections (!!), carrément de démission.
On ajoute aussi sur la table cet étrange mouvement contre le mariage libre, ou des millions de gens (?) se déclarent agressés par une mesure qui vise simplement à permettre à des gens qui diffèrent d'eux d'accéder à leur part de bonheur.
La présence de chrétiens et même d'évêques dans ces cortèges est étonnante : le prochain des évangiles est là, devant eux, qui ne demande rien aux autres, sinon qu'on les laisse faire ce qui leur parait important pour eux-mêmes, et on l'agresse, on l'insulte, on l'accuse de mettre en cause les fondements mêmes de la famille, de la société.
J'ai écouté et lu les débats, dont certains sont menés par des intellectuels de bonne tenue, mais je ne comprends pas : la moitié des couples séparent leurs enfants de leur père ou de leur mère en divorçant; d'ailleurs assez peu de gens se marient en France aujourd'hui ; beaucoup d'hommes engrossent encore des femmes puis disparaissent; des couples se forment qui choisissent de ne pas faire d'enfants ou n'arrivent pas à en faire; beaucoup de seniors se remarient, qui n'ont aucune perpective de se donner une nouvelle progéniture ! L'idée que le mariage est complètement lié à la filiation n'a donc jamais complètement fonctionné en dehors des livres de droit !
Ces vociférants demandent donc aux homosexuels de se comporter comme une grande majorité d'hétérosexuels ne le font pas ! Au delà de l'hypocrisie, pour ceux qui se réclament de la foi chrétienne, c'est d'un schisme par rapport à ce que demande l'évangile, qu'il s'agit !! Il n'y a que l'amour, celui des autres, avant le narcissisme ou l'auto-érotisme même déguisé en masturbation intellectuelle !
J'aurais cependant moi aussi un reproche essentiel à adresser à Hollande. Il a oublié la menace écologique qui avance pour nous broyer, le changement climatique, ou oublié d'en parler. Aucun de ses détracteurs non plus n'en parle. Le pouvoir économique n'en a cure, lui aussi, voir le fiasco lamentable de l'aventure ULCOS. ll y a quand même Hervé Kempf, qui l'a fait remarquer plusieurs après dans le monde !
Donc, si l'on n'y prend garde, la crise économique, qui risque de s'éterniser plus longtemps que nécessaire, pourrait être résolue par la crise écologique. Pour le pire et certainement pas pour le meilleur.
Comme la météorite du Yucatán a réglé la crise liée à la domination de la terre par des dinosaures.
PS. Le débat sur le mariage pour tous a glissé vers celui sur la filiation.
Les opposants se déclarant non pas opposés à ce mariage, vrai ou faux ça les
regarde, mais aux conséquences sur la filiation que cela va entrainer dès que
ces couples réclameront le droit d'avoir des enfants avec les conséquences que
cela provoquera vis à vis de ces "nouvelles" familles. Bouleversement des codes, des fondements anthropologiques
(???) de notre culture et j'en passe. La loi semble vouloir redéfinir les notions
de père et de mère et c'est là que le bat blesse. Il faudrait simplement
complexifier un peu les choses pour que la difficulté disparaisse, un peu comme
Letterman. Il y a d'une part les parents biologiques, connus ou inconnus, ou
qui ne souhaitent pas l'être. Quand il y a mariage, l'époux de la mère est
réputé être le père de ses enfants : c'était là une des forces du mariage, dans
un contexte social où les enfants nés hors mariage étaient ostracisés (bâtard)
et la mère aussi (fille mère); tout cela ayant disparu de nos sociétés
modernes, il serait sûrement temps d'épousseter les concepts et les pratiques
qui en dérivent ! Il y a d'autre part ceux
qui sont investis de l'autorité parentale. Le plus souvent les parents biologiques,
mais pourquoi pas les deux partenaires d'un mariage entre homosexuels :
l'enfant aurait alors deux pères ou deux mères avec éventuellement un père ou
une mère biologique connus ou non. Ce n'est pas plus compliqué que cela !
dimanche 27 janvier 2013
Petites contradictions entre (faux) amis
Aujourd'hui 27 janvier 2013, ce sont les partisans du mariage pour tous qui vont défiler dans Paris. J'ai moins de problèmes avec ce défilé qu'avec le précédent, mené par les "opposants". Mais ce mode d'expression par de grandes manifs, quand la patrie n'est pas vraiment en danger, m'agace. Sûr qu'on va compter les manifestants et comparer avec ce qui s'est passé il y a 3 semaines. Rapport de force... quel sophisme, quelle courte vue pour analyser le sujet. Vivement que cette loi passe et qu'on oublie les divisions fabriquées entre français sur le sujet.
Das un registre voisin, la France médiatique a bruissé toute la semaine de la libération de Florence Cassez, cette jeune femme française qui vivait avec un gangster mexicain, dans l'ignorance absolue, a-t-elle toujours affirmé, du coeur de business de son amant, mais qui a été condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison pour complicité dans des enlèvements crapuleux. Rien de plus qu'un fait divers, pourrait-on dire, mais le réseau de ses amis, ou de ceux qui le sont devenus, a réussi à transformer cette affaire assez particulière en une affaire d'état, où la France, le troisième (deuxième ?) "plus grand" pays d'Europe, a affronté le Mexique, le troisième plus grand pays d'Amérique latine. Les gens qui sont aujourd'hui au pouvoir de part et d'autre, plus pragmatique que leurs prédécesseurs, ont calmé le jeu et trouvé le moyen de faire rentrer la française en France, en respectant les règles constitutionnelles du Mexique. Que l'eau passe...!
Ce qui est gênant, c'est que le président Sarkozy avait multiplié les incidents diplomatiques en faveur de la "petite française" dépeinte comme victime de la machine d'état mexicaine, aux moeurs pré-démocratiques - comme si le dysfonctionnement du système de police et de justice du Mexique était tellement évident qu'on pouvait résoudre la question par des discussions bilatérales entre chefs d'état. De l'autre côté de l'Atlantique, l'opinion publique mexicaine semble furieuse de l'issue apportée à l'affaire, au nom des dizaines d'enlèvements quotidiens qui continuent à pourrir la vie des mexicains, comme si le droit se décidait dans la rue et au tribunal de l'opinion publique.
Le Mexique a beaucoup de problèmes à résoudre, dont une gangstérisation rampante de la société, qui traduit l'incapacité de l'état de droit à sortir assez vite la pays de la pauvreté... et la présence au-delà des frontières nord de la plus grande économie du monde - un gradient qui fait fuir les forces vives du pays -, qui est aussi le plus grand marché de consommation de drogue au monde. Ils vont trouver des réponses rapidement ou pas. Je leur suggère de regarder les précédents historiques où l'on a intégré les envahisseurs de l'extérieur ou les grands bandits dans le l'état, qui devient ensuite un état de droit ! Un des derniers épisodes de ce feuilleton millénaire est celui des robber barons aux USA, comme Carnegie, Rockefeller, J.P. Morgan etc. (http://en.wikipedia.org/wiki/Robber_baron_(industrialist))
Changeons encore de sujet.
On débat en France des problèmes de l'industrie automobile. On admire l'Allemagne, qui réussit mieux que la France, les Etats Unis, qui ont su retourner leur industrie en faillite grâce à une nationalisation de courte durée, etc. : les journalistes tiennent beaucoup à des grilles de lecture nationales pour un problème largement liés de la mondialisation; ils adorent aussi distribuer de bons ou des mauvais points et à conclure à l'emporte pièce en synthétisant les avis des quelques invités qu'ils ont rassemblés sur un plateau.
Dans le cas présent, la situation est pourtant assez simple :
- l'offre de modèles dépasse les besoins du marché, de façon criante dans la crise/récession actuelle, mais de façon plus sournoise avant 2008. Les constructeurs, les fameux OEM, pour satisfaire leurs différents maitres parmi lesquels le marché n'est pas le seul, ont toujours fait de la surenchère, formaté les consommateurs pour qu'ils acquièrent des réflexes d'achat qui justifient l'obsolescence programmée et réagi plus ou moins vite aux demandes réglementaires et normatives des états, en particulier de l'Europe. Cette excès d'offre coûte cher, ce qui est insoutenable quand le marché s'effondre.
- l'automobile est probablement en train de passer la main à autre chose, dans un grand cycle de Kondratieff en émergence. Son importance était liée au pétrole, dont l'ère va se terminer, bientôt, ou pas si tôt que cela, selon votre religion en matière de peak oil. Pourquoi diable le besoin de mobilité se reporterait-il sur des voitures électriques, ou à hydrogène, ou des des voitures à voile, dont on parle moins, LOL. Donc, structurellement, comme disent les journalistes qui ne comprennent pas bien l'économie, la demande va décroitre, dans les pays "riches" au moins, mais aussi dans les pays émergents qui vont devoir inventer autre chose - qui existe probablement déjà.
Dernier épisode d'actualité, la guerre du Mali et la prise d'otage d'In Amenas, décodés eux aussi en direct avec une logorrhée médiatique où l'on entend tout, le bon sens, la profondeur d'analyse et les bêtises, dans un brouhaha tel que rien ne ressort de clair ni d'intelligent - l'équivalent d'un film pornographique où l'on a oublié l'essentiel, d'un étage de livres à la FNAC par rapport à la boutique d'un petit libraire. Des acteurs de la mondialisation envoient leurs employés travailler aux quatre coins de la planète, activité normale dans une économie mondialisée. Mais ces lieux de production sont immergés dans une réalité locale et, comme tels, n'échappent pas aux tensions géopolitiques entre les riches et les pauvres, les prédateurs (dont beaucoup sont aujourd'hui des émergents) et les néo-colonisés. Résultats, quarante morts norvégiens, japonais, anglais, américains, qui n'avaient pas signé eur contrat de travail en connaissance de cause par rapport à de tels risques. Et il est probable que les entreprises qui les ont envoyés n'y avaient pas trop pensé non plus, naïvement, cynisme et bonne foi mêlés.
Il est probable que cette prise de conscience a posteriori va renforcer la réponse militaire aux côtés de la France au Mali, qui s'y trouve bien seule pour l'instant. Mais l'essentiel, c'est l'insuffisance du discours, de la réflexion, des entreprises mondialisées par rapport à cette irruption dans des univers qui ne les intéressent pas vraiment, hors de l'usage qu'elles veulent en faire, donc y récupérer des matières premières, ou parfois aussi exploiter une main d'oeuvre bon marché, sans partager avec eux les hauts niveaux de vie de leur terre de base. On parle de développement durable, de responsabilité sociale des entreprises, de base de la pyramide, etc. Mais les entreprises continuent à prétendre que le business prime tout, qu'on doit lui ouvrir le chemin au nom de la croissance, du PIB, des emplois. Que nenni ! C'est un peu court, jeune homme, on pourrait dire bien des choses en somme...
Derrière cela il y a aussi la question de l'altérité, de l'islam, l'altérité absolue semblerait-il pour des sociétés laïques à base chrétienne. Revoilà les guerres de religion ou les chocs de civilisations ! Au secours !
Il reste encore beaucoup de travail de réflexion malgré tout ce qui a été fait, qui se fait....
lundi 14 janvier 2013
Mariage pour tous...
Etrange de voir 300,000, 800,000 ?? personnes défiler dans Paris pour signifier à 2 ou 3000 autres, qu'ils ne peuvent pas se marier ni avoir d'enfants. Au non d'une conception de la famille que je ne comprends guère et pour éviter, disent-ils, que la société ne soit bouleversée en profondeur.
Combien des manifestants sont divorcés ? Vivent dans des familles recomposées ? Laissent une mère (parfois un père) seule élever une fratrie ? Combien d'orphelins ont perdu un ou deux parents ?
En quoi des couples homos élevant un enfant constituent-ils des situations inacceptables par rapport à celles que la vie a provoquées ?
Comment des convictions, même sincères, peuvent-elles s'imposer à des gens qui pensent autrement, veulent vivre autrement et, en dernière analyse, ont une vraie volonté d'aimer dans un cadre très traditionnel, celui d'un mariage ?
Enfin, comment l'Eglise catholique peut-elle s'être associée à cette violence, à ce déni d 'amour d'autrui qu'exprimaient tous ces manifestants ?
Sauf à penser, qu'elle s’arcboute sur le passé, sur des concepts morts et qu'elle ne comprend plus elle-même, tombée en otage de groupes aigris, en colère, fermés sur eux-mêmes et sur un monde qui n'existe plus ?
Inscription à :
Articles (Atom)